Pier Paolo Pasolini, indices d’une disparition, par Gwenaël Porte Ianotto, photographe

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©Gwenaël Porte Ianotto

« Je connais les rues ordonnées selon le plan de Mussolini. Je connais le fascisme qui empeste aujourd’hui encore et même jusque dans la mer. Je connais l’odeur de la mort qui rôde toujours sur la plage. » (Gwenaël Porte Ianotto)

Ostia, de Gwenaël Porte Ianotto, est une méditation, très belle, étrange et douloureuse, sur la mort de Pasolini concentrant son attention et son regard sur la plage de la station balnéaire de la ville de Rome où son corps fut retrouvé martyrisé le 2 novembre 1975.

Composée de photographies personnelles de l’auteur, de captures d’écran (du film Ostia, de Sergio Citti, 1970), de reproductions de cartes postales, et d’extraits du roman inachevé Pétrole (traduit pour Gallimard par René de Ceccatty en 2022), cette œuvre hybride aux pages simplement regroupées par un élastique noir évoque un mystère.

On ne peut affirmer pour quels motifs l’écrivain-cinéaste-intellectuel fut tué, les hypothèses sont nombreuses, la thèse d’un meurtre politique n’étant pas à exclure.

©Gwenaël Porte Ianotto

L’artiste dispose des pièces, des documents, des fragments métaphorisant le drame et faisant ressentir la présence droite et tremblante de Pasolini.

Baignade, image tachée de peinture rouille-sang de la digue du lido, visage voyou-sensuel du protagoniste du film Accattone, Franco Citti.     

Des voitures : celles des bourreaux ?

Des passants : que savent-ils du drame qui s’est joué ici ?

Des pages blanches : quels compléments d’enquête espérer ?

Des images pixellisées : qui percera le voile des apparences ?

©Gwenaël Porte Ianotto

On farniente, on téléphone, on bronze.

On marche dans le soleil et l’usure du temps.

On essaie de traverser le divertissement général.

Du sperme, du sang, des bouts de chair arrachés.

Ostia ausculte un trou, un cri muet, une aphasie.

©Gwenaël Porte Ianotto

Gwenaël Porte Ianotto accompagne ses images d’un texte de fiction allant vers la découverte de l’ignominie.

Il fait nuit, on ne verra bientôt plus rien, d’ailleurs qui y voit vraiment ?

Les époques se mélangent comme les traces dans le sable.

La mer lave le passé, un chien aboie, un artiste ne se satisfait pas du mot fin.

©Gwenaël Porte Ianotto

Son livre aux feuilles presque volantes est une libre tentation de description d’un lieu maudit ayant vu tomber un homme admirable.  

Gwenaël Porte Ianotto, Ostia, Spiaggia_books, 2026, 128 pages  

https://spiaggiabooks.com/

©Gwenaël Porte Ianotto

contact : gwenael.porte@gmail.com

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