Fabien Dettori, la photographie comme enluminure

Toute l’œuvre de Fabien Dettori est un hymne au corps féminin et au simple, d’une main touchant une cheville, d’un bouquet de fleurs séchées, de trois pommes posant sur la table comme un trio de nymphes. Son art est de profonde communication, n’envisageant que des interactions fondamentales, entre un corps et un tissu, entre une…

Dernier acte, stade ultime du ravage, par Antoine Herscher, photographe

Après Arbor (Actes Sud 2016), le photographe Antoine Herscher poursuit sa réflexion sur la puissance de la nature, observant le réensauvagement du monde à travers des environnements industriels abandonnés, des paysages enlaidis par l’hubris humaine, et les effets d’une pollution brutalisant le simple. Tel le promeneur de Jean-Jacques Rousseau, nous nous enchantons d’une vue sur…

Hommes à nu, par Aurore Dal Mas, photographe

« Ce moment si particulier où l’on entre en relation avec l’autre, physiquement, pourtant sans encore se toucher. C’est le début, l’étonnement, le moment d’un choix. Qui se réitère pour nous rappeler qu’il a déjà été fait il y a longtemps et qu’il est vain de s’en défendre.» La nuit est crue, nue, solitaire et…

Cuba, la révolution, la mémoire, et le sucre, par Pierre-Elie de Pibrac, photographe

Desmemoria est un excellent titre, disant à la fois la mémoire et l’amnésie, la présence et l’absence, la survivance et l’effacement. C’est ainsi que Pierre-Elie de Pibrac nomme son livre consacré aux travailleurs de l’industrie du sucre à Cuba ayant participé activement à la révolution cubaine. Qui sont-ils ? Que reste-t-il de leurs rêves d’égalité…

Marseille, zone à urbaniser en priorité, par Fabrice Ney, photographe-auteur

Au mitan des années 1960 sortent de terre, dans les quartiers Nord de Marseille, sous l’appellation Zup n°1, les cités du Grand Saint-Barthélemy. Entre 1981 et 1983, Fabrice Ney, qui avait déjà travaillé, dans le cadre de ses études à l’EHESS, sur Fos-sur-Mer et La Seyne-sur-Mer, décide de photographier avec une grande radicalité formelle ces…

Pierre & Gilles, une chanson d’Yma Sumac

« Ex-fan des sixties / Petite Baby Doll / que sont devenues toutes tes idoles ? » Ces deux-là, drôles de paroissiens, vous emmènent à la messe. Munissez-vous de leur missel, très beau petit livre à la couverture bordeaux, tranches passées à l’or fin, image saint-sulpicienne sur la couverture. Une iconographie saint-sulpicienne oui, mais transformée…

Family, love and troubles, par Mathilde Helene Pettersen

« It is all about small moments / Moments that make a life / a relationship or a family » Fonder une famille, tenter de lui donner une forme à peu près tenable dans la durée, est un pari risqué en nos temps de grands affairements et de hautes solitudes. Bébé est là, qui cherche…

Gitans, de Josef Koudelka, mémoires d’outremonde

On les a vues et revues, elles se sont déposées en nous, participent du chaudron de notre inconscient visuel. Elles ont été prises entre 1962 et 1971 en Tchécoslovaquie, en Roumanie, en Hongrie, en France, en Espagne, et sont toujours aussi magistrales, neuves, inouïes. Il faut les montrer, continuer à les faire circuler, en parler….

Belgrade, absolutely dark, par Sladjana Stankovic, photographe

Aménagements successifs du noir est le cinquième volume des éditions Rue du Bouquet, fondées par Samantha Stuckle. C’est un ensemble de photographies prises à Belgrade entre 2012 et 2015 par Sladjana Stankovic, et habilement disposées sur des feuilles non reliées – Joanna Starck est à la manœuvre pour la conception graphique. L’écrivain Sylvain Prudhomme présente…

Le Japon d’Adolphe de Meyer, baron de la photographie

Le baron Adolphe de Meyer (1868-1946) est un photographe d’origine allemande ayant séjourné au Japon lors d’un tour du monde au début du XXème siècle peu après son mariage. Il y réalisa nombre de photographies aujourd’hui conservées au Metropolitan Museum of Art de New York, observant surtout les paysages et les temples d’un pays alors…

Vague de rêve, un voyage de Maria Baoli, photographe

C’est si évident parfois qu’on peine à le reconnaître, mais le livre de photographie, quand il est conçu comme une totalité organique, comme un être vivant, comme un double palpitant de l’auteur, est l’un des derniers refuges de la délicatesse dans un monde broyant les sensibilités, ou les exacerbant jusqu’à l’inutile. Il faut un bel…