James Joyce, poète

Lorsqu’il poétise, à Dublin, Trieste ou Zurich, le grand James Joyce écrit bref, et élégiaque. Dieu est là, peut-être, dans le simple, parmi les bêtes, plus chaudes qu’âme d’homme irrémédiablement blessé, séparé. Il y a les élans d’amour, et la puissance du vent, « Ô mon enfant de bleu veinée ». « Sous les orties…

Japon, prière de se déchausser, par Elena Janvier et Gérard Macé, écrivains

« Au repos, les ciseaux japonais sont ouverts. » Qui connaît les délices et les difficultés des rencontres franco-japonaises, qu’elles prennent la forme de l’amitié, de la relation amoureuse éphémère ou de l’union conjugale, trouvera dans le livre d’Elena Janvier, Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime (Arléa, 2012), nombre de clés et réflexions…

Love Streams, une odyssée intime, par Nan Goldin, photographe

Avec les années, la dimension virgilienne de l’œuvre de Nan Goldin s’accroît, s’approfondit, s’intensifie. D’abord connue, célébrée, voire adulée pour sa vision sans fard de sa vie intime et des moments de complicité avec ses amis drag-queens, transsexuels, gays et toxicomanes de Boston, l’œuvre de l’artiste américaine, née en 1953 à Washington, apparaît aujourd’hui davantage…

Ferrare, chanson d’amour triste, par Jean-Pierre Ferrini, écrivain

« Dehors, les volets de l’immeuble voisin étaient fermés. La ville apparaissait comme une forteresse, close, rigoureusement quadrillée, derrière d’hermétiques remparts. » Un couple en crise, un voyage en dix-sept stations et deux parties, une ville aristocratique. Il faut relancer les dés. Nous sommes à Ferrare, cité secrète, non loin de Venise happant dans son vertige de…

Lettre à Samuel Beckett, par Yannick Haenel, écrivain

J’ai reçu de Yannick Haenel copie d’une lettre écrite pendant le confinement pour Samuel Beckett, texte lu un soir pour la radio-télévision belge. Il est inédit en français. Je vous le transmets, sans commentaire, comme on se passe le feu en silence, alors que gagnent les ténèbres. « Montreuil, le 1er mai 2020 Cher Samuel Beckett,…

Tu étais de nouveau dans le temps, par Frederika Amalia Finkelstein, écrivain

L’absence du sentiment poétique de l’existence correspond très largement pour moi à la définition de l’insupportable, auquel nous sommes quotidiennement confrontés, par ceux qui veulent diriger nos vies, ou s’en font les relais inconscients. Voilà pourquoi Frederika Amalia Finkelstein a carte blanche dans L’Intervalle. J’y accueille avec toujours autant de joie ses textes, rares et…

April in Bruxelles, by Joseph Charroy, fanzinator

Pendant ce temps-là, en Belgique, ça bosse encore. Ça compile, ça brasse, ça s’embrasse aussi, sûrement, au moins dans les coins, et ça fanzine à mort. Après le superbe Passer par le feu, de Sophie Fougy (Primitive Editions, mars 2020), présenté comme il se doit dans L’Intervalle, voici de Joseph Charroy himself, Avril. Après April…

Un amour au présent perpétuel, par Dominique Rolin et Philippe Sollers, écrivains

Voilà l’un des plus beaux amours du siècle, entre un homme et une femme, deux écrivains, deux sensibilités traversant le temps dans la complicité prouvée par le rire, dans la concentration, l’affection et le bruit neuf, dans l’approfondissement d’une expérience intérieure vécue à deux. Refus du non-être, tout pour l’être, confirmé par la marée bleue…

A sentimental journey, par René Groebli, photographe

Il ne faut manquer aucun des numéros de la revue Les Moments littéraires, concoctée par Gilbert Moreau, il y a toujours une merveille, une pépite, un trésor. Dans le numéro 43 intitulé Amiel & Co, consacré aux diaristes suisses, il y a quelques photographies sublimes, d’un auteur que je ne connaissais pas, René Groebli. Il…

De la fraternité, Albert Camus et Louis Guilloux, une correspondance

« Ce qui équilibre l’absurde, c’est la communauté des hommes en lutte contre lui. Et si nous choisissons de servir cette communauté, nous choisissons le dialogue jusqu’à l’absurde – contre toute politique du mensonge ou du silence. » (Albert Camus à Louis Guilloux – 5 janvier 1946) Dans l’atmosphère de meurtre et de petitesse morale…

De l’amour, des vices, et Dieu, par Sophie Bogarné, poétesse

« Vous arpentez, pieds nus, les rues parisiennes, / Murmurant vos promesses à des messieurs passants… / Je vous vois et je m’approche à peine. » Qui aura parcouru, lu, médité, l’ensemble des pages du beau et mystérieux Chambre 409, de la poétesse russe Sophie Bogarné, possédera la clé. La clé permettant d’accéder au royaume…