A Perugia, vers la déchirure, par Christophe Manon, écrivain

©Gaël Bonnefon « J’étais au bout du rouleau. / Comme une épave, je flottais entre deux eaux, / passant de l’espoir à l’angoisse / sans y comprendre rien. / J’avais besoin d’être seul pour le travail des larmes. » A Pérouse/Perugia, Christophe Manon a vécu l’enfer. Parti dans la cité de l’Ombrie sur les traces de ses…

Sicile, divin bien, par Marco Rigamonti, photographe

Périple sicilien, de Marco Rigamonti, est un voyage dans l’ocre et le silence, dans la quasi-absence des humains et la grâce de toute chose. Pour la beauté des vides, les aplats de couleurs et l’impeccable ordonnancement des objets de la réalité dans l’espace, on pense à Luigi Ghirri, et aux photographes italiens du Nord découvrant…

Per non dormire, par Jean-Louis Comolli, écrivain, cinéaste

Qu’elle était verte ma vallée, John Ford, 1946 « Ecrire un peu, me disais-je, repousse le terme. Ce sont les mots qui tiennent ensemble les vivants et les morts. Rien d’autre. Il est bien que le moment arrive où tout ce qui reste des vies vécues, des images portées par les souvenirs, des sensations éprouvées, des…

Habiter, brûler, disparaître, renaître, par Raymond Meeks, photographe

©Raymond Meeks Geography of Abandonment, du photographe américain Raymond Meeks, ressemble presque à une maquette en cours, mais il est particulièrement abouti et somptueux dans le façonnage. Son éditeur, Origini Edizioni, situé à Livourne en Italie, est probablement actuellement le meilleur en Europe, ne disjoignant pas l’art de l’excellence de l’artisanat afin de créer des…

Arte povera, pratiques radicales de désaliénation par l’image

Fabio Mauri, Ideologia e natura [Idéologie et nature], 1975 – OEuvre connue à partir d’une photographie réalisée par Elisabetta Catalano de la performance Ideologia e natura de Fabio Mauri. Tirage photographique sur papier toilé émulsionné, tiges en bois et acrylique, 268,7 x 222,7 cm – Rome, The Estate of Fabio Mauri et Hauser & Wirth…

Muscle, revue de poésie véloce, par Laura Vazquez et Roxana Hashemi, écrivains

En m’intéressant à l’œuvre de Laura Vazquez (article publié le 16 août 2022), j’ai découvert la formidable revue Muscle, créée en septembre 2014, codirigée actuellement avec Roxana Hashemi. J’ai lu quelques livraisons, découvert des écritures singulières, me suis enthousiasmé : il y a encore des continents inconnus. J’ai souhaité en savoir davantage, en interrogeant ses deux…

Ukraine (1), par Jane Evelyn Atwood, photographe

©Jane Evelyn Atwood / Agence VU’ La guerre en Ukraine suscite beaucoup d’émotion. L’hypothèse de frappes nucléaires n’est pas à négliger, la mort est un monstre froid à tête de cyborg portant le signe Z. La propagande agit, les mères pleurent ou s’exaltent, les vendeurs d’armes se régalent, tout va bien dans l’ordre du crime…

Le rire majeur de Carlo Emilio Gadda, par Philippe Bordas, écrivain

La casquette de Gadda © Philippe Bordas « Carlo Emilio Gadda est ce passant discret, invisible au piéton français comme aux foules italiennes abandonnées à la stupeur de l’après-Berlusconi. Né en 1893, avant le déferlement des radios, mort en 1973, avant le déchaînement numérique, Gadda a brûlé sa vie à l’élaboration d’un verbe souverain, comme s’en…

L’assassinat d’une ville, par Gustaw Herling, écrivain

La peste à Naples sur la Piazza Mercatello, Micco Spadaro, 1656 « Il est aussi raisonnable de présenter une espèce d’emprisonnement par une autre que de représenter n’importe quelle chose qui existe réellement par quelque chose qui n’existe pas. » (citation issue du troisième volume de Robinson Crusoé, de Daniel Defoe, reprise par Albert Camus dans son…

Survivre à Auschwitz, par Edith Bruck, écrivain

« On a encore le temps / tous les espoirs / ne sont pas perdus / qui a aimé / laisse toujours quelque chose. » Publié par Rivages poche, dans la collection Petite Bibliothèque dirigée par Lidia Breda, Pourquoi aurais-je survécu ? est un court volume remarquable. Il s’agit d’un ensemble, inédit en français, de poésies écrites en…

Apeiron, noyau de l’être, par Dimitra Dede, photographe

©Dimitra Dede Comment ne pas écrire des textes de feu pour Dimitra Dede, dont les livres sont si intenses, si sensibles, si engagés dans l’existence poétique ? Ce sont en quelque sorte des esquisses définitives : ne surtout pas peser, se maintenir en équilibre sur un fil, entrevoir des mystères, s’approcher de la zone du sans-retour. Née…