Le Colporteur, 1530, Hans Holbein « Tant en occis et dévora / Que tous les jours, à grands monceaux, / Trouvaict-on dames, jouvenceaux, / Jueunes, viez et de toutes guises, / Gisans morts parmy les esglizes » (Guillaume de Machaut) On trouve à Clusone, dans le nord de Bergame, sous un préau, à l’air libre, près de…
Étiquette : Walter Benjamin
Repolitiser Atget, par Yannick Le Marec, essayiste
Eugène Atget ©BnF J’ai bien fait de laisser en attente sur mon bureau, durant plusieurs mois, le livre de Yannick Le Marec, Eugène Atget, La photographie des hommes libres. Cet essai prenant la forme d’une enquête est passionnant. A partir de l’album Zoniers, consacré aux habitants de la marge vivant non loin des fortifications parisiennes,…
Auguste Blanqui, les barricades mystérieuses, par Léa Bismuth, essayiste
Désidération ©SMITH « Cet homme a tout du personnage vengeur, shakespearien ou dostoïevskien, mû par une énergie rédemptrice par-delà la mort, soulevé par un désir d’en découdre, passant outre toutes les menaces. » Je n’ai pas lu, depuis le livre de Gilles Collard sur Klaus Mann paru chez Flammarion en août 2025, d’essai aussi passionnant et bien…
Un Brésil de haute solitude, par Vincent Catala, photographe
©Vincent Catala « Autour de ces habitants, nous découvrons l’accumulation des ruines du progrès dans des couleurs neutres et non saturées. Il y a des terrains vagues, des restes de chantier, des parkings sauvages, des viaducs suspendus au-dessus de la forêt vierge, l’odeur de la végétation et du pneu brûlé. Et une infinité de bâtiments austères,…
Une politique de l’esprit et du corps, Klaus Mann, par Gilles Collard, écrivain
« Longtemps, je n’ai pu lire un livre de Klaus Mann sans tomber malade, sans en comprendre la raison. Aujourd’hui je crois que c’est parce qu’il nous laisse une dette et une responsabilité, car il n’est pas certain que nous soyons quittes du XXe siècle. » (Gilles Collard) Je transporte avec moi depuis plusieurs semaines le livre…
Faire son cinéma, par Peter Szendy, philosophe
La maison du docteur Edwardes, 1945, Alfred Hitchcock « Bref, le cinéma peut nous montrer tout ce que nous voyons sans savoir que nous le voyons. Et c’est exactement ça que Benjamin appelle « l’inconscient visuel ». C’est à ça, dit-il, que le cinéma peut nous donner accès. » Publié dans l’excellente collection Les petites conférences, dirigée chez Bayard…
Amazuz, festin de récits, par les ami.e.s de la revue Edwarda
©Chiraz Chouchane « Enfance est un mot torve. Un refuge facile comprenant tous les mensonges dont l’on ne se sait pas capable, les rêveries, les passés déformés, les envies inavouées. C’est un incommensurable. Une mélancolie très claire, un souvenir flou, un instant qui ne sera jamais figé dans le temps, que l’on revit lorsque le présent…
Plier, déplier le marbre, par Hélène Bellenger, photographe
©Hélène Bellenger « Beaucoup d’auteurs ayant écrit sur la blancheur et ses manifestations dans la culture occidentale l’affirment : elle est un impensé, qui n’apparaît jamais en tant que tel comme objet du discours, du regard, mais qui les structure, les traverse et les hante absolument. Elle est une norme qui n’est pas elle-même l’objet d’une investigation….
Abondance de la fleur rare, une histoire de l’art en Italie, par Marion Grébert, essayiste
Karl Blossfeldt « Regardez comme poussent les fleurs des champs : elles ne travaillent pas et ne tissent pas de vêtements. Pourtant, je vous le dis, même Salomon, avec toute sa richesse, n’a pas eu de vêtements aussi beau qu’une seule de ces fleurs. » (parole de Jésus, Evangile de Luc) Après le très bel essai sur l’énigme…
Dire ce que l’on ne peut dessiner, dessiner ce que l’on ne peut dire, par Anne Gorouben
©Anne Gorouben « Ma mère me critiquait sans cesse tout en me comblant de cadeaux le soir de Noël. » (Anne Gorouben) Auteure en 2011 aux éditions Les Cahiers Dessinés d’un premier volume de nature autographique, 100, boulevard Montparnasse, Anne Gourouben revient une nouvelle fois, chez le même éditeur (Frédéric Pajak), avec Une jeunesse au secret, sur…
Petit tas d’ordures, vie bouleversée, par Gaëlle Obiégly, écrivain
Chiffonnier, avenue des Gobelins, Paris,1899, photographie Eugène Atget « Le chiffonnier, qu’on appelle plutôt biffin actuellement, ne se résout à la mort de rien. Il marche, il marche, il marche. Quand il s’arrête, c’est pour fouiller les poubelles et les tas d’ordures. Ce fut le métier de mon ancêtre, venu de Pologne, quand il vint s’exiler…