
©Frédéric Goyeau
Qu’est-ce que la photographie pour Frédéric Goyeau ?
Un tamis, un philtre magique, un exorcisme.
Chronos dévore depuis longtemps ses enfants, mais il n’avait pas prévu les peintres, les sculpteurs, les photographes.
Dans un beau noir & blanc argentique aux douces nuances de gris, Frédéric Goyeau, qu’on connaî d’abord comme tireur, retient le meilleur des jours.

©Frédéric Goyeau
Nous sommes avec l’artiste, seul ou en famille, à Royan, à Paris, à Neufchâtel-Hardelot, à Amsterdam, à Ivry-sur-Seine, dans les Cévennes, à Pont-de-Montvert, à Thoré-la-Rochette et dans quelques autres endroits enchantés par les présences aimées.
Rien de grandiloquent, mais une façon d’aborder la quotidienneté dans sa dimension quasi sacrée.
Non pas religieuse, mais à la fois simple et solennelle.
Frédéric Goyeau photographie avec la conscience de sauver de l’oubli et de la mort quelques fragments de réalité.
J’ai été ici et là, nous avons été, nous nous sommes rencontrés, semble-t-il exprimer à chaque image.

©Frédéric Goyeau
Still life, disent les Anglais, soit la vie suprême dans l’immobilité fixée sur la toile, ou le papier photographique.
Saving Daylight, répond-il en observant la lumière estivale toucher une table, un visage, un paysage.
On ouvre des grilles à la porte de l’aube, un enfant accomplit quelque rite bien à lui, le café est froid mais il est merveilleux.
Cigarettes, fleurs séchées, genoux nus.
Vierge de miséricorde, tartines grillées, dessins appliqués.

©Frédéric Goyeau
Le ciel inonde la pièce de son mystère, c’est une mer mouvante, émouvante.
Toi mon amie, mon amour peut-être, tu ressembles à une matriochka égarée sur les franges de l’Atlantique.
C’est le moment du gâteau, de la pêche au rien, de la baignade.
Frédéric Goyeau observe des proches bricolant leur existence.
Saving Daylight – dont le titre est emprunté à celui d’un recueil de poésie de Jim Harrison – témoigne d’une confiance entre tous qui est une grâce.

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Imprimé sur beau papier épais, c’est un livre qui pourtant ne pèse pas, ses images étant des invitations à savourer l’instant, léger et grave.
En préface, Pauline Vermare parle d’un « doux manifeste », c’est très juste.

Frédéric Goyeau, Saving Daylight, préface de Pauline Vermare, direction éditoriale et artistique Caroline de greef, EYD, 2026, 100 pages
https://eydparis.com/saving-daylight

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