Pull My Daisy, film-culte de la Beat Generation (1)

Lancement de Pull My Daisy dans les rues de New York, photographies de John Cohen, noir blanc, 1959 Ó John Cohen, Courtesy L. Parker Stephenson Photographs, NYC « Comme L’Âge d’or en son temps pour le mouvement surréaliste, Pull My Daisy demeure, avec le méconnu The End de Christopher MacLaine tourné dans le plus extrême dénuement…

La catastrophe qui vient, Walter Benjamin en France

On n’a peut-être pas assez pris la mesure de l’immense courage de Walter Benjamin, sa mort par suicide à Portbou, à la frontière des Pyrénées espagnoles, et sa réputation de malchanceux (lire Hannah Arendt à propos du thème/poème du « bossu » dans le texte qu’elle consacra en 1971 à son ami), ayant orienté l’approche du grand…

Le chant et la rage d’un peuple pré-politique, Pasolini chantier (3)

Transcription d’un entretien avec des professeurs dans un lycée de Lecce dix jours avant sa mort, La Langue vulgaire, de Pier Paolo Pasolini, est un texte d’une force considérable, parole d’intervention publique pouvant aisément trouver sa place aux côtés des Ecrits corsaires et des Lettres luthériennes. Y est une nouvelle fois dénoncée, dans un dialogue…

Fiat lux, et lux fuit, ou la vie secrète de Fabrizio Annunziato, par Yan Gauchard

Il y a chez un grand nombre d’auteurs des éditions de Minuit (Jean-Philippe Toussaint comme amiral en chef) un je-ne-sais-quoi de Buster Keaton, qui fait de cette maison née de la Résistance une grande pourvoyeuse de burlesque froid. On se souvient peut-être du court métrage qu’écrivit Samuel Beckett (catalogue considérable rue Bernard-Palissy) pour le génial…

D.H. Lawrence, la sexualité et l’évangile de la vie

Il serait bien faux de voir en D.H. Lawrence, romancier et poète, auteur du beau et sulfureux L’Amant de Lady Chatterley (1928), un fieffé libertin, corrupteur d’innocences, grand seigneur d’écriture méchant homme de sens. Rien de plus erronée que cette vision d’un écrivain prônant une sexualité sans frein, et encourageant l’adultère au premier garde-chasse passant….

L’appel du Château, par Fernando Pessoa

« Mais je suis parti. L’âme sèche, dure, achevée. Et centrée au fond, comme une fine goutte de rosée, dormait je ne sais quelle vague joie d’une grande libération. J’ai franchi, en pleurant, la porte extrême de la ville. Devant moi, fleuve gelé sous le clair de lune froid, la route s’allongeait indéfiniment. » Comment devenir adulte ?…

Sur un air de John Dowland, le passage de la nymphe, par James Joyce

Pourquoi la rencontre d’une nymphe bouleverse-t-elle tant ? « Qui ? Un visage pâle cerné de lourdes fourrures odorantes. Ses gestes sont craintifs et nerveux. Elle utilise un face-à-main. Oui. Une brève syllabe. Un rire bref. Un bref battement de paupières. » Vénus à la fourrure (Leopold von Sacher-Masoch), Molly qui s’ignore (oui), la jeune personne de qualité que…

Fraîcheur de Louise Bourgeois, par Jean Frémon

Il y a chez Louise Bourgeois quelque chose d’un djinn, une façon d’imposer par ses œuvres et son visage une présence malicieuse, son propre rythme, des trous d’air et de stupéfaction, une obstination de fond. Donnant l’impression à la fois de se moquer de tout et de tout prendre au sérieux, Louise Bourgeois envoie valser…

Reprendre vie, maintenant, par Paolo Cognetti

Il faut souvent savoir rompre pour reprendre vie. Paolo Cognetti, écrivain milanais apprécié pour son talent de nouvelliste, décide de passer plusieurs mois, plusieurs saisons, dans les montagnes du Val d’Aoste qu’il avait délaissées depuis bien trop longtemps (dix ans). La vie dans la grande ville devenait impossible, il fallait partir : « Il y a quelques…