Avec toi et seule, dans l’heureuse lumière, par Erica Lennard, photographe

©Erica Lennard « Nu sans effroi, / fier et sans nom / Torse cambré parfait / De son cadre / Beauté à vous / affrontée » Avec toi et seule, de l’artiste américaine Erica Lennard, est l’une des belles expositions des Rencontres d’Arles 2025, le commissariat étant assuré par Clara Bouveresse. Il y est question de sororité,…

L’arme de l’esprit en temps de guerre, par Virginia Woolf, écrivaine

Blitz – bataille d’Angleterre « Réfléchissons à ce que nous pouvons faire pour construire le seul refuge efficace contre les raids aériens, alors que retentissent les coups de canon sur la colline et que les projecteurs sondent les nuages, et que, de temps à autre, à quelques mètres, une bombe tombe. » Telle une Lysistrata moderne refusant…

Femmes levées contre l’enfermement lexical, par Marcia Charnizon, photographe

©Marcia Charnizon Les mots blessent, les mots tuent, les mots sauvent. Portraits de femmes de plus de cinquante ans, Caça as palavras – la chasse aux mots – est un essai visuel sur l’impact des mots stigmatisants sur le corps féminin. Photographiées sur fond rouge, couleur évoquant la lumière d’un laboratoire argentique, les femmes qu’a…

Eclats de Gaza, de l’écriture, des messagères, par Dominique Fourcade, poète

Iris messagère des dieux, 1891, Auguste Rodin « je t’en supplie, Palestine, j’arrive sans frein dans ce malheur, garde-moi une cuillerée de confiture d’orange amère, s’il te plaît laisse-moi m’enivrer de l’odeur de laurier-cerise grâce à laquelle j’identifie ton linge où que je me trouve, et, surtout, laisse-moi boire tes règles sous la lune. » Placé sous…

Par le milieu du ventre, journal de Mireille Havet, écrivain

Mireille Havet « Nous sommes bien trop lents, et je sens monter en moi une sorte de sensualité brutale et immédiate, qui me fait désirer l’épuisement rapide de mes convoitises, et ceci sans parole et sans rémission. » Mireille Havet, que je découvre par le volume Le monde entier vous tire par le milieu du ventre (journal…

Cet obscur objet du désir, par Barbara Fonte, photographe

©Barbara Fonte Artiste visuelle, plasticienne, la Portugaise Barbara Fonte produit une œuvre impertinente. Publié en noir et blanc dans la collection L’Atelier risographique des Editions Bessard, Mourir inconnu est un essai photographique superbe, drôle, provocateur. Il y a ici de l’espièglerie, du feu, de l’érotisme inventif, notamment par le biais de la nourriture et d’objets…

Entrer dans la couleur, par la revue Edwarda

La joie de vivre, 1905, Henri Matisse « Mon premier signe de grossesse n’a pas été les seins énormes, tendus à bloc, le teint resplendissant, pêche de vigne, les nausées H24, les 80 ans ressentis, l’addiction au sucre et au gras, l’envie de chialer pour un oui pour un non, le flair d’un chien de chasse,…

De la dévoration, par Philippe Grandrieux, cinéaste, écrivain

©Philippe Grandrieux « Elle se déplace par reptation. » C’est un livre vénéneux, sadien, de lucidité bataillienne. Publié par Mettray éditions (Didier Morin), Nox est un film-livre de Philippe Grandrieux, composé de photogrammes d’un plan-séquence montrant le cri d’une femme (Eleni Vergeti), sa bouche, la substance qui l’imprègne, le vertige du vide. Nox est le récit des…

Portraits de guérillères, par Martine Dawson, photographe

©Martine Dawson « Une brume alors se tient au-dessus d’elles sans dissimuler leurs couleurs. » (Monique Wittig) Placé sous la belle autorité des Guérillères, de Monique Wittig (éditions de Minuit, 1969), Parfois il pleut sur les îles orange vertes bleues, de Martine Dawson, est un hymne à la puissance féminine, rebelle, multiple, sexuelle. En noir et blanc…

Cor, cœur, courage, par Hanna Hrabarska, photographe

©Hanna Hrabarska Qu’est-ce que le courage – titre francisé de son livre – pour l’Ukrainienne vivant à Amsterdam Hanna Hrabarska publié par Bessard Editions dans la collection L’Atelier risographique ? C’est d’abord, malgré le rétrécissement et la rudesse des temps, voir large – les pages de son ouvrage, simplement agrafé sur le côté droit, se déplient…

Une féérie cruelle et grotesque, par Esther Teillard, écrivain

James Ensor (1860-1949), Les Masques raillant la Mort, 1888. New York, MoMA © New York, MoMA « J’ai peur de me faire gueuler dessus ici. J’ai peur de me tromper de mots, que mon lexique chlingue la cagole, les rapports sexués, la femme en tanga sur la plage qui fait baver l’homme étalé érotomane. Ma terreur…