Une vie en images, par Jean-Claude Figenwald, photographe

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©Jean-Claude Figenwald

Mais qui est donc Jean-Claude Figenwald, exposé actuellement au Séchoir dans le cadre de la Biennale de Photographie de Mulhouse ?

Son site nous renseigne, mais le livre de près de quatre cents pages qu’édite Mediapop (Philippe Schweyer en maître d’œuvre), Comme il m’a été donné, montrant cinquante ans de reportages photographiques effectués dans le monde entier, est indispensable pour bien mesurer la variété et l’étendue de son travail, fruit, pour l’essentiel, de commandes, notamment pour la nouvelle presse (Citizen K, Glamour, Milk, Ideat…).

En noir & blanc ou couleur, Jean-Claude Figenwald s’intéresse au carnaval de l’existence, à une certaine façon de musiquer ou jazz sa vie dans le décor des villes et campagnes considérés comme des théâtres où apparaître.

Bris de pare-brise, funambulisme, effervescence populaire, hautes solitudes.

©Jean-Claude Figenwald

Les sujets ne manquent pas, qu’il s’agisse de la passion de l’auteur pour l’architecture, les événements contemporains, politiques et sociétaux, ou les pays et territoires qu’il n’a cessé de découvrir en leur idiosyncrasie (Vietnam, Russie, Patagonie, Cuba, Etats-Unis, Chili, Pérou, Inde, Sénégal, Niger…).

Première élection d’Obama, jardins ouvriers d’Alsace, Touaregs.

Portraits de François Mitterrand, Yves Saint-Laurent, Robert Badinter, Jacques Chirac, Agnès B.

Foire du Trône, bals, métro.

« A l’automne 1975, confie-t-il en préface de sa vaste monographie, je suis parti à Paris et j’ai réussi à me faire embaucher comme glaceur au laboratoire noir et blanc de l’agence de presse Gamma. J’ai acheté un Nikkormat à un photographe de l’agence et je me suis inscrit aux cours du soir de photojournalisme de Paul Almasy au Centre de formation et de perfectionnement du journalisme (CFPJ). A l’été 1977, j’ai pu, grâce à Jean Gaumy, photographe à Gamma, suivre gratuitement le stage de Guy Le Querrec au Festival photo d’Arles où j’ai appris à « gérer » les prises de vue dans la rue. »

Le nom de Guy Le Querrec n’est pas anodin, dont l’humour a probablement marqué l’esthétique photographique de son élève, volontiers espiègle – on pense aussi à Willy Ronis pour la capacité à regarder le peuple avec tendresse, ainsi les rassemblements de la Fête de l’humanité.

©Jean-Claude Figenwald

La curiosité est chez lui permanente, goût de l’autre, goût du monde, goût des formes et des situations.

Bande de jeunes, couples, duo de copains, familles, girls apprêtées.

Mulhouse, Cassel, Paris, Île de Man, Londres, Los Angeles, Algérie, Mauritanie, & co.

Beauté du Kodachrome, années 1970 en majesté, art des couleurs en leur énergétique spéciale all over the world.

La police charge (manifestations contre la loi Devaquet « au piquet »), un rodéo se prépare aux States, les steppes de l’Asie centrale sont en feu.  

©Jean-Claude Figenwald

On fait la fête, on proteste, on se détend.

On est un fétu de paille lancé dans le vent de l’histoire.

Macht de catch, match de boxe, défilés de Géants.

La photographie pour Jean-Claude Figenwald, dont on pourrait quelquefois avoir l’impression qu’il la pratiqueà l’anglaise ?

« Une curiosité, un rêve, une thérapie, une discipline, une persévérance, une volonté, un apprentissage, un enseignement, un prétexte, une évasion, une façon de vivre, une culture, une technique (un peu), une stabilité, des instants, des espaces-temps, des destinations, des rencontres, des leçons, un moyen de gagner ma vie, une manière de mieux me connaître, de comprendre le monde… Une manière d’exister tout simplement. »

Et ne jamais déserter la rue, espace fondamental de la démocratie.

Jean-Claude Figenwald, Comme il m’a été donné, Mes vies de photographe, avant-propos Dominique Bannwarth, texte Jean-Claude Figenwald, conception graphique Marjane Benghanem, retouches Baptiste Marcon, relecture Anne Schoepf,  Mediapop, 394 pages

https://jeanclaudefigenwald.com/

https://mediapop-editions.fr/catalogue/comme-il-ma-ete-donne-mes-vies-de-photographe/

Livre ayant reçu le soutien de l’association Mulhouse Art Contemporain ainsi que celui d’Yves Zeller

Exposition au Séchoir (Mulhouse), dans le cadre de la Biennale de la Photographie de Mulhouse (direction Anne Immelé), du 6 juin au 5 juillet 2026

https://www.lesechoir.fr/

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