Microfictions, par Laetitia Prieur, photographe

©Laetitia Prieur

« Je m’arrête à bout de souffle pour lever les yeux au ciel vers les volcans lointains qui veillent sur la vallée. » (Laetitia Prieur)

Prises par Laetitia Prieur dans le Cantal entre 2010 et 2025, les photographies composant la monographie Le saisissement dressent un portrait intime de ce territoire essentiellement rural.

Le soin mis à la fabrication est manifeste – couverture cartonnée ouvrant sur des feuillets reliés à la bodonienne, papier épais brillant, format presque carré -, témoignant de la délicatesse de l’artiste envers son œuvre.  

Il n’y a ici rien à prouver, à asséner, à marteler, Le saisissement étant de l’ordre d’une ballade très belle, d’un song avant tout personnel, d’une introspection au contact du grand dehors.

©Laetitia Prieur

Un soleil perçant à travers la frondaison d’un arbre.

Une peau illuminée.

La silhouette d’un homme marchant dans la neige – on songe à l’écrivain suisse Robert Walser et à ses microfictions.

Un mont en hiver dans une atmosphère bleutée.

Une citation en anglais de Charles Bukowski nous attend : si tu ne brûles pas pour ce qui te fonde, alors à quoi bon ?

©Laetitia Prieur

Les images sont d’époques différentes, peut-être même issues d’archives familiales : un père et son enfant, une voiture des années 1980.

Laetitia Prieur photographie des natures mortes, parce que ce sont des instants de vie suprêmes : une demi-poire dans une assiette de porcelaine, un globe terrestre en équilibre installe sur une table, une robe étendue sur un lit, une boite d’allumettes posée sur un dossier en carton.

Le monde végétal est très présent, plus persistant que les humains – un fauteuil de salon recouvert d’une bâche indique une possible disparition d’un habitant, à tout le moins un changement de domicile, ou un abandon.  

La chromie est généralement celle du passé, de la nostalgie, du terrible et somptueux Jadis.

©Laetitia Prieur

Le saisissement est un conte doublé d’instants et de lieux évoquant probablement l’enfance de l’artiste.

Des états d’être, des éclats d’éternité, des épiphanies.

Faire ressentir la mort pour mieux exalter la puissance d’être au monde.

Un serpent écrasé et des gouttes de rosée.

« Là-bas au bout du champ, il y a un ruisseau, écrit l’auteure. Je l’enjambe et me voilà sur une île, un bout de terre que personne ne veut c’est à moi. »

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Ce bout de rêve est retrouvé, c’est un ouvrage célébrant la merveille des éléments naturels, et le passage des corps humains à travers quelques fragments de paysages encore sauvages.

Le volcan est d’abord un désir de création ardent.

Ce n’est pas une promenade d’agrément, mais une odyssée de nécessité, jusque dans le moindre.

A partir du moindre.

Laetitia Prieur, Le saisissement, autopublication, 2026 – 300 exemplaires

©Laetitia Prieur

https://laetitiaprieur.format.com/news

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