Jacques Lemarchand, critique, serviteur du théâtre, et grand amoureux

Sans la belle obstination d’amis, de critiques, d’éditeurs, de passeurs, certaines œuvres essentielles tomberaient rapidement dans l’oubli, ainsi, peut-être, celle de Jacques Lemarchand, dont les éditions Claire Paulhan publient le troisième tome du journal (1954-1960) de ses aventures littéraires et sensuelles. Lecteur chez Gallimard, ami de Boris Vian et d’Albert Camus qui le fit entrer…

Simone Weil, gaulliste, chrétienne, mystique

La parution de textes méconnus, inconnus, inédits de Simone Weil est toujours un événement. Le volume V, premier tome, de ses œuvres complètes, paru cet automne chez Gallimard, est une édition remarquable de ses Ecrits de New York et de Londres, rédigés entre 1942 et 1943, alors que s’élabore le maître livre, L’Enracinement (tome 2)….

Fidel Castro est si mignon, portraits d’enfants, par Olivier Suter, activiste culturel

C’est un livre qui enchante immédiatement. Le principe en est simple, mais nul n’y avait pensé auparavant : publier le portrait d’enfant de personnalités majeures des XIXe et XXe siècles, philosophes, musiciens, écrivains, politiciens, révolutionnaires, explorateurs, sportifs, cinéastes, en ne dévoilant pas immédiatement leur nom, inscrit au dos de la page suivante. Très bien édité…

Pouvoirs du corps féminin, par Helmut Newton, photographe

Les femmes du photographe allemand Helmut Newton (1920-2004) sont des guerrières, des déesses, des fantasmes en talons aiguilles. Le mouvement #MeToo les fait rire, elles ont depuis longtemps déjà réglé le problème avec les beaux ciseaux de leurs jambes immenses. Intimidantes et impériales, elles suscitent, seins conquérants et plaisir franc, le désir ou l’effroi. A…

Un certain goût de la vie, par La Fabrique de Méditerranée

« On ne fait pas mûrir les olives plus vite ! » Dans Eloge de la pensée de midi (Actes Sud, 2007), Thierry Fabre déploie cette image née de la pensée d’Albert Camus, « la pensée de midi ». Issue de la « gaieté fataliste » d’un Nietzsche à laquelle il faut associer la pugnacité…

Stratégies de la pénombre, Possession immédiate, volume IX

Avançant vers des horizons sans cesse mouvants, la revue Possession immédiate s’impose comme un espace de liberté devenu très rare aujourd’hui. Recherchant les pulsations de vie partout où celle-ci se présente, de préférence loin des humains suffrages devenus mortifères, la revue de John Jefferson Selve et de ses beaux amis lance pour son neuvième numéro…

L’appel à l’acte de l’écriture, par Patti Smith, voyageuse du multivers

« Une joie particulière accompagne la météo, clémente, une légèreté appréciable à laquelle je succombe facilement. J’entre dans l’église de Saint-Germain où des garçons sont en train de chanter. Une communion peut-être. Il y a dans l’air un enchantement solennel et j’éprouve le désir familier de recevoir le corps du Christ, mais je ne me joins…

Nothing is trivial, par Adrien Boyer, photographe

C’est un ensemble de riens qui sont des presque tout. Ce sont des pans de murs, des éléments d’architecture, des bouts de rue. C’est une photographie presque décevante, et pourtant elle est merveilleuse, car elle émane d’un sensualiste cherchant par la volupté des couleurs et des formes assemblées par le hasard un dépassement de l’antinomie…

Les noces de la réalité et du mystère, par Adrien Boyer, photographe

Ordonnateur de chaos, telle est la définition traditionnelle de l’artiste que pourrait incarner Adrien Boyer. A la façon d’un musicien, le photographe porté par la galerie Clémentine de la Féronnière (Paris) révèle, en assemblant de façon très subtile les différents éléments se trouvant dans son champ visuel, la structure autonome, quasi invisible, d’une réalité que…

Eric Dupont, galeriste d’art, et Wanderer enthousiaste

La vaste culture, quand on est galeriste, n’est pas une coquetterie, mais la substance même d’un travail de vision : être capable de voir ce qui ne se voit pas, ou pas encore. Le contemporain est  interpellé personnellement par les lumières tentant de percer les ténèbres que nous confondons avec le jour. Il est donc dans…