Cent fois le Mont Fuji, par Hokusai, vieux fou de dessin

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Entre 1834 et 1840 sont gravés par Egawa Tomekichi, à partir de dessins composés par Hokusai, les trois volumes du Fugaku Hyakkei – les Cents Vues du Mont Fuji -, œuvre considérée comme le testament artistique du « vieux fou de dessin ».

Le Mont Fuji est bien plus qu’une forme à l’horizon, c’est un espace sacré, un œil à qui rien n’échappe, une puissance tenant sous sa surveillance l’ensemble du créé.

Les éditions Hazan republient aujourd’hui en un seul volume ce travail admirable – avec reliure à la japonaise très chic -, dans un coffret comprenant un livret explicatif retraçant l’histoire technique et artistique de chacune des Cent Vues – rédaction de Nelly Delay, spécialiste d’art japonais ancien.

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Objet de vénération pour tous les Japonais, le Mont Fuji est un idéogramme, une puissance incarnée, un témoin de l’absolu.

Sous ses flancs se déroulent de saynètes drolatiques ou inquiétantes, où les humains sont des animalcules grégaires.

Une explosion n’est pas à exclure, de même que la venue d’une vague rageuse.

Il sert d’amer, il rassure, on ne le perd pas de vue.

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Les grues ont beau se hausser du bec, il les surmonte toujours de sa superbe.

Des bûcherons se reposent, des pêcheurs glissent entre les joncs d’un marécage, on pique-nique, on fume la pipe, on lance des cerfs-volants, on escalade, tout bouge, s’agite ou s’ensommeille, mais seule cette pyramide lointaine, dressée en sa vaste solitude, semble immuable.

Le voilà qui tète le soleil, bien loin de la comédie humaine.

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Les bambous le toisent, il n’en a cure, des dragons surgissent des eaux, mais peu importe pour lui la saison des mystères, qui reste impassible dans la tourmente des jours.

Des animaux, des samouraïs, des paysans, des porteurs d’eau, des lettrés, des lutteurs, des voyageurs, des étrangers, des joyeux drilles, des constructeurs, chacun, quelle que soit sa condition, va selon son ordre et son chemin, sous la protection sévère du Fuji inaltérable, tel l’Empire lui-même.

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Description de la planche 101 : « Dans les marais, deux cabanes abritées de chacune par un grand pin devaient servir de refuge à ceux qui venaient dans ces marécages chasser les serpents. Mais nul ne sait si ce lien a jamais existé. Hokusai se livre, à la fin des « Cent vues », à une sorte de dialogue entre sa virtuosité de peintre et son imagination, qui le poussait à inventer ce qu’il ne pouvait observer. Le monde était trop petit pour lui, et il était toujours tenté d’en créer d’autres ! »

Oui, tellement petit que les « Cent vues » sont en fait cent-deux.

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Hokusai, Les cent vues du Mont Fuji, par Nelly Delay, éditions Hazan, 2020, 48 pages

Editions Hazan

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Réouverture du musée Cernuschi (Paris) mercredi 4 mars 2020

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Se procurer Les cent vues du Mont Fuji

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Roger Salloch dit :

    Yvonne a une ancienne Hokusai original wood block print qu’elle aimerait mettre sur le marche. tu veux voir une photo?

    J'aime

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