Une poétique de l’accident, par Gaël Bonnefon, photographe

Il y a chez la photographe Gaël Bonnefon une audace expérimentatrice mise au service d’une vision marquée par la chute, le tragique et les éblouissements du monde, comme une volupté du temps envisagé comme matière première. La réalité se présente chez lui comme une suite incessante d’effacements et de métamorphoses, faisant se lever un doute…

Love story, une rencontre japonaise, par Frédéric Boilet, mangaka

L’histoire est universelle, immédiatement séduisante : la rencontre érotique entre un étranger, auteur français de bandes dessinées (mangaka), et une belle Japonaise assez rêveuse. Publié une première fois en 2001, L’épinard de Yukiko, réédité aujourd’hui dans une version intégrale (avec des sous-titres japonais), est un livre dont le charme est intact. Tokyo la nuit, des…

Fragiles et tourmentés, une poétique des bouts de papier, par Hanns Zischler

Publié dans la collection Opus incertum créée en 2016 avec Jean-Christophe Bailly, le deuxième livre d’Hanns Zischler aux éditions Macula, après Berlin est trop grand pour Berlin, met en regard croquis manuscrits indiquant des itinéraires, des informations dessinées, et textes sous formes de récits, de fragments de mémoire les accompagnant. Loin de l’entreprise d’effacement des…

L’art comme espace de métamorphoses, par Margot Wallard, photographe

Natten, de Margot Wallard, est un livre de deuil et de renaissance, mais c’est aussi un ouvrage rendant hommage à la beauté profonde du Varmland, en Suède. Dans la nuit, l’artiste a trouvé un chemin de beauté. Immergeant son corps nu dans une nature sereine, glaciale, souveraine, Margot Wallard est parvenue à trouver la sérénité…

La force du fragile, par Kate Barry, photographe

Le travail photographique de Kate Barry, artiste d’une grande délicatesse décédée en 2013, s’est déployé dans deux directions principales, moins antagonistes que dialogiques : des portraits de célébrités et des paysages de peu, issus de l’infra-ordinaire. Des fissures dans le sol, des herbes folles, des traces infimes, des organisations formelles inattendues nées du hasard de la…

D’une Belgique carnavalesque et mélancolique, par le photographe Harry Gruyaert

Roots est un des best-sellers du photographe belge cosmopolite (Maroc, Inde, Japon…) Harry Gruyaert, publié une première fois en 2012, vite épuisé, et réédité aujourd’hui par Xavier Barral accompagné de vingt-et-une images inédites. Roots est un blues belge, soit un voyage, du noir & blanc à la couleur, aux sources d’une mélancolie teintée d’un humour…

Le tremblement en photographie, une morale, par Caroline Bénichou, auteure, commissaire d’exposition

En conversant avec Caroline Bénichou, j’ai souhaité revenir sur un événement majeur actuellement en cours au Musée du Botanique de Bruxelles, l’exposition Eyes Wild Open (catalogue éponyme chez André Frère), montée par Marie Sordat. Consacrée à l’histoire de « la photographie qui tremble », cette exposition révèle que, loin de n’être qu’une révolte contre les pères (Cartier-Bresson…

Le dialogue Jung-Pauli et sa signification pour la science moderne, par Bruno Traversi, chercheur, et quelques-uns de ses amis

Je l’ai déjà dit ICI et ICI mais je me plais à le répéter : le travail considérable qu’effectue le chercheur Bruno Traversi sur la nouvelle science pensant ensemble la microphysique et la spiritualité est dans sa nouveauté théorique sans autre exemple à ce jour. Docteur en philosophie, membre de la Société Française de Psychologie Analytique, et professeur d’aïkido,…

Japon, ou le glissement de l’archipel, par Lola Reboud, photographe

Avec son livre, Les Climats II (Japon), publié aux éditions Poursuite (2017), Lola Reboud construit un véritable objet de méditation. La couverture d’une grande sobriété offre un astre argenté sur un fond gris-noir uni, une pupille céleste, l’objectif d’un microscope, oculus structurant l’ensemble de l’ouvrage. En seize images , seize propositions pouvant conduire au satori,…

Pierre-Yves Freund n’existe pas, par Pierre-Yves Freund, plasticien

L’œuvre de Pierre-Yves Freund s’apparente à une méditation sur le très peu et le lien forme/pensée/forme. Son travail interroge plus qu’il n’affirme. Ses prélèvements de matériaux dans la nature ou la ville, lors de ses marches, sont des suspensions de temps destinées, dans un espace géographique donné, lors d’une exposition, ou dans le secret d’une…