Le glissement ininterrompu du regard, par Valie Export, plasticienne et performeuse féministe

Contre les conformismes, l’hypocrisie bourgeoise et le machisme, Valie Export, artiste autrichienne héritière des actionnistes viennois, utilise son corps et le médium photographique de façon expérimentale et provocatrice. Incarnant par ses performances l’atmosphère fiévreuse de recherche et de déconstruction des années 1960 et 1970, Valie Export est l’une des grandes figures de l’art contemporain porté…

Être nue, par Jean-Philippe Guivarch, photographe

Elles sont là, timides et graves, expérimentées ou novices. Elles ont parlé toute l’après-midi, bu des cafés ou des verres de vin, elles sont à l’aise maintenant, elles sont prêtes. Elles font ça pour elle, pour leur mari, pour leur compagnon, pour leur amant, pour le temps qui passe et salit vite les rêves. Bientôt,…

Faire l’amour comme on cueille du tilleul, par Denis Roche, écrivain

« I’m completely dead to decency. » On attendait depuis longtemps la parution du journal de Denis Roche, mentionné régulièrement çà et là dans des interventions évoquant son œuvre général. Temps profond, Essais de littérature arrêtée 1977-1984 est à présent publié, et c’est une vraie fête. Une fête de l’intelligence, de l’audace, de l’amour à…

Denis Roche, l’art énergumène et la mort, par Jean-Marie Gleize, écrivain

« J’écris pour être seul, je photographie pour disparaître. » Denis Roche manque, mais il y a ses livres, des dizaines de volumes, des poésies, des récits étranges, troués, des ouvrages de photographie accompagnés d’essais théoriques importants, et maintenant une biographie composée allegro ma non troppo par l’écrivain Jean-Marie Gleize, Denis Roche, Eloge de la…

L’œil du revolver et les larmes de sperme, une lecture de Georges Bataille, par Anne-Lise Broyer, photographe

Dans les années 1960-1970 et dans la première moitié des années 1980, la revue d’avant-garde Tel Quel, dirigée par Philippe Sollers et Marcelin Pleynet, a décidé de reclasser l’ensemble de la bibliothèque, remplaçant le mot littérature par celui, bien moins suspect de récupération bourgeoise, d’écriture, et mettant en avant des noms jusqu’alors cachés par la…

Avancer dans le blanc, par Christophe Jacrot, photographe

Un voyageur solitaire parcourant des paysages glacés. Une marche s’arrêtant à la lisière de la démence. Des larmes gelées, un matin tempétueux, des lumières dans le chaos. Des efforts de Titan pour ne pas se coucher sous le blanc et se reposer enfin, définitivement. Une biche, une voiture renversée, le monde muet au bord du…

EVA, Eve future, par Yves Trémorin, photographe

  Voici un objet sidérant, et intersidéral. Voici l’Eve future d’Yves Trémorin, soit le module EVA (Extra-Véhiculaires), structure de papier et de fer, d’électronique et de nacre, flottant dans l’espace éditorial français comme un exosquelette. Sur fond noir, issus des abysses de la nuit, apparaissent des objets de grande science, bourrés d’ingéniosité et de savoir-faire…

La calligraphie d’une énigme, par Olivier Brossard, photographe

  C’est l’histoire d’une rencontre, d’un amour fou, d’un chemin de désir entre Occident et Orient. C’est une histoire de grâces et d’avions dont on refuse absolument qu’ils se permettent d’être en retard. C’est la musique du cœur, tambour battant, entre vide et plein, plein et vide. Avec beaucoup de pudeur, Olivier Brossard écrit sa…

De l’art de la critique en photographie, par Christian Gattinoni

Depuis plusieurs semaines, je croisais le nom de Christian Gattinoni dans des publications, dans le livre de Marie L Borgia, Rencontres en Amnésie (André Frère Editions, 2019), dans celui de Krystyna Dul, Resonance (Lëtz Arles a.s.b.l. / Centre national de l’audiovisuel (CNA), Luxembourg, 2019), et comme coauteur avec Yannick Vigouroux de l’ouvrage Histoire de la…

L’Aubrac, pays de Canaan, par Vincent Bengold, photographe

Blanche Aubrac, de Vincent Bengold, est un livre de pierres et de terre, d’herbe rase et de vent, de bovins et de ciels immenses. C’est une totalité de landes, la présence d’une nature souveraine, imposante sans tonitruance. Sous-titrée « Terre promise », Blanche Aubrac est une œuvre de silences, comme on le dit d’une leçon…