L’Europe capitule, par Joseph Roth, écrivain juif de langue allemande

Les premières phrases glacent parce qu’elles sont définitives, écrites au cœur de la détresse et de l’abandon, publiées en 1933 à Paris dans les Cahiers juifs n°5/6 par l’écrivain juif de langue allemande Joseph Roth (1894-1939). « Peu d’observateurs dans le monde semblent se rendre compte de ce que signifient l’auto-da-fé des livres, l’expulsion des…

La beauté de l’invisible, par Adina Ionescu-Muscel, photographe

C’est le genre d’ouvrage qui m’enchante, un livre d’artiste très confidentiel, un geste pour rien, pour tout, une petite boule de feu invisible. Il s’agit de Getting the extra beating heart of my chest, d’Adina Ionescu-Muscel. Il est de format carré comme un 45 tours et s’effeuille comme on cligne des paupières, ou bat les…

L’appel à l’acte de l’écriture, par Patti Smith, voyageuse du multivers

« Une joie particulière accompagne la météo, clémente, une légèreté appréciable à laquelle je succombe facilement. J’entre dans l’église de Saint-Germain où des garçons sont en train de chanter. Une communion peut-être. Il y a dans l’air un enchantement solennel et j’éprouve le désir familier de recevoir le corps du Christ, mais je ne me joins…

Nothing is trivial, par Adrien Boyer, photographe

C’est un ensemble de riens qui sont des presque tout. Ce sont des pans de murs, des éléments d’architecture, des bouts de rue. C’est une photographie presque décevante, et pourtant elle est merveilleuse, car elle émane d’un sensualiste cherchant par la volupté des couleurs et des formes assemblées par le hasard un dépassement de l’antinomie…

Le Tibet à l’or fin, par Benjamin Deroche, photographe

Avec sa nouvelle série intitulée Les illuminations, présentée en exclusivité par la galerie Suisse Clair By Kahn, Benjamin Deroche étonne une nouvelle fois. Rendant hommage à l’exploratrice Alexandra David-Néel, première femme à avoir séjourné à Lhassa au Tibet en 1924, le photographe a choisi, à partir d’un fonds amateur de photographies de voyage d’un périple…

Kenneth White, un diable d’Ecossais cosmographe (1)

Ecossais installé en France depuis plusieurs décennies, Kenneth White est un diable d’homme à l’esprit encyclopédique, adepte d’un gai savoir plongeant ses racines dans le vaste espace caucasien et plus généralement dans l’ensemble des mondes premiers. Sa pensée est uniciste, archipellique, deleuzienne, glissantienne, ou plus simplement poétique s’il s’agit de dépasser par là les fausses…

Eric Dupont, galeriste d’art, et Wanderer enthousiaste

La vaste culture, quand on est galeriste, n’est pas une coquetterie, mais la substance même d’un travail de vision : être capable de voir ce qui ne se voit pas, ou pas encore. Le contemporain est  interpellé personnellement par les lumières tentant de percer les ténèbres que nous confondons avec le jour. Il est donc dans…

Le dialogue Jung-Pauli et sa signification pour la science moderne, par Bruno Traversi, chercheur, et quelques-uns de ses amis

Je l’ai déjà dit ICI et ICI mais je me plais à le répéter : le travail considérable qu’effectue le chercheur Bruno Traversi sur la nouvelle science pensant ensemble la microphysique et la spiritualité est dans sa nouveauté théorique sans autre exemple à ce jour. Docteur en philosophie, membre de la Société Française de Psychologie Analytique, et professeur d’aïkido,…

La réinvention du lieu, par Azimut, projet du collectif Tendance Floue (3)

Le paysage est loin de n’être que pure extériorité. Bien au contraire, il se pratique, se vit, s’expérimente, entre accueil et résistance, rejet et appel. Les dériveurs du collectif Tendance Floue l’ont bien compris, qui depuis Montreuil se relaient pour retrouver par les pieds un état de disponibilité à ce qui est, ou arrive. Le…

L’esprit de la nature, par le photographe Rajak Ohanian

Il y a, en quatrième de couverture du catalogue consacré au travail de Rajak Ohanian, c’est un signe, une citation tirée des Métamorphoses d’Ovide traduit par Marie Cosnay, interrogée il y a quelques semaines ici même sur sa monumentale entreprise. Nous sommes à l’âge de la Création : « Avant la mer et les terres et le…

L’aurore à chaque seconde, par Marie Mons, photographe

Naître maintenant, il suffit de le décider. Changer d’identité, il suffit de le décider. Le 26 janvier 2016, alors qu’elle est en Islande, dans le village de Seyðisfjörður situé dans un fjord, Marie Mons, artiste plasticienne invitée, décide de devenir Aurore Colbert, et d’entrer dans une fiction se développant à la lisière du fantastique, ce…