Apparaître, par Gabriele Kuhlewind, photographe

©Gabriele Kuhlewind

Avec son nouveau projet autopublié à un très petit nombre d’exemplaires, Vom Verschwinden, la Berlinoise Gabriele Kuhlewind se questionne sur la notion de disparition et de survivance.

D’un grand-père dont elle reprend quelques-unes de ses images réalisées avec son petit Minox.

De la nature rongée par l’humain.

Des édifices humains attaqués par la nature.

De la persistance et de la dégradation d’un environnement végétal et rocheux marqué par des signes civilisationnels, ou anthropiques.

©Gabriele Kuhlewind

Se présentant sous couverture de papier calque, Vom Verschwinden est un livre très blanc, très silencieux, de nature méditative et poétique.

Il faut laisser le sens flotter, ne rien bousculer, prendre le temps.

Les aïeux ne sont plus, l’eau étreint la pierre jusqu’à la fissurer, il fait nuit sur un océan intérieur de mélancolie. 

Gabrielle Kuhlewind ne craint pas le vide, ni les assemblages étonnants accueillis dans son cadre de vision : la verticale d’un montant de bâche, un plastique froissé, une pièce d’habitation abandonnée.

©Gabriele Kuhlewind

Il faut regarder avec et au-delà des apparences un ordonnancement relevant de l’organique du vivant, jusque dans les artefacts humains : des gouttelettes, une drôle de forme ressemblant à une mitochondrie, la rencontre d’une terre caillouteuse et d’une sorte de gazon synthétique.

On ne sait pas toujours ce que l’on voit, mais l’on perçoit qu’il y a un sens, une direction, une nécessité d’alliage, d’alliance.

Du fer, de l’humus, de l’humain, de l’eau.

Où descend cet escalier ?

Que contemple cet homme apparaissant de dos ?

©Gabriele Kuhlewind

Et cette dentelle bizarre ressemblant à de la mousse ?

Que veut nous dire ce sac de jute effondré ?

Tiens, on dirait la découpe du sanctuaire de Montserrat.   

Gabriele Kuhlewind pratique une photographie interrogative s’approchant du sacré.

Pas de grandiloquence, mais les signes abstraits d’une quotidienneté témoignant d’une réalité supérieure.

©Gabriele Kuhlewind

Des bouches d’ombre, des ouvertures, du noir profond.

Vom Verschwinden est un objet à la fois fragile et puissant,

Ses paysages taciturnes sont en attente.

Une langue fondamentale cherche à s’exprimer en chaque image, celle qui s’ajuste au miracle des apparitions.

Gabriele Kuhlewind, Vom Verschwinden, autopublication, 2025 – 24 exemplaires numérotés

©Gabriele Kuhlewind

https://www.instagram.com/gabrielekuhlewind/?hl=fr

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