Durance, comme la peau, par Laurent Piquet, photographe

©Laurent Piquet

Voici un livre qui procure de la paix, ce dont nous avons, vous en conviendrez, considérablement besoin aujourd’hui.

Publié en grand format sur beau papier Munken, Durance, de Laurent Piquet, est un portrait de ce fleuve coulant sur 320 kilomètres des Alpes jusqu’au Rhône.

Il n’est pas simplement regardé comme une manifestation de la souveraine nature, contrariée par les marques anthropiques, mais comme un beau personnage jouant sa partition avec majesté.  

La plus importante rivière de Provence a souvent été considérée comme indocile, il a fallu aménager ses berges, la dompter.

©Laurent Piquet

Mais on ne maîtrise pas totalement le temps qui coule, la merveille des transparences aquatiques, la forme et le roulement des galets.

Laurent Piquet regarde la Durance comme un être de fécondité, ou une source de jouvence.

C’est le cadre idéal pour quelque églogue contemporaine.

Des berges comme des rives accessibles aux naufragés, une impression de Méditerranée dans l’arrière-pays, un dialogue permanent entre l’eau, la végétation et le ciel.

©Laurent Piquet

Impression d’écouter un chant murmuré pouvant devenir tonitruant.

Laurent Piquet est très attentif aux couleurs, à leur harmonie, à leurs échanges, et à la façon dont les méandres fluviaux dessinent le territoire d’une Arcadie.

Des bâtiments religieux ont été construits non loin de son cours, il y a ici quelque chose de l’ordre du sacré.

Le sacré ? Une façon de laisser respirer chaque chose en son être profond.

Une façon de respecter la présence supérieure en chaque élément du vivant.

©Laurent Piquet

Une attention.

Une juste distance.

Une manière de ne rien brusquer.

Le regardeur ne se hâte pas, il observe, à partir de son sujet, le plein déploiement d’une personnalité.

Dans le tumulte général, Laurent Piquet crée un ilôt de repos.

On peut dire qu’il robinsonne, mais avec méthode, accueillant calmement ce qui vient, cherchant constamment le meilleur point de vue.

Est-on sur la lune ou dans quelque vallée déserte ?

Dans une oasis ?

©Laurent Piquet

Les lumières sont merveilleuses, elles disent la continuation et le renouvellement du monde.

Des gens se baignent, d’autres pêchent, mais l’humain n’est pas indispensable.

Durance est un rêve, mais c’est la réalité.

D’un livre, d’une matière, d’une personne possédant un langage à peu près inconnu.  

Laurent Piquet, Durance, texte en postface Adolphe Joanne, direction éditoriale Arnaud Bizalion, assisté de Linda Garcia d’Ornano, Arnaud Bizalion Editeur, 2025, 96 pages

https://arnaudbizalion.fr/fr/accueil/222-durance-laurent-piquet.html

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. L’eau nous berce. » G. Bachelard, «  L’eau et les rêves »

    Sa musique, ses couleurs, sa danse.

    Merci au photographe et aux deux Poétes qui la chantent.
    Feu sacré !

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