Exercices d’admiration, par Marguerite Yourcenar, écrivaine

Nicolas Poussin, Le Printemps ou le Paradis terrestre, 1660-1664 « Ainsi, les rivières accueillent des choses une image toute superficielle et perpétuellement fuyante, qui ne trouble en rien la transparence de leurs profondeurs, ni la musique de leurs lentes coulées vers la mer. » (Marguerite Yourcenar à propos de Virginia Woolf) On ne lit pas assez, les…

Sortir de la prison du temps, par Valentin Retz, écrivain

« Il faut dire que j’avais accepté depuis longtemps que le mystère fût au fondement de l’univers, gouvernant aussi bien les objets corporels que les esprits immatériels. » Publié par Yannick Haenel dans la collection « Aventures » des éditions Gallimard, La longue vie, de Valentin Retz, est le livre du nouveau monde. Un monde habité par des savants…

Mues de Michel Tournier, écrivain

Michel Tournier dans son jardin de Choiseul « Je te parlerai plus longuement la prochaine fois d’un nouveau livre que je commence : c’est un nouveau Robinson Crusoé. Je suis surpris qu’un sujet aussi merveilleux n’ait pas été repris plus souvent dans la littérature mondiale – comme par exemple Faust ou Don Juan. » (lettre de Michel Tournier…

La porte est à l’intérieur, par Julien Gracq et André Breton, écrivains

Couronne, Jean-Michel Basquiat « Je vous dois deux immenses plaisirs : j’ai lu d’un seul trait, sans pouvoir une seconde m’en détacher « Au château d’Argol », et votre livre m’a laissé sous l’impression d’une communication d’un ordre absolument essentiel. Il a pour moi tous les caractères d’un événement indéfiniment attendu et depuis mon premier contact avec lui je…

Une maison silencieuse, par Peter Handke, écrivain

Bruno Ganz et Otto Sander, Les Ailes du désir, Wim Wenders, 1987 « A dire vrai, vieil ami : nous sommes deux fous singuliers, chacun à sa façon. Toi qui attends l’afflux d’un peuple encore jamais rêvé, et moi qui dans le rêve éveillé de ses ancêtres, pour ne pas dire aïeuls – veut dire : dans le…

L’élargissement de l’existence, par la revue Aventures

Perro hundido, Francesco de Goya, 1819 « Déchirer les puissances en cours et leurs délires d’envoûtement est Le plan primitif. » (John Jefferson Selve) Qu’est-ce que la littérature pour Aventures ? Un art de la nuance, des ouragans discrets, une violence antisociale, une langue ne devant rien aux standards communicationnels. Une profondeur de solitude d’où naît un verbe…

Jean Genet, secrétaire des anges, par Lydie Dattas, écrivaine

« Quel temps j’ai perdu avec les intellectuels ! C’est la bonté seule qu’il fallait chanter, elle seule est subversive ! » (Jean Genet) Les textes de Lydia Dattas sont toujours des événements poétiques. Le récit qu’elle consacre à la vie de son ami Jean Genet est superbe. Sous-titré « Petite légende dorée », il ne s’agit pas d’une hagiographie,…

Le cinéma central, par Fabrice Gabriel, écrivain

« J’ai l’impression que les professeurs qui comptèrent pour moi, en ces années d’apprentissage, furent surtout des cinéastes, ceux par exemple qui faisaient l’acteur dans les films des autres, comme des donneurs de leçons inédites invités à une espèce de masterclass (le mot n’était pas encore à la mode) sur le cinéma et la vie : Jean-François…

La voix d’Hélène Cixous, par Colin Lemoine, écrivain

©Adel Abdessemed « Je me dis souvent que si nous parvenions à lui donner forme et couleur, notre parole ressemblerait aux corps astraux des tables tournantes ou aux ectoplasmes surgissant des bouches occultes ainsi que des giclées de fleurs, des grosses bulles de chewing-gum, des vapeurs épaisses de fumée ou des chrysalides soyeuses. Parler : expectorer. » (Colin…

Le caravansérail du 70 bis, par Patrick Modiano et Christian Mazzalai

Le cowboy de Montparnasse « Au 70 bis, de grands déjeuners dans le jardin étaient présidés par le singe Jacques dans un fauteuil d’enfant. Une scène de théâtre avait même été dressée, le « théâtre Notre-Dame-des-Champs », qui avait cette singularité d’être interdit au public payant. » Inlassable piéton de Paris, Patrick Modiano est aussi l’un de ses plus…

Rilke heimatlos, par Olympia Alberti, écrivaine

Leonid Ossipovitch Pasternak, Portrait de Rainer Maria Rilke à Moscou, 1928 « Comme dans un conte pour enfants, les maisons de Rilke n’étaient que des paupières où cacher quelques heures, quelques jours, quelques mois sa propre humanité, souvent difficile, son regard « impréparé » aux éclats du monde. » René Maria Rilke, devenu Rainer Maria Rilke sur le conseil…