« Cueillir une branche de tilleul et l’appliquer contre son visage avec l’odeur. Des ruisseaux d’eau fraîche. L’eau dans les narines. » Alors qu’il cherche à rassembler de la matière pour le projet littéraire des Grands Chemins, Jean Giono a décidé de marcher en juillet 1939 dans la Haute-Drôme, dans la région préalpine des Baronnies provençales, d’éprouver…
Auteur : fabienribery
Du vernaculaire en photographie, par Clément Chéroux, historien de l’art
« La photographie vernaculaire est un ensemble qui doit pouvoir aussi bien contenir les images des amateurs, que celles prises par les scientifiques, les policiers, les militaires, les agents d’assurance – c’est-à-dire toute la photographie documentaire -, mais aussi des clichés de presse, de mode, de mariage, ou encore les portraits d’identité, les radiographies, les objets…
Les étincelles Bonnard, par Yannick Haenel, écrivain
Pierre Bonnard, Nu dans le bain, 1936, huile sur toile, musée d’art moderne de Paris « Ainsi, lorsque Bonnard s’obstine à peindre une femme nue dans une salle de bains pour la millième fois dans l’histoire de la peinture, c’est pour maintenir en vie la présence de son démon, rester en contact avec la source, garder…
Vêture, royauté secrète, par Aurélie Scouarnec, photographe
©Aurélie Scouarnec Il y a le classique boring, chloroformé, sentant l’antimite, et le classique contemporain, relevant d’un inactuel, au sens nietzschéen, politiquement bouleversant, essentiel dans sa façon de proposer, presque spirituellement, une contre-allée. Revêtir, d’Aurélie Scouarnec, publié par les éditions Rue du Bouquet, de mise toujours impeccable, fait indubitablement partie de cette seconde catégorie. Nous…
Le Havre, au cerveau de la pellicule, par Swiffer Roux, photographe
©Swiffer Roux Un jour, nous ne verrons plus rien, ou nous verrons tout, enfin, dans une lumière de vérité aveuglante atteignant notre conscience pour enfin la libérer de nous-même. En attendant, Swiffer Roux nous prépare aux ténèbres et lueurs troubles avec A Noiseless Noise, livre autoédité à 78 exemplaires. ©Swiffer Roux La couverture est plutonienne,…
La fonction révélatrice de l’image, par Pierre-Jean Amar, photographe
©Pierre-Jean Amar « Faire des photographies est pour moi le seul moyen que j’ai de transmettre aux autres ce que je ressens en face de la nature. » (Pierre-Jean Amar) Je naissais, Pierre-Jean Amar quant à lui, à quatre pattes, plongé dans les fourrés, photographiait déjà les plantes qu’il aimait. L’ami de Willy Ronis ne pratique pas…
Un temps à l’intérieur du temps, par Persephone Michou, photographe
©Persephone Michou C’est un merveilleux petit ouvrage relevant du livre d’artiste. Des photographies, déchirées ou non, insérées à la main dans le corps de l’œuvre, des cyanotypes, des images issues des albums familiaux. Avec If I forget you, I will love you again, Persephone Michou rend hommage à ses parents en leur offrant une barque…
Dire ce que l’on ne peut dessiner, dessiner ce que l’on ne peut dire, par Anne Gorouben
©Anne Gorouben « Ma mère me critiquait sans cesse tout en me comblant de cadeaux le soir de Noël. » (Anne Gorouben) Auteure en 2011 aux éditions Les Cahiers Dessinés d’un premier volume de nature autographique, 100, boulevard Montparnasse, Anne Gourouben revient une nouvelle fois, chez le même éditeur (Frédéric Pajak), avec Une jeunesse au secret, sur…
The never ending tour, par Chloé Mons, artiste multidisciplinaire
©Inconnu « Alain et moi avons tenu à vivre ensemble ses deux dernières tournées. Aujourd’hui, je réalise que cela fait une tranche de vie qui n’aurait pas existé si on n’avait pas fait bloc ensemble. Il faut absolument faire les choses comme on le veut. Après c’est fini pour toujours. » Chloé Mons est rock. Qu’elle écrive…
Des petites îles italiennes, dopo l’estate, par Bernard Plossu, photographe
©Bernard Plossu Tout commence par l’amour. Pour le voyage, pour une femme, pour la famille. Pour l’Italie, pour Françoise Nunez, pour Shane, resté aux Etats-Unis, pour Joaquim, à peine né, et pour Manuela, encore un ange. Contre l’état de guerre, il y a Bernard Plossu. Pas à la façon des ténors du barreau et des…
Le degré suprême de l’amour, par Giorgio Agamben, philosophe
©Linda Tuloup « A Gorëme [en Cappadoce], dans l’église de la Fibbia, j’ai vu le visage du saint. Qui le fixe ne peut pas ne pas croire en lui. De la même manière, il est une parole telle que celui qui l’écoute ne peut pas ne pas la croire vraie. » Ce que j’ai vu, entendu, appris……
Venise, vie parfaite, par Jean-Hugues Larché, écrivain
Joseph Mallord William Turner, Venice, Looking across the Lagoon at Sunset, 1840 « A Venise, on assiste à la dissolution des formes au moment où elles sont parvenues à la maîtrise anatomique et aux perspectives mathématiques structurant la construction du tableau, à Florence comme à Rome. A Venise, le tableau se construit et se défait pour…