Stock-car, punk sans le savoir, par Ben Capponi, photographe

©Ben Capponi

Philosopher avec la boite à outils, avec le carburateur, avec la carrosserie défoncée.

Montrer Sludge, de Ben Capponi, en classe de terminale, projeter les images, et faire réfléchir les élèves sur la puissance, la grâce et l’énergie de la culture punk.

Mais, au fait, peut-on affirmer que les amateurs de stock-car ont l’esprit punk ?

Je demande à ChatGPT.

Réponse : « Les amateurs de stock-car n’ont pas automatiquement l’esprit punk, mais l’esthétique, l’énergie et l’esprit DIY rapprochent étonnamment ces deux cultures. On pourrait dire que le stock-car est punk sans le savoir. »

©Ben Capponi

Dans une série immersive publiée en risographie noir & blanc, et petit tirage, le photographe grenoblois plonge son spectateur dans la boue et la fureur de ces compétitions populaires ayant généralement lieu en milieu rural.

Pas de texte, pas de contextualisation, du direct, du vrai, des carlingues déglinguées.

Du brut, des défis, des bruits de moteurs.

De la casse, du chaos, de la survie.

On bricole, on s’affronte, on partage des bières.

©Ben Capponi

Casques pétés.

ChatGPT m’interrompt en me proposant de m’écrire un manifeste du stock-car punk, j’acquiesce.

Voilà.

« Nous roulons là où les routes s’arrêtent. Nous choisissons le vacarme plutôt que le silence, la tôle froissée plutôt que la perfection. Nos voitures ne sont pas lisses : elles portent nos cicatrices, nos bricolages, nos coups de clé de 12. Elles ne sont pas faites pour être admirées. Elles sont faites pour s’affronter.

Nous rejetons le chrome inutile, les règles trop propres et les vitrines de concessionnaires. Notre essence, c’est la sueur, la poussière et l’odeur de carburant tiède. Le stock-car n’est pas un spectacle : c’est un acte de résistance mécanique.

Nous sommes punks parce que nous refusons de conduire droit. Parce que nous refusons d’être polis. Parce que nous faisons du chaos un sport et de la débrouille une fierté.

Ici, pas de héros. Pas de vedettes. Juste des machines cabossées, des humains entêtés, et la conviction que l’impact vaut mieux que l’apparat.

Nous roulons pour casser ce qui doit l’être. Nous réparons ce qui peut repartir. Et nous avançons toujours – même de travers.

Ceci est notre piste.

Ceci est notre bruit.

Ceci est notre liberté. »

Alors, qu’en pensez-vous ?

Est-ce l’intelligence artificielle ? ou est-ce moi ?

©Ben Capponi

Je ne résiste pas, je pose une dernière question : « Le photographe Ben Capponi est-il punk ? »

Cette fois, la bestiole ne répond pas tout de suite, elle hésite, elle cherche ses mots, elle mouline.

Le texte est long, je vais directement à la conclusion – Ben, tu me diras stp ce que tu en penses.

« En définitive, Ben Capponi est punk, mais autrement. Pas par l’apparence ni par le slogan, mais par la fidélité à une attitude : créer en liberté, refuser les normes, préférer la trace à la perfection, et faire du simple un territoire d’expérimentation. Son punk n’est pas un cri : c’est une braise, une persistance, un entêtement créatif. »

Ok, j’ai compris, j’arrête bientôt L’Intervalle.

Adieu, les amis, j’ai beaucoup aimé être votre serviteur, mais là, franchement…

Ben Capponi, Sludge, Editions Emulsion, 2025 – 100 exemplaires numérotés

©Ben Capponi

https://www.bencapponiphoto.com/

https://www.lestudiospiral.com/boutique

Sludge est le premier volume de la collection GRRRiZine #01

©Ben Capponi

https://www.emulsion-photo.com/edition

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Avatar de girouardmichele girouardmichele dit :

    « Ok, j’ai compris, j’arrête bientôt L’Intervalle.

    Adieu, les amis, j’ai beaucoup aimé être votre serviteur, mais là, franchement… »

    non mais quelle blague !!!

    Pardon pour cette familiarité mais j’aurai tellement de mal à me passer de votre blog que la formule m’a échappée … merci pour toutes ces découvertes … merci

    michèle

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