Le fa presto de Mathurin Méheut, peintre breton

Fut un temps où l’existence d’un monde commun n’était pas une pensée saugrenue. Un monde donné par les métiers, les traditions, les paysages, la présence animale évidente, non par le démon du lucre dévorant chaque fragment de réalité, jusqu’à faire imploser les êtres. Loin de cette logique féroce devenue la substance de nos interactions, il…

Yūzen, l’art de la peinture sur kimono selon Kunihiko Moriguchi

« Je voulais que ma sensibilité japonaise explose dans le monde entier comme une bombe. » Trésor national vivant depuis 2007, comme son père avant lui peintre de kimonos, Kunihiko Moriguchi est un homme que je fréquente depuis plusieurs jours grâce à Marc Petitjean, dont le livre L’ami japonais, publié par Anne Bourguignon chez Arléa, narre le destin….

Théâtre, mer de ténèbres, par Claude Régy, auteur-metteur en scène

« Je me suis aperçu que le silence n’était pas muet. Que le silence, comme le dit Meschonnic, n’est pas un arrêt du langage mais que c’est, en fait, une catégorie du langage. C’est-à-dire qu’il y a une qualité d’expression qui ne peut s’atteindre que dans le silence et par le silence. » Claude Régy a créé…

Japon, prière de se déchausser, par Elena Janvier et Gérard Macé, écrivains

« Au repos, les ciseaux japonais sont ouverts. » Qui connaît les délices et les difficultés des rencontres franco-japonaises, qu’elles prennent la forme de l’amitié, de la relation amoureuse éphémère ou de l’union conjugale, trouvera dans le livre d’Elena Janvier, Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime (Arléa, 2012), nombre de clés et réflexions…

Le kaki de nagori, le goût des saisons, par Ryoko Sekiguchi, écrivain

« Mademoiselle, je suis beaucoup plus âgé que vous, et je ne sais si je pourrai encore goûter ce légume l’année prochaine. » Le goût de Nagori est celui de la saison qui s’enfuit, emmenant avec elle toute une palette de légumes, fruits, saveurs, couleurs et odeurs. C’est un départ annuel, un voyage à regret,…

Les régions du monde de l’esprit, par Eric Dessert, photographe

Il y a en histoire de l’art des anomalies, des oublis, des dénis, des présences fantômes la rendant passionnante pour les chercheurs d’or et de confins. Il y a des noms qui s’imposent, et qui pourtant s’amenuisent de ne pas trouver de relais critiques ou institutionnels à leur hauteur. J’ai déjà évoqué ici l’œuvre de…

Sensations d’Ozu, par Marc Pautrel, écrivain

« Ozu tangue bizarrement. » Ozu n’est pas un ouvrage érudit analysant jusqu’à l’os une des plus belles filmographies japonaises, c’est le portrait d’un homme n’ayant cessé de traverser la mort. Composé de vingt-trois tableaux, Ozu est un livre généreux, amical, empathique, ne craignant ni l’ellipse, ni le manquement à l’effort d’exhaustivité, que recherchent la…

De nouveaux rivages, par les éditions photographiques Light Motiv

Nouvelle collection photographique au sein des éditions Light Motiv, née en novembre 2019, RECIF est dédié aux êtres migrateurs, à leurs histoires singulières, à leurs espérances, à leurs parcours heurtés. Ayant vocation à questionner notre devoir d’hospitalité, RECIF propose des travaux imprimés en grand format sur papier journal, interrogeant ainsi la notion d’actualité, d’événement, de…

Cent fois le Mont Fuji, par Hokusai, vieux fou de dessin

Entre 1834 et 1840 sont gravés par Egawa Tomekichi, à partir de dessins composés par Hokusai, les trois volumes du Fugaku Hyakkei – les Cents Vues du Mont Fuji -, œuvre considérée comme le testament artistique du « vieux fou de dessin ». Le Mont Fuji est bien plus qu’une forme à l’horizon, c’est un…

Tokyo, entre effroi et extase, par Meg Hewitt, photographe

Si Daido Moriyama avait une fille, ce serait certainement l’Australienne Meg Hewitt, auteure d’un Tokyo is yours, aussi dingue et terrible qu’un chat écartelé. On est ici du côté de Provoke et de la culture underground, du sublime jusque dans le sale, le bas, le trivial d’un escalator menant probablement au jardin des délices en…

Kyoto, une hétérotopie, par Colette Fellous, écrivain

« Ce nouveau monde, je l’appellerai Kyoto song. C’est lui que j’aimerais écrire. Il a la forme d’un voyage qui contiendrait tous les voyages : un désir, une brûlure, un élan souverain, une quête, une danse. Un voyage qui prendrait le vrac des choses, des temps, des sensations et des êtres, leur forme, leur respiration….