Il y a des jours pour ainsi dire limbiques, se déroulant entre brumes atmosphériques et mélancolie. Vous êtes allongé sur le canapé, regardant le plafond de façon hagarde. Vous vous observez depuis les nuées, vous trouvez ridicule – il y a bien plus intéressant qu’un moi blessé, qu’un Soi désaccordé, et tant de causes à…
Étiquette : errance
Pas tout à fait en Enfer, ni même au Paradis, par Vincent Peal, photographe
Il y a des matins comme ça où vous vous levez de mauvaise humeur, parce que vous sentez que vous avez vieilli durant la nuit, parce que les couleurs du jour ne vous conviennent pas, parce que le café est raté, parce que rien. Il y aussi des matins comme ça où vous trouvez l’antidote…
L’indifférence martiale des pas, Beijing Blues, par Carole Darricarrère, photographe et poète
Beijing est un passage, un couloir sans paroi, un ciel à l’envers. Beijing est un corps de solitude, un chant, un poème. « Servie par une fille de salle derrière les latrines / dans une chambre froide sur une planche de marbre qui élime les coudes / la pierre lavée le matin à grand jus de…
Les chemins de l’inquiétude, par le dessinateur Louis Soutter
Louis Soutter est né près de Lausanne (Suisse) en 1871. A seize ans, le voici observant à la dérobée le corps des jeunes filles à qui sa mère donne des leçons de piano. A l’école, on remarque qu’il reste souvent à l’écart de ses camarades.Eugène Très bon violoniste, il sera bientôt, au conservatoire de Bruxelles,…
Memento mori, ou la vie photographique de Franck Déglise
Garde-Fou, de Franck Déglise, est un livre conçu comme une méditation sur la mort, l’énigme des origines, et le mystère de la visibilité, quand toute apparition est à la fois vécue comme illusion et vérité. Scrutant la matière photographique en espérant y découvrir l’apparition de visages capables de délivrer, tels des oracles, un message à…
Le Spleen de Téhéran, et les merveilleux nuages, par Jafar Panahi
Il y a chez les cinéastes iraniens contemporains (Abbas Kiarostami, Jafar Panahi, Asghar Farhadi, Moshen Makhmalbaf) comme un goût de l’errance (de préférence en voiture), de la mise en abyme (vertige borgésien des récits) et de la métaphysique (l’arbitraire d’un emprisonnement n’est pas impossible) faisant des œuvres de ces artistes de vrais objets de fascination…
Je crois qu’un jour, de Fabrice Guénier, le livre des égarements
On raconte généralement n’importe quoi sur la prostitution, quand on cherche à n’y voir qu’ordure et rapports de domination méprisants, alors que s’opère parfois, dans l’acte tarifé de non-rapport sexuel consenti, un sacrifice brûlant, menant le supposé consommateur à sa consumation, à sa perte, à sa perdition, à l’amour aussi. Il y a du sacre…