
©Pierfrancesco Celada
Publié par Muddyisland, maison d’édition indépendante installée sur l’île de Murano, dans la lagune de Venise, Counting Ships, de Pierfrancesco Celada – dont j’ai présenté récemment When I feel down, I take a train to the Happy Valley – a la poésie des gestes purs.
Il s’agit d’un Leporello de petite dimension composé de trente-cinq images en couleur.
Il forme, déplié en son recto, un gigantesque cargo, montagne de fer remplie de containers évoquant l’intense trafic maritime mondial.

©Pierfrancesco Celada
En son verso, depuis le hublot d’un ferry, défilent des scènes témoignant d’un trajet, depuis le départ d’un port imposant, moderne, asiatique peut-être.
Le cadre de vision fait penser à des vedute miniatures, la vitre du hublot est un peu sale, l’image est quelquefois troublée, lui conférant une tonalité à la Constable ou Turner.

©Pierfrancesco Celada
Pierfrancesco Celada nous voyage, la forme cinétique de son ouvrage donnant la sensation de naviguer avec lui.
On voit un îlot, une route maritime densément peuplée, des nuages, d’autres ferries, le haut des sièges de la cabine où est situé le photographe.
Counting Ships est très concret dans ce qu’il montre, mais il a pourtant une consistance onirique.

©Pierfrancesco Celada
Comme un rêve éveillé.
Une bouée de navigation tribord, des halos de lumière, le soleil couchant.
D’un côté un bloc d’images montrant la circulation intense des marchandises mondialisées, de l’autre, un espace de méditation, de la grâce, du mystère.
Un retrait.

©Pierfrancesco Celada
Counting Ships arrive de nulle part, ou presque, et s’en ira en quelques poignées d’exemplaires où le mèneront les vents de la passion des amateurs.
Etre en contact ainsi d’objets artistiques de haute sensibilité est un foyer de joie.

Pierfrancesco Celada, Counting Ships, image toning Melissa Pallini, Muddyisland (île de Murano, Italie), 2026, 36 pages
https://muddyisland.bigcartel.com/product/counting-ships