De la persistance du monde, par Romann Ramshorn, photographe

©Romann Ramshorn Des atmosphères, des climats, des humeurs. Une pluie noire, un goût de cendres, une énigme fondamentale. Ainsi se présente Lueurs cendrées, premier livre de Romann Ramshorn proposant un parcours en cent-vingt-neuf photographies dans l’ensemble de ses séries. ©Romann Ramshorn Nous croyons perdre le monde, mais l’art sait nous le redonner quelquefois dans toute…

Esprit, es-tu là ? par Bogdan Konopka, photographe

©Jacqueline et Bogdan Konopka Bogdan Konopka est parti bien trop vite, à soixante-six ans, en 2019. Sa passion était intacte, et son regard plus sûr que jamais. Heureusement, son œuvre, représentée notamment par la galerie Les Douches à Paris, est aujourd’hui portée, protégée, diffusée par son épouse Jacqueline Konopka, dont la générosité et la foi…

Du sacré, par Philippe Kohn, photographe

©Philippe Kohn Être attentif à ce qui est, à ce qui vient, à ce qui persiste dans le temps. Ne pas chercher l’effet, l’épate, l’exhibition. Accueillir chaque chose, chaque étant, en sa force de vie et d’ouverture, en son mystère, en sa pudeur. Philippe Kohn photographie ainsi, que j’avais rencontré avec le livre Haute lumière…

Futaies et dystopie, par Arno Brignon, photographe en Val de Loire

©Arno Brignon La vallée du Loir est l’un des secrets les mieux préservés de France. Une rivière belle et mystérieuse, des villages ancrés dans l’Histoire ne cherchant pas à faire parler d’eux, des faisans un peu partout, la présence discrète du Prince des Poëtes. En ces lieux où l’on respire large et bien, il y…

Christian Poncet, la Chambre claire galerie, servir la photographie

J’ai découvert l’œuvre onirique et silencieuse de Christian Poncet chez Martine Chapin et Alain Eudot à La chambre claire Galerie, à Douarnenez. Paraît aujourd’hui aux éditions A la Pionnière une monographie consacrée à cet artiste à l’œil métaphysique laissant une grande place à l’imaginaire du regardeur. Pour célébrer cet auteur et les presque deux ans…

Tropical Stoemp, revue de photographie barbare

© Mathieu van Assche Le stoemp est un mets belge, dont les protagonistes eux-mêmes ignorent la recette exacte. Il est généralement composé de carottes, de poireaux et d’épinards, mais il peut être aussi constitué d’images, ainsi le premier numéro de la revue de photographie belge, au titre oxymorique pour un plat du Nord, Tropical Stoemp….

Les secrets du tirage, par Guillaume Geneste, maître d’art

Colette © Guillaume Geneste « Je trouvais magique de voir que, sur une même feuille de papier à lettres, il était possible d’écrire un poème et de faire apparaître une photographie. » Le tirage à mains nues, de Guillaume Geneste, est le grand livre qu’il manquait en France sur l’art du tirage. Premier ouvrage essentiellement de textes…

De la réalité absolue, par Alexandre de Mortemart, photographe

Vivant entre Londres, Calcutta et Paris, Alexandre de Mortemart est un photographe très inspiré par le cinéma, qu’il s’agisse de celui d’Orson Welles, d’Andreï Tarkovski et des maîtres formalistes russes, pour qui la dramatisation des lignes relève d’une énigme intime. Ses images au noir et blanc argentique, tirées avec beaucoup d’expressivité et de nuances par…

Empire, une cosa mentale très physique, par Marie Sordat, photographe

En découvrant quelques années après sa publication (2015), le premier livre de Marie Sordat, Empire (Yellow Now), j’ai souhaité immédiatement en discuter avec son auteure, tant m’intéressent les travaux inaugurant une œuvre sans nul doute au long cours, et profondément poétique dans sa recherche de forme et de vérité. On est ici du côté de…

Une mélancolie appelée Sicily, par Massimo Gurciullo, photographe

Ne surtout pas dormir. La nuit est dense, cruelle, impénétrable, il faut rester aux aguets, s’accrocher aux moindres points de lumière, et tenir dans l’errance jusqu’au petit matin. Sicily, du photographe Massimo Gurciullo, est le nom de code d’une terre sauvage et baroque, catholique et païenne, clanique et sensuelle. Dionysos rôde, mais il est d’abord…

L’œil et l’abîme, par Jacques Vilet, photographe

On pourrait tomber de cette forêt bordant la mer, se croire Icare et chuter. Pourtant, nous nous tenons encore debout dans l’être, et nous abordons les précipices sans ciller. Il y a ici beaucoup de démesure dans les paysages, du sublime, le commencement de la terreur, mais il y a aussi la raison, le sens…