
©Gabrielle Duplantier
Les faisceaux sont fascistes.
Trop de lumière, trop d’exposition, trop d’aveuglement.
La vie privée, comme l’ont pronostiqué Guy Debord, Jean Baudrillard et Paul Virilio, devient impossible.
L’expérience directe, non médiatisée par les fantasmes publicitaires, est un défi colossal.

©Gabrielle Duplantier
Pour se rétablir en vérité, il faut le retrait, ou la folle intensité.
Il faut la pudeur, la discrétion, la ténuité.
Il faut donc Pâle, de Gabrielle Duplantier, publié avec le soin qu’on lui connaît par la maison d’édition indépendante livournaise Origini Edizioni.
Des papiers calques interposés apportent au corpus d’images en noir et blanc de la photographe française imprimées sur des feuilles ivoire une légèreté qui est une éthique, comme une libération de l’âme, loin des pesanteurs sociales.

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Les arbres sont des amis, et la brume, et le soleil filtré, pour une artiste refusant d’imposer son ego, tout en témoignant d’une présence très belle, à la fois puissante et délicate.
Eloge de l’ombre, éloge de la neige, éloge d’une ruralité de dénuement et de protection.
Le temps passe, la toile de l’araignée disparue se dessèche, on perçoit dans la glace le visage d’un homme, peut-être symbole d’amour défunt.
Le monde de Gabrielle Duplantier est composé de formes fugitives, de paysages de solitude et de nobles figures humaines.

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Le livre de l’intranquillité, de Fernando Pessoa, est cité : « Je me cache parmi les arbres, loin des routes. Je me perds. Et je parviens, pour quelques instants qui s’écoulent, légers, à oublier l’amour de la vie, à abolir la lumière, l’agitation, et à m’anéantir consciemment, absurdement, dans l’écoulement des sensations, tel un empire en ruine, suant d’angoisse, telle une entrée victorieuse, parmi les tambours et les étendards, dans une vaste cité finale où je ne pleurerais rien, ne désirerais rien, ne demanderais rien, pas même à moi – ne fût-ce que d’être. »
Pâle serait-il les paroles d’une saudade ? On peut le conjecturer, alors qu’un enfant semble regarder la part d’inconnu en lui-même.
La pensée esthétique de Gabrielle Duplantier est soustractive : un juste équilibre des éléments dans chaque cadre de vision, une étrangeté née du peu, une façon d’entrée naturellement dans le chas d’aiguille de la fiction qu’est souvent l’existence.
Passage d’un ange dans une demeure abandonnée.

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Carnaval des animaux.
Racines et mythologies familiales.
Apparition d’une nautonière : sommes-nous parvenus aux royaumes souterrains ?
Pâle offre à son lecteur une sensation d’être au monde, souveraine, et sereine, au-delà, quelquefois, des turbulences psychologiques.

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C’est l’accord d’une psyché et de l’eau, du feu, des végétaux et des bêtes.
C’est un voyage intérieur au contact des êtres aimés, et des fantômes.

Gabrielle Duplantier, Pâle, editing Ilias Georgidias, book design Matilde Vittoria Laricchia, fabrication artisanale Eugenia Koval, Origini Edizioni, 2026 – 500 exemplaires numérotés
https://gabrielleduplantier.com/fr/accueil
https://origini-edizioni.myshopify.com/products/senza-titolo-13lug_12-33-58
https://vimeo.com/1209529363?fl=pl&fe=cm

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Exposition Galerie l’Enfant Sauvage – Bruxelles – du 25 septembre au 15 novembre 2026
https://www.enfantsauvagebxl.com/exposition-a-venir
Exposition à la Villa Pérochon (Niort) – L’image et la Page – Editions Lamaindonne – du 28 juin au 19 septembre 2026 https://www.cacp-villaperochon.com/agenda/limage-et-la-page-carte-blanche-aux-editions-lamaindonne/
Workshop TPW Italie – du 04 au 10 octobre 2026 https://www.tpw.it/portfolio/gabrielle-duplantier-private-visions-2/

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Bourse à la création du CNAP 2026/2027 Photographies du Pays basque
PODA – La Petite Oeuvre d’Art https://www.poda-photo.com/collections/gabrielle-duplantier
Wild Rose – Editions Lamaindonne https://www.lamaindonne.fr/produit/wild-rose/