En Casamance animiste, par Henry Roy, photographe

©Henry Roy

« Don’t be afraid / of what you came here to find. / You are here for a reason. // Take what the forest gives you. / and don’t forget to give thanks. »

Deuxième livre après Mirages (2014) du photographe français Henry Roy aux éditions britanniques Jane & Jeremy, The Land of Haunted Forests, publié dans un format carnet particulièrement maniable, est un ouvrage consacré aux mystères de la Casamance considérée dans sa culture animiste.  

Cette région du sud du Sénégal est constituée de paysages fascinants, notamment marqués par la spécificité des mangroves.

©Henry Roy

Menant par son art une recherche sur la puissance structurante de l’invisible, Henry Roy observe des arbres, des couverts végétaux, des plantes, des animaux, en étant toujours très attentif à l’énergétique des couleurs, à leur vibration particulière, à l’âme des lieux et des êtres.  

De dimension initiatique, The Land of Haunted Forests se met à l’écoute du peuple Joola connu pour son culte des ancêtres et sa forte relation aux éléments de la nature.

Le soleil se lève, la terre est rouge, le photographe rêve-t-il ce qu’il voit, ou est-il lui-même le moment d’un rêve ?

©Henry Roy

Des lueurs, des présences, le cri des oiseaux.

Les esprits de la nature sont là, un peu partout, quand nous sommes généralement aveugles et sourds aux signes de leur manifestation.

Tout semble sacré, un bois où filtre une lumière énigmatique, les formes d’un tronc d’arbre, des écorces semblant vouloir parler.

©Henry Roy

Sève et sang.  

Vert d’un perroquet et des feuilles de lianes.

Un roi s’avance, gardien des traditions et de l’ordre public, yeux aussi rouges que sa vêture.

Gisent dans la poussière brune des cornes de boeufs.

Colonie serpentine de fourmis.

©Henry Roy

Fougère arborescente dans un temple.

Henry Roy découvre des indices, des traces, des ombres expressives.

Des arbres comme des roches.

Puissance et baroquisme des totems.

©Henry Roy

Il y a des portes, des portails, des porches, des seuils.

Une vie inconnue se déploie ici, derrière cet arbre précis, ou, là, sous le front du regardeur.

Des rizières, une vache bleue, les jambes fines d’un grand arbre s’ouvrant pour accueillir un autel de fortune.

Ces endroits où l’on pile ou meule.

Ces endroits où l’on chante ou prie, ou chante en priant.

©Henry Roy

Le bonheur du photographe ayant trouvé en Casamance un territoire de sauvegarde est perceptible.

Pour qui accepte de ne pas craindre la force déroutante de l’invisible en chaque chose, la forêt enseigne : à nous débarrasser de nos masques sociaux pour aller vers la vérité

de qui l’on est vraiment.

La nature vibre d’une douce et violente sagesse.  

Henry Roy, The Land of Haunted Forests, text Henry Roy, design and published Jane & Jeremy (UK), 2025, 100 pages – 200 exemplaires comprenant une photographie signée

https://www.henryroy.com/what-s-next

©Henry Roy

https://www.jane-jeremy.co.uk/shop3/p/the-land-of-haunted-forests-by-henry-roy

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