
©Alexandre Vigot
« Djengui apparaît la nuit, à l’appel des Bakas, au milieu des danses et des chants. Les danseurs ont alors la possibilité d’interroger les esprits de la forêt. Invité, je photographie les protagonistes de cette cérémonie. »
Maquetté avec beaucoup de soin par Manon Muller– couverture souple, impression de carnet de voyage, fragilité et puissance de l’impression en risographie -, Djengui, d’Alexandre Vigot, est un hymne à la forêt, à la fois comme lieu de légende, territoire sacré et espace de ressources.
Après Sous le masque sacré (Arnaud Bizalion Editeur, 2021), ce nouvel opus accompagné de textes très personnels, à la fois intimes et de réflexion, célèbre les liens entretenus par l’humain avec son espace naturel forestier.

©Alexandre Vigot
Nous sommes à la fois en Auvergne, où les souvenirs d’enfance de l’auteur sont nombreux, et dans la réserve du Dja, au Cameroun, dans le bassin du Congo, auprès du peuple Baka – ou pygmée – appelant l’esprit des bois nommé Djengui.
Réalisées au moyen format argentique, en noir et blanc, les images d’Alexandre Vigot sont de portée à la fois documentaire et poétique.
Il ne s’agit pas de regarder de façon extérieure la forêt, mais d’en ressentir le langage, et la profondeur de mystère.
Au cœur de la sylve, vivent des entités qu’il est possible de percevoir si nous abandonnons notre prétention de maîtrise et de rationalisme obtus.

©Alexandre Vigot
Le syncrétisme est de mise : s’ils ont rejoint le christianisme, les Bakas vénèrent encore leurs dieux tutélaires.
Les photographies bruissent de présence invisible, la forêt tropicale possède bien des secrets.
Une liane serpente autour du tronc d’un arbre, une vieille femme, détentrice de la tradition, a mis une herbe dans son nez, la forêt se fait plus sombre encore, les esprits aimant l’obscurité.
Les images elles-mêmes deviennent énigmatiques, on ne sait plus très bien où l’on est, ni ce qui se déroule, il faut se laisser basculer, transformer, saisir.

©Alexandre Vigot
« Je suis convaincu, précise le photographe, que les humains et les arbres constituent une communauté de destin et que notre futur reste aux côtés des forêts. »
En France, dans le Livradois – deuxième partie du livre -, des forestiers et défenseurs de la nature s’interrogent sur le lien entre les humains et les bois.
Des arbres parlent, mais qui les entend ?
Il faut beaucoup d’humilité, beaucoup d’écoute, beaucoup de silence intérieur.
Un livre en témoigne.

Alexandre Vigot, Djengui, texte d’ouverture Aurélia Morano, design Manon Muller, Arnaud Bizalion Editeur, 2024, 76 pages

https://www.arnaudbizalion.fr/accueil/206-djengui-alexandre-vigot.html
