Des cerisiers pareils à des archanges, Pierre Bergounioux écrivain entomologiste

Il y a quelque chose des pattes de la lucane dans les doigts fins, secs et courbés de l’écrivain entomologiste Pierre Bergounioux taquinant sur sa table de travail l’insecte capturé. Ainsi apparaît, dans un film que lui a consacré Geoffrey Lachassagne (La Capture, 2017), verbe précis, regard de malice enfantine et d’inquiétude pascalienne, l’auteur du…

Les Philippines, entre cruauté et luxure, par le photographe Brian Sergio

Des profusions de cheveux fins et noirs qui sont des pièges arachnéens. Des seins impudiques de danseuse orientale, lourds, aréoles très larges, réclamant une fraîcheur de salive. Une nuit de bitume, des lèvres entrouvertes, des dents blanches, des yeux mi-clos. Flash jeté sur la peau brune d’une divine, saoule, suprême souveraine. Brian Sergio choisit ainsi,…

Dakar, ville de silence et d’inconnu, par Emmanuelle Andrianjafy, photographe

C’est un livre dont l’élégance graphique et la hauteur poétique sautent aux yeux. Nothing’s In Vain, de la photographe malgache Emmanuelle Andrianjafy est une ode à Dakar, capitale du Sénégal, cite mystérieuse et entêtante, traversée, l’appareil à la main, en une journée, telle une longue balade dans un monde flottant, terriblement physique, mais aussi presque…

Lucie Taïeb, écrire le désir, et la distance

depuis Distance, de la poétesse Lucie Taïeb, peut être abordé à partir de ses cinq titres de chapitres, ou parties d’un même recueil, ou amorces de pellicule verbale, qui sont des déclencheurs d’imaginaire, et déjà tout un programme : « le comptable prend le pot de fleurs en photo », « passer l’été », « nous sommes descendus, sommes nés, », « je…

Du sublime dans la violence du monde, par Didier Ben Loulou, photographe

Passé relativement inaperçu, Chroniques de Jérusalem et d’ailleurs (Arnaud Bizalion Editeur), de Didier Ben Loulou est un livre pourtant superbe, où un photographe a rarement aussi bien exprimé, sous la forme d’un journal mené très librement de 2010 à 2016, ses interrogations profondes, entre passion du visible, recherche de présence, méditations sur la mystique juive,…

Le chant du sabre et la gueule du dragon, par Bruno Carbonnet, conteur

Les éditions Hippocampe (Lyon) sont une véritable mine d’or, publiant très élégamment des livres de grande qualité. Dernière découverte en date, après Miscellanées casanoviennes de Jean-Claude Hauc (chroniqué ici-même), Cloaque de Bruno Carbonnet, livre consacré à l’affaire du naufrage du ferry Sewol le 16 avril 2014 au large de l’île de Jindo, qui fut un…

La photographie, art psychopompe, par Cécile Menendez

C’est une œuvre de ciels et d’expérience intérieure, de noirceur et d’éclats de lumière, de solitude et de bel abandon. De petit format, tenant dans la main tel un livre de prières, Prémonition, de la photographe belge Cécile Menendez se présente sous une couverture rose épaisse pailletée de blanc. C’est un écrin pour filles. C’est…

La Méditerranée, espace photosensible, par Guillaume de Sardes, commissaire d’exposition

Guillaume de Sardes est écrivain (L’Eden la nuit), photographe (Retours à Beyrouth) et commissaire de l’édition actuelle du festival Photomed consacré à la photographie méditerranéenne, exposant dans différent lieux d’art de Marseille de nombreux auteurs, pour la plupart jeunes. J’ai souhaité l’interroger pour L’Intervalle sur les principes d’orientation du vaste cycle d’expositions qu’il a imaginé,…

De l’art de réveiller les morts, par Anita Gauran, artiste baroque

A l’occasion de l’exposition de ses travaux au musée de l’Ephèbe et de l’Archéologie sous-marine du Cap d’Agde, j’ai demandé à la photographe plasticienne Anita Gauran de commenter quelques-unes de ses images, tirées loin de là, à Rennes, à l’école Jacques Prévert, où l’artiste était en résidence à l’invitation du PHAKT – Centre Culturel Colombier….

Les paysages photographiques de Patrick Tourneboeuf, une poétique du vide

La dimension fortement plasticienne des images de Patrick Tourneboeuf n’entre pas en contradiction avec leur valeur documentaire. Bien au contraire, elles servent un projet où le vide et la banalité apparente sont abordés dans leur dimension ontologique. Prises à la chambre, ses photographies requièrent une forme de passivité participative, faisant de la contemplation un espace…