Fictions de Benjamin Jordane, par Jean-Benoît Puech, écrivain chercheur

Benjamin Jordane, Salers, 1992 Je ne connais ni la personne, ni l’œuvre de Benjamin Jordane, mais Jean-Benoît Puech les présente fort bien. Dans une conférence donnée en Touraine le 7 juillet 2024 dans la demeure de ses amis Anne et Gérard Macé, le chercheur en littérature, qui fut aussi son ami, avant que d’assumer un…

Partage du feu, par Linda Tuloup, photographe

©Linda Tuloup Linda Tuloup possède l’art d’animer le feu, en livre (chez André Frère), en exposition (chez Olivier Watman), et maintenant en revue, Argument (direction François Beauxis-Aussalet) lui ayant offert une carte blanche pour inviter autour d’elle d’autres ardents. Une revue ? ou plutôt un album cartonné aux pages de papier glacé, ouvrage solide, écrin contenant…

Pasteuriser la littérature ? par Laure Murat, écrivaine

Carte de lectrice d’Hannah Arendt, établie en 1939. © BnF, Archives institutionnelles « Le racisme, le colonialisme, l’antisémitisme sont des idéologies. Extirper d’un texte ici un mot insultant, là un adjectif désobligeant revient à sortir des poissons crevés d’une eau qui, de toute façon, est empoisonnée. Si on peut toujours corriger la lettre, il est impossible…

Aux Andalousies, par Serge Airoldi, écrivain

©Olivier Deck « J’appelle à des Andalousies toujours recommencées, dont nous portons en nous à la fois les décombres amoncelés et l’inlassable espérance. » (Jacques Berque) Ah ! Aller vers la lumière. Anda Luz, jardin des Hespérides, pommes d’or dans la gorge des chanteurs et chanteuses de flamenco. Y aller sans cesse, ne pas en revenir, repartir avec…

Comme une cravache, la vie flagelle, par Mireille Havet, écrivaine

James Ensor « Une terrible, une animale, une dévorante sensualité est en moi, pesante et gluante jusqu’à mes doigts avides de se faire plus insinuants de caresses, de posséder, de faire chanter un corps de femme, une chair miraculeuse et savoureuse comme celle de Madeleine. » Mireille Havet, merveille, mirabilia, Ave Maria pour toutes les lesbiennes du…

Amazuz, festin de récits, par les ami.e.s de la revue Edwarda

©Chiraz Chouchane « Enfance est un mot torve. Un refuge facile comprenant tous les mensonges dont l’on ne se sait pas capable, les rêveries, les passés déformés, les envies inavouées. C’est un incommensurable. Une mélancolie très claire, un souvenir flou, un instant qui ne sera jamais figé dans le temps, que l’on revit lorsque le présent…

Trancher Méduse, peut-être, par Catherine Ternaux, écrivain

Jacques Villeglé « Les regards se tournent soudain vers la femme debout, très droite, qui s’avance vers la table en portant un grand plat de terre. Des fumerolles s’en échappent qui voilent son visage souriant. Tu as cru que la tête était posée dans le plat mais, quand le plat s’est avancé davantage, tu as compris…

Un nouvel amour du langage, par la revue de littérature Aventures

James Joyce, 1928, par Berenice Abbott « L’intensité de la sensation détruit l’ordre. » (Georges Bataille) Paraît la troisième livraison – sous couleur orangée – de la revue de littérature Aventures, et c’est une joie renouvelée. Les écrivains sont seuls, ou à peu près, mais il y a la fraternité des revues, ces laboratoires textuels tentant par…

Par le milieu du ventre, journal de Mireille Havet, écrivain

Mireille Havet « Nous sommes bien trop lents, et je sens monter en moi une sorte de sensualité brutale et immédiate, qui me fait désirer l’épuisement rapide de mes convoitises, et ceci sans parole et sans rémission. » Mireille Havet, que je découvre par le volume Le monde entier vous tire par le milieu du ventre (journal…

Fox-trot littéraire, par Frédéric Berthet, écrivain

Steffi Graf « Bien que germaine, l’une de mes cousines est anglaise. Mais ce n’est pas, of course, la seule raison pour laquelle les Britanniques me plaisent depuis longtemps. Ils ont inventé, outre ma cousine, ce qui est déjà considérable, beaucoup de choses indispensables à notre vie quotidienne : la mini-jupe, la pêche de la truite à…

Entrer dans la couleur, par la revue Edwarda

La joie de vivre, 1905, Henri Matisse « Mon premier signe de grossesse n’a pas été les seins énormes, tendus à bloc, le teint resplendissant, pêche de vigne, les nausées H24, les 80 ans ressentis, l’addiction au sucre et au gras, l’envie de chialer pour un oui pour un non, le flair d’un chien de chasse,…