
©Isabelle Vaillant
Les dessins de la photographe Isabelle Vaillant, que l’on avait pu déjà admirer en 2023 dans l’exposition rétrospective ayant lieu au Petit Echo de la Mode (Châtelaudren, Côte d’Armor), sont des gestes purs.
Edité sur beau papier ivoire par sun/sun (Céline Pévrier) en impression risographique de haute qualité, Les jours d’après enchante.
Les gestes graphiques d’Isabelle Vaillant sont d’une grande force : pas de remplissage, mais des formes fragiles métaphorisant l’humaine condition.
Sa galeriste arlésienne (Mélanie Bellue) évoque une artiste « libre de tout académisme ».

©Isabelle Vaillant
En effet, la liberté du trait, à l’encre ou au crayon, est ici ce qui émeut le plus, témoignant d’un regard ne se courbant devant aucune obédience.
Ses petits personnages indiquent l’effort d’être au monde, et la vulnérabilité des psychismes.
Les édifices tanguent, nous bâtissons sur des sols meubles, nous cherchons un abri, qui n’est que jamais que précaire.
Les formes sont isolées sur la page, jamais au même endroit.

©Isabelle Vaillant
Déplacement, saut dans le vide, chutes discrètes.
On avance à l’aveugle parmi des troncs de bouleaux, l’enfance est encore là, mais blessée, cadenassée dans un manteau noir.
La mort est l’envol d’un ballon de baudruche dont le visage est celui du tout-autre.
Il y a ici du fantastique, des peurs immémoriales, des masques effrayants.
Une corde nous relie, par le cou.

©Isabelle Vaillant
David lance son galet, des comètes jaillissent, un être assis par terre pleure la disparition de son passé.
Se cacher, s’enfouir, porter un chapeau pointu comme les pénitents à Séville exhibent leur capirote.
Entre un menhir et une femme-dolmen est posée/tombée une pierre ronde, un œuf, un ovule.
C’est ainsi que nous naissons, nous dupliquons, dans le chaos primordial des roches s’accouplant.
Nous sommes des marionnettes affrontant des taureaux gémellaires.

©Isabelle Vaillant
Les jours d’après est une œuvre de puissante délicatesse, habitée par des visions toutes personnelles, très intimes.
On avance nu, on ne peut se protéger de rien, on entre dans un tunnel de lumière où git le secret de ce qui nous constitue.
Par la peau noire du dessin, Isabelle Vaillant extériorise le territoire inconnu où se fonde sa belle et singulière poétique.
Tout paraît imaginaire, mais tout est vrai, d’une présence qui ne triche pas.

Isabelle Vaillant, Les jours d’après, conception graphique Céline Pévrier, impression risographie Atelier du Palais sun/sun éditions, 2026

©Isabelle Vaillant
https://sunsun.fr/les-jours-dapres-isabelle-vaillant/
https://www.instagram.com/isabelle.vaillant_/
https://www.atelierdupalais.com/

©Isabelle Vaillant
Exposition éponyme à la galerie Lhoste (Arles), du 18 avril au 17 mai 2026 – nocturne et signature le jeudi 14 mai de 18h à 22h à l’occasion de la sortie officielle du livre