Ensemble, alléger notre fardeau, par Mathieu Riboulet, écrivain

  « Car nous sommes dans un temps d’attentat, de violence, de respirations courtes, d’hébétudes transitoires, de confusions profuses, un temps de crépuscule, car nous sommes dans des villes hantées par des fantômes, hantées par des mendiants, et quand les uns nous parlent nous entendons les autres, nous tendons des aumônes, nous ramassons des balles,…

L’hypersensualisme de Marguerite Bornhauser, photographe

Aux misères des ruminations poétiques et des angoisses existentielles, on peut préférer la vie en Technicolor et les profusions de lumières. Au manque, au rabougrissement, à la honte, on peut préférer les bains de mer et le spectacle de la beauté des belles alanguies. Au rétrécissement, à l’exiguïté, aux habitats troglodytiques, on peut préférer le…

Henri Alekan, maître des lumières

« Alekan ! Les acteurs ! Frappe-les d’arc ! Ils sont merveilleux ! » (Jean Cocteau) J’aimais beaucoup Henri Alekan, que j’avais rencontré par l’intermédiaire de Daniel Mesguich avec qui il avait travaillé sur La Belle Captive, d’Alain Robbe-Grillet – avec la très belle Gabrielle Lazure. Je lui avais écrit, et le maître des lumières…

Flaubert se baigne, par Alexandre Postel, écrivain

« A son entrée dans Concarneau, Flaubert crève de sommeil et de faim. » On entre à Carthage, à Rome, mais entre-t-on à Concarneau ? Quand il arrive en septembre 1875 dans le port breton pour la seconde fois de sa vie, l’écrivain Gustave Flaubert est un homard fatigué. Autour de lui, la mort rôde,…

Méroé, le secret du temps, par Juliette Agnel, photographe

Poursuivant son travail sur les confins et les énergies premières, Juliette Agnel a découvert au Soudan, sur le site mythique de Méroé, un terrain de recherches et de méditation exceptionnel. Ses images de pyramides noires attirant à elles l’ensemble du ciel constellé de points de lumière sont fascinantes, et invitent à reconsidérer notre place dans…

Les vraies richesses, par Lucien Jacques et Jean Giono, amis

« Ecoutez compagnons… » Lucien Jacques, Le sourcier de Giono est un très beau titre pour évoquer la mémoire de celui qui fut graveur, peintre (essentiellement aquarelliste et graveur), poète, directeur de revue, et éditeur important, publiant le célèbre écrivain dès les années 1920. Concomitante de l’exposition Giono présentée au Mucem, une deuxième exposition au…

L’illusion comme liberté, par Jean Baudrillard, philosophe

« Il y a un moment où on ne trouve même plus le désert. » Philosophe hérétique, sociologue cathare, « paysan du Danube » rétif à la culture dominante obligatoire vécue comme ethnocide, Jean Baudrillard est aujourd’hui trop peu lu, étudié, écouté, peut-être parce que son analyse concernant le « meurtre de la réalité »…

Ralentir, poésie, travaux, par Hans Faverey, poète hollandais

« Suis-je oui appelé. // Suis-je non appelé. // Je ne peux pas partir d’ici. / Ma voie de sortie est ici. / Sauf avis contraire. // j’arrive tout à l’heure. » Il faut des passeurs, des messagers, des traducteurs. Il faut l’enthousiasme et l’ambition de maisons d’édition croyant, contre les vents et marées de…

Noordzee, une méduse à dix têtes, par le collectif de photographes 1010

  Les beaux amis du collectif belge 1010 voient la vie en noir, mais leurs projets sont pourtant chargés d’une indéniable énergie positive, venant de l’effort de fraternité, d’une tendresse pour leur pays, d’une cohérence de vision allant vers la chaleur de l’unité. Leur deuxième opus, Noordzee Project, est une balade sur les rives de…

Espagne, hautes solitudes, par José Manuel Navia, photographe

José Manuel Navia est un photographe espagnol né à Madrid en 1957, dont les travaux documentaires, toujours en couleur, explorent les interactions entre les hommes, les bêtes et les lieux. Ayant choisi l’Espagne comme territoire de prédilection, il ne cesse d’interroger, sans aucun passéisme, la mémoire d’un peuple inscrit dans la ruralité et les traditions…

Le besoin du paysage, par Edouard Decam, photographe

Considérant que le paysage est bien moins une volonté de représentation que la résultante du mouvement, d’un corps faisant l’expérience de son agissement dans et par la nature, d’un déplacement, Edouard Decam est l’auteur d’une œuvre intitulée Paysages involontaires, exposée à l’Espace Contretype de Bruxelles. S’intéressant notamment aux infrastructures ayant modifié par leur présence l’espace…