
Nahalie ©Anton Delsol
« Soyez bienveillants et attentifs à ce que vous offrent ces femmes : une énergie rare, violente et sincère, de la douceur et de l’inquiétude, de la certitude et de la force nées d’années de luttes, de questionnements, de renoncements parfois, de courage et de doutes souvent. » (Anton Delsol)
Chez Anton Delsol, le corps est un cri, est une blessure, est une puissance, est une signature, est une libération.
Il cherche l’extase par le sexe, une échappée par l’exhibition, une façon de se quitter en se montrant, assez souvent crûment.

Stéphanie ©Anton Delsol
Son dernier opus, Sexpowerment, Censure et Résilience, est un portrait des femmes – et d’un homme – ayant accepté de poser pour lui dans des moments de partage intimement troublants, intenses, émouvants.
Leur liberté est évidente, protégée quelquefois par la pudeur du noir.
On est loin ici des représentations habituelles du corps façonné par la logique publicitaire, mais dans un jeu permanent avec les codes de l’érotisme, puisque nous sommes né.e.s troué.e.s et que la société aime s’engouffrer en nous par nos failles, nos fentes, nos béances.

Stéphanie ©Anton Delsol
Nous sommes des marionnettes, ventriloquées, soufflées, agitées par des passions qui ne nous appartiennent pas toujours.
L’enjeu est de reprendre possession de soi.
Stéphanie, qui s’était éloignée de son corps, s’exprime ainsi : « Ici, je me confronte à mes limites, les repoussant pour mieux me connaître, me sentir vivante et embrasser un espace de liberté dont j’ai pris les rênes, enfin. Grâce à l’œil d’Anton j’ai fini par tolérer ce corps imparfait, et entrevoir ce que, peut-être, les autres perçoivent de moi : le beau, le fragile, le sensible ou le brutal, l’animal, le bancal… sans fard. »
Dos tatoué jusqu’aux fesses, bas résille, talons aiguilles rouges.
Seins pressés, main entre les cuisses, pleurs de jouissance.

Nathalie ©Anton Delsol
Lilith, qui est la rencontre de la pierre et de la chair, semble surgie de la nuit, telle une divinité chtonienne : « Mon rapport au miroir reste difficile, mais je ne nie plus ma beauté unique et indomptée. »
Gladys expose son corps blessé, ses larmes, sa violence, sa beauté fouettée, mors aux dents.
Aurélia est une esclave émancipée, bandeau sur les yeux, menottes, bijoux caressant sa poitrine. Son visage, regardé de très près, n’est pas toujours le même.
Maloya, naturiste depuis son adolescence, confie : « La photo me permet d’exprimer des thèmes qui me tiennent à cœur, donner à voir mais aussi à réfléchir sur la place de la femme dans ce monde patriarcal, sur la puissance de celle-ci, avec ses faiblesses e ses peurs qui en font sa force résiliente. »

Claudia ©Anton Delsol
Antol Delsol la photographie visage caché par son ample chevelure brune, ou cagoulée, soulignant par le flou et la technique du tremblé un corps aussi incarné que paraissant parfois fantomatique.
Les métaphores florales vont bien à Claudia, dont la sensualité est aussi humainement douce qu’animale. Elle rit, s’amuse, s’enchante de son pouvoir.
Nathalie, rencontrée dans un intérieur noble et vétuste, assume désormais d’être un objet de désir. Est écrit sur son torse et son ventre en lettres capitales : « BAISE MON AME »
Bella accepte de montrer ses cicatrices et de laisser libre cours à ses fantasmes.

Noémie ©Anton Delsol
Charlotte, dont la présence rappelle la Fornarina de Raphaël, déclare : « Laisser vivre mon corps, mes désirs, mes envies, le montrer tel qu’il est, parfaitement imparfait, le sexualiser quand je veux, si je veux, en mes propres termes, provoquer avec toute la vulnérabilité que cela peut engendrer. »
Carine est très à l’aise de poser nue, dans un bois, dans une grotte, dans une cavité secrète : « J’ai été surprise, avoue-t-elle, par la béatitude que cela m’a apporté. »
« Je pose pour ETRE », déclare Noémie, dont le corps blessé, réparé, est un parchemin en appelant au féminin sacré.

Morgane ©Anton Delsol
Morgane ne demande pas pardon pour son désir, mais dévore la vie, l’espace, la nuit, bouche ouverte, carnassière ou rieuse, ongles féroces.
Sasha montre sa mélancolie : « Quel paradoxe pour une adepte de l’art de vivre BDSM ! »
Harnachements, attachements, soumission révolution émotion.
Elektra laisse couler ses larmes, sa chair frémit, parcourant, presque nue, l’obscurité des villes endormies.
Enfin voici Morgann, seul homme du corpus, ferme et fragile, étendu, peau parsemée de grains de terre, griffé, griffant.

Charlotte ©Anton Delsol
Anton Delsol ne cherche pas la joliesse, mais la vérité, mais la libération, mais la communication par-delà le bien et le mal, le beau et le laid.
Pas de dichotomie, mais de l’unité, dans le désir, la chair exposée, l’audace permise à deux.

©Anton Delsol
Anton Delsol, Sexpowerment, Censure et Résilience, autopublication, 2026 – 150 exemplaires numérotés

Sasha ©Anton Delsol
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Bella ©Anton Delsol
courriel : antondelsol@yahoo.com