Le cul sous toutes les couleurs, par Anne-Sophie Tschiegg

Les fêtes arrivent, mais si vous craignez que le champagne ne vous monte pas suffisamment à la tête pour enflammer votre désir, essayez Assez flirté, baisser culotte ! de la diablesse Anne-Sophie Tschiegg (Chic Médias éditions). « fléchir / frémir / faiblir / faillir / trembler / chanceler » Composé de dessins magnifiquement pornographiques, ce livre indispensable pour…

L’Europe comme espace d’inspiration, par le germaniste Peter von Matt

Le philosophe et romancier Denis Diderot (1713-1784) donne dans L’Encyclopédie une définition parfaite de la nation :  une certaine quantité de peuple, rassemblé sur un territoire donné, et se plaçant sous l’autorité d’un même gouvernement. Cette définition peut paraître minimale, mais elle évite bien des malentendus. Il ne s’agit pas en effet comme chez Johann Gottfried…

Philippe Sollers, Girondin à travers les siècles

Nicolas Lancret (1690-1743) Fête Galante avec la Camargo dansant avec un partenaire (détail) vers 1727-1728. Huile sur toile, 76,2 x 106,7 cm. © National Gallery of Art, Washington Il arrivera un jour, ce temps arrive, il est arrivé, où les écrits de Philippe Sollers, écrivain français parmi les plus importants du XXème siècle et de…

Le palais Claquedents, de James Ensor à Benoît Damon

Il est bon de revenir régulièrement au noir pays du peintre ostendais James Ensor. Danseurs macabres, ses squelettes inquiétants sont au fond bien plus amusants que les êtres de chair que nous sommes, et dont ils semblent se moquer sans retenue aucune. De dimension carnavalesque, l’œuvre de James Ensor est faite de masques ricanants qui…

Vous avez de belles veines, me disait l’infirmière – écrire, selon Christophe Esnaut et Jean-Charles Massera

Malgré des styles très dissemblables, Gangue son de Jean-Charles Massera et Mythologie personnelle de Christophe Esnault ont ceci de commun d’être des dispositifs d’écriture, des mises en scène du sens où les deux auteurs, nourris de culture littéraire, composent leurs livres adossés à la bibliothèque, tout en prenant quelque distance avec les fantasmes de toute…

La folie les cris les blessures la poésie, par Mathias Enard

Il y a chez Mathias Enard une réjouissante folie d’écritures, de langues, et de voyages, faisant de cet auteur primé (Goncourt 2015 pour Boussole) un explorateur des confins du monde et de l’esprit, bien plus qu’un salonnard. On sait le goût pour l’exotisme, l’orientalisme, les zones de tensions (Sarajevo, Damas, Tripoli) de cet auteur des…

Le commencement de la terreur, par la photographe Aurélia Frey

La beauté est le commencement de la terreur. Face au beau travail de la photographe Aurelia Frey tel que présenté dans le livre Apnée (nonpareilles, 2015) surgit cette phrase de Rilke notée il y a bien longtemps dans un carnet. La voilà qui se déploie soudain, s’enroule comme un lierre à l’intérieur des pages, gagne…

Je crois qu’un jour, de Fabrice Guénier, le livre des égarements

On raconte généralement n’importe quoi sur la prostitution, quand on cherche à n’y voir qu’ordure et rapports de domination méprisants, alors que s’opère parfois, dans l’acte tarifé de non-rapport sexuel consenti, un sacrifice brûlant, menant le supposé consommateur à sa consumation, à sa perte, à sa perdition, à l’amour aussi. Il y a du sacre…

Il n’y a pas de terre promise, par Paol Keineg

Nombreux sont les amis du poète et traducteur Paol Keineg à se demander quel peut bien encore être le lien à la Bretagne d’un homme qui écrivit dès son entrée en littérature deux livres majeurs, Le poème du pays qui a faim (Traces, 1967) et Hommes liges des talus en transe (P. J. Oswald, 1969)….

Les Hauts-Fonds, portrait d’une maison d’édition

La récente publication du recueil anthologique Un enterrement dans l’île, du poète écossais Hugh MacDiarmid (traduction Paol Keineg), offre l’occasion de mieux découvrir la maison d’édition finistérienne Les Hauts-Fonds. Aussi discret que terriblement nécessaire dans la transmission de paroles et oeuvres qui comptent, quand le Calcul dévore toute possibilité de beauté et d’expérience de langue…

Des crabes violonistes dans la boue de Rock Harbor Creek, Sylvia Plath dessinatrice

Depuis une trentaine d’années, l’œuvre de Sylvia Plath (1932-1963) est méthodiquement redécouverte (La Cloche de détresse, Le Jour où Mr. Prescott est mort), exhumée (Ariel, La traversée), commentée (le beau volume Œuvres, Quarto/Gallimard, 2011). Diariste, épistolière, romancière, et surtout poète, cette Américaine vivant à Londres fut aussi dessinatrice, développant « une sorte de style primitif » qui…

La beauté du dévoilement, par le photographe Jean-Claude Bélégou (2)

Artiste classique, c’est-à-dire travaillant de l’intérieur de l’histoire de l’art, dans une tension permanente entre tradition et révolution, Jean-Claude Bélégou se dresse contre la vulgarité contemporaine de la fabrication et de l’usage des images. Faisant de la rencontre de ses modèles – le plus souvent nus – un moment privilégié d’échange d’intimité (don/contre-don), le désir…