Truman Capote, New York, 1947, par Irving Penn, photographe

Truman Capote, New York, 1948, série Corner Portraits, 1947-1948, Irving Penn « Jusqu’à ce moment il n’avait pas mesuré sa solitude. A présent qu’il en avait pris conscience, il se sentait vivant. Il n’avait pas désiré se sentir vivant. Être vivant c’était se souvenir des rivières brunes où courent les poissons et du soleil sur des…

Portrait de l’aimée en amie, par Bernard Bonnelle, écrivain

Pietà, 1475, Ludovico Brea « Gênes est loin d’être la plus belle ville italienne, mais c’est pour moi la plus fascinante, avec ses rues resserrées entre la montagne et le port, ses immeubles qui prennent appui les uns sur les autres, ses degrés, ses terrasses, ses passages. La passion des Italiens pour les murs de soutènement,…

Ecrire, peindre, créer, par Paul Nizon et Frédéric Pajak, écrivains

Friedrich Kuhn « Les employés sont mes ennemis. Je les déteste de tout mon cœur. (…) Et les profs ne peuvent se permette d’écrire ni sur la baise ni sur la politique, sinon ils perdent leur boulot. » (Paul Nizon) Menée par l’écrivain, photographe et journaliste Amaury da Cunha, la conversation entre Paul Nizon et Frédéric Pajak,…

Petit atlas des lieux romanesques en Europe, par Corina Ciocârlie, écrivain

J’aime beaucoup les livres d’intelligence vagabonde qu’il suffit d’ouvrir à n’importe quelle page pour que l’esprit soit éveillé, piqué, enflammé. Premier ouvrage dans une maison d’édition française (Signes et Balises) de la Luxembourgeoise d’origine roumaine Corina Ciocârlie, Europe Zigzag est un atlas littéraire buissonnier construit comme une constellation rassemblant des lieux de grande diversité sur…

Le crime, la sainteté, la littérature, par Yannick Haenel, écrivain

La porte de l’Enfer, 1880-1917, Rodin « Des journées comme celle qui venait d’avoir lieu, nous allions en avoir beaucoup d’autres, et non seulement il était impossible de s’y soustraire, mais il fallait endurer les scènes de crime de janvier 2015, celles de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher de Montrouge ; il fallait soutenir l’insoutenable afin que…

Veiller, par Xavier Bazot, écrivain

Edouard Vuillard, La petite fille au volant, circa 1899 « Savez-vous quelle est la différence entre le communisme et le capitalisme ? Sous l’un ou sous l’autre régime, l’écrivain gagne sa vie en étant veilleur de nuit. » Je ne connaissais pas Xavier Bazot, pourtant auteur chez P.O.L., Le Serpent à Plumes et Champ Vallon de six livres…

La peinture comme désir, par Yannick Haenel, écrivain

La Mort de Sardanapale, 1827, 3,9 x 4,9m, Eugène Delacroix Pour Baudelaire célébrant Delacroix le poëte en peinture – contre Hugo l’académicien – dans son fameux Salon de 1846, le tempérament, voluptueux, violent, voire la naïveté géniale, est le secret de la préservation de l’âme. « Delacroix, écrit-il, est le seul aujourd’hui dont l’originalité n’ait pas…

Une logique au chaos, Paul Klee, par Stéphane Lambert, écrivain

« Paul Klee écrivait de la main droite et peignait de la main gauche. Une légère distorsion fait trembler la ligne d’horizon sur laquelle nous marchons. Le trait ouvre une porte dans la couleur. Qui allume une énigme dans la raison. En chaque témoin, il y a un devin qui dort. L’œuvre, elle, demeure un chemin…

Tombeau de Roche, voisin et ami, par Karine Miermont, écrivain

5 août 1997. Sète, Pierre Soulages © Denis Roche Pour comprendre le projet littéraire de Karine Miermont à propos de l’écrivain et photographe Denis Roche, il faut aller à la dernière page de son livre de témoignage vagabond, Marabout de Roche : « Les jours se succèderaient comme dans nos vies, il y aurait des pensées, des…

Ecrire l’homosexualité, par Marcel Proust, jeune écrivain

Jeune homme nu assis, 1855, Hippolyte Flandrin « Pour relever avec ma bouche le coin de vos lèvres, je donnerais ma vie. » (Marcel Proust, 25 ans) On a longtemps cru à la fable d’un double Proust, d’abord le mondain, le salonnard, l’homme des frivolités et des badinages de la conversation, ensuite l’écrivain, solitaire, sérieux, sorte d’empereur…

Papiers recollés, par Jacques Drillon, écrivain

« Les inversions. Pour Colette, les femmes sont des « chics types ». son premier mari, Willy, c’est « La Doucette » ; son deuxième, Bertrand de Jouvenel, c’est « La Sultane » ; son troisième et dernier mari, Maurice Goudeket, a une « peau de satin ». » (Jacques Drillon) Dans l’histoire de la littérature mondiale, il y avait A l’ombre des jeunes filles en fleurs…