
©Stanislas Motz-Neidhart
Photographe de l’infraordinaire, Stanislas Motz-Neidhart a composé avec Real Estate un ouvrage interrogeant la notion de lieu et d’appartenance.
Publié par Collapse Books (Bastien Forato), cet ouvrage ne comporte aucun exotisme, mais offre le spectacle d’un monde en quelque sorte neutre, sans signe distinctif particulier.
Pas forcément uniforme, mais volontiers continu en ses objets et structures se retrouvant un peu partout à l’identique sur la planète.
Stanislas Motz-Neidhart ne voyage pas pour le pittoresque, mais pour s’enchanter, avec une certaine pointe de mélancolie assumée, d’un monde sans véritable relief, comme une vaste fresque décorative dans laquelle s’insère la vie humaine.
Dans les jungles de béton qu’il traverse, l’artiste accroche son regard aux amers des gouttières et des grilles d’aération, des trottoirs et des lignes de trams, des immeubles gris et des places de parkings.

©Stanislas Motz-Neidhart
Personnages vus de dos, regardant leur portable, rangeant quelques affaires dans le coffre de leur voiture, homme chic au costume lie-de-vin impeccable.
Vélib’ abandonné, magasin fermé, chantier fermé, plantes délaissées, fauteuil orphelin exposé sur le macadam.
Closed.
L’impression est celle d’une lente déréliction, comme un doux naufrage un peu désolant, une pauvreté certaine dans l’imaginaire général.
Mais il y a aussi de la drôlerie involontaire, des formes incongrues, des agencements pleins d’humour, comme si chaque chose était un personnage en quête d’auteur dans une pièce de théâtre absurde.

©Stanislas Motz-Neidhart
Tout voudrait parler, voire crier, mais tout reste bloqué dans une sorte d’aphasie symptomatique.
Stanislas Motz-Neidhart cadre des souliers, des bas de porte, des structures grillagées.
Real Estate associe ses images selon la fine logique des touches chromatiques, des correspondances de matières, des scènes semi-fantastiques de la banalité circumterrestre.
On pourrait prier, mais pour qui ? pour quoi ?
Et d’ailleurs, qui appeler ?
Fleurs exubérantes, glace en toc, chaise en plastique.
Ainsi va le monde des humanoïdes terminaux.

©Stanislas Motz-Neidhart
Il y a beaucoup de sièges dans le corpus de Stanislas Motz-Neidhart.
Pour quelle attente ?
Quelle parousie ?
Quelles conversations aux paroles inouïes ?

Stanislas Motz-Neidhart, Real Estate, direction éditoriale et graphisme Bastien Forato, Collapse Books, 2024, 68 pages- 150 exemplaires numérotés
https://www.instagram.com/stanislasmotzneidhart/?hl=fr

©Stanislas Motz-Neidhart
https://collapsebooks.com/products/real-estate-stanislas-motz-neidhart?variant=49082501792072