
©Kozo Miyoshi
De la grâce, de la légèreté mêlée de gravité, une douce solennité.
Tel est l’ouvrage aux images de puissante délicatesse de Kozo Miyoshi que publie Cairo Apartment, maison d’édition ayant une double fondation, à La Haye et à Tokyo.
Composé de photographies au format carré – issues d’un appareil très grand format 16×20 pouces -, A long interview with Kozo Miyoshi est un portrait de l’enfance en son regard interrogatif.

©Kozo Miyoshi
L’enfance est un âge de la vie, mais c’est aussi un état d’esprit, dont témoigne un artiste né en 1947 n’ayant rien perdu de sa capacité à contempler le monde à la fois comme une énigme et un émerveillement permanent.
Il ne faut pas peser sur les choses, mais les frôler, les observer à la bonne distance, ne jamais les écraser.
Surtout pas d’ego, mais de la respiration, du silence sans effroi, une suspension du jugement accompagnée de pointes d’humour.

©Kozo Miyoshi
Kozo Miyoshi photographie des scènes ténues, un peu étranges, se situant à la frontière du rêve et de la réalité.
On ne sait pas vraiment ce que font ses personnages, ni ce qu’ils se pourraient se dire.
Un couple est penché depuis une balustrade donnant sur une rivière ou un lac, madame portant une tenue traditionnelle : que contemple-t-il ?

©Kozo Miyoshi
Poissons un peu trop nombreux dans un aquarium, couples dans des canoés formant sur l’onde une danse assez anarchique, des chiffres sont tombés dans un édifice en ruine, comme les pièces d’un jeu dont nous ne possédons pas la règle.
Il y a des incongruités, des petits décalages de sens, un glissement général qui touche.
Bizarrerie et drôlerie des formes, queue de tire-bouchon des cochons, spirale des interprétations.
Tirées en de subtiles nuances de gris, les images de A long interview with Kozo Miyoshi procurent une joie paisible.

©Kozo Miyoshi
Les ombres ne sont pas menaçantes, ce sont des manteaux de lumière noire s’avançant ou se retirant en fonction des heures de la journée.
Chutes d’eau, élévation d’une feuille de palmier, enfants masqués, ou grimés.
Chaque photographie donne la sensation d’une attente, mais qui n’est pas de l’ordre d’un désir précis, comme si tout flottait.
Autonomie et interdépendance.

©Kozo Miyoshi
Un ordre supérieur lie les êtres, les paysages et les formes.
Kozo Miyoshi est un enfant dont la curiosité, en soixante ans de carrière, semble ne s’être jamais émoussée.

Kozo Miyoshi, A long interview with Kozo Miyoshi, edited and designed by Seiko Morikawa, Cairo Apartment, 2025, 64 pages – 500 copies

©Kozo Miyoshi