Jardin, vie secrète, par Christophe Calais, photographe

©Christophe Calais

Se présentant sous coffret, les deux volumes de Christophe Calais fonctionnant en diptyque, A la fin des hivers et Reviennent les printemps, possèdent une couverture cartonnée entoilée graphiquement superbe, de couleurs verte et bordeaux montrant des branchages comme dans un jeu d’ombres chinoises.

Les titres sont embossés, l’élégance règne.

Publié à un petit nombre d’exemplaires, ce travail de regard sur la nature et ses métamorphoses est de toute évidence pour l’artiste se plaçant dans la position de contemplateur de l’ordre d’une nécessité intérieure.

Nous sommes dans un jardin situé à l’orée du Vexin entre 2012 et 2025, territoire/laboratoire des impressionnistes.

Pour le premier volume, le Leica M9 et l’iPhone ont été utilisés, tandis que le second est composé de Polaroïds.

©Christophe Calais

« La découverte des Polaroïds du cinéaste russe Andrei Tarkovski et du chef opérateur Robby Müller, précise en préface Nathan Réra, maître de conférences en Histoire de l’art contemporain, pousse Christophe Calais à dénicher un vieux modèle SX70, semblable à celui que l’on voit dans Alice dans les villes (1974) de Wim Wenders. »

La simplicité de ces deux livres touche au vif, d’autant plus lorsque l’on sait que leur auteur s’était consacré auparavant, pendant deux décennies, à une enquête de photojournaliste sur les traces du génocide contre les Tutsis au Rwanda, travail donnant lieu à trois ouvrages : Le Cri des morts, le silence des vivants (BBK Edition, 1998), Rwanda, le pays hanté (Editions du Chêne, 2006), Un destin rwandais (Editions Neus, 2014).

A la fin des hivers et Reviennent les printemps peuvent ainsi être vus comme des exorcismes, des ouvrages de désenvoûtement.

©Christophe Calais

Ce sont des livres célébrant, modestement, sans effet lyrique particulier, les puissances de la vie.

Un jardin au fil des saisons, des jonchées de feuilles, une lumière basse, des rais de lumières, et des fleurs en nombre.

Passage d’un chat, passage du temps, vie intense et secrète.

Neige, feu, reverdie.

Souris et oiseaux défunts.

La vue se brouille, il ne faut pas tout dévoiler, laisser régner le mystère de ce qui est, voir avec le cœur plutôt qu’avec les yeux.

Les Polaroïds inventent des natures mortes en des teintes de mélancolie.

C’est encore le jardin de Christophe Calais, mais c’est autre chose, une matière onirique, des levées de brumes, des tapis volants de gélatine et de sels d’argent pour l’imaginaire.

©Christophe Calais

On est bien dans ce monde parallèle où se recentrer.

On a quitté le registre réaliste pour un domaine très beau, très étrange, proche du fantastique.

Christophe Calais, A la fin des hivers, texte Nathan Réra, design Bastien Forato, chromie Ludovic Caillère, fabrication Dorothée Xainte, 2026 – 150 exemplaires numérotés

Christophe Calais, Reviennent les printemps, design Bastien Forato, chromie Ludovic Caillère, fabrication Dorothée Xainte, 2026 – 150 exemplaires numérotés

https://www.cercledart.com/personne/christophe-calais/

Contacter l’auteur : ccalais2101@gmail.com

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