Douarnenez, prolétaire et armée, par Stéphane Lavoué, photographe

©Stéphane Lavoué J’ai dit à plusieurs reprises déjà tout le bien que je pense du travail photographique de Stéphane Lavoué sur les hommes, les mythes et les mythologies quotidiennes. Des grincheux lui reprochent quelquefois son systématisme dans l’art du portrait, les clairs-obscurs dramatisés, le regard informé par la peinture du Siècle d’or espagnol ou hollandais,…

Kenneth White façon comic strips, une poésie nomade

Après On ne peut vivre qu’à Paris (Editions Rivages, 2021), série de vignettes dessinées façon ligne claire, mettant en scène le philosophe Cioran pérégrinant à Paris tout en élaborant quelques méditations définitives, Patrice Reytier s’est emparé des phrases du poète et essayiste écossais vivant en France (Bretagne Nord) Kenneth White. Le principe est tripartite, comme…

Aux étoiles le poids de la terre, par Juliette Agnel, photographe

© Juliette Agnel 2020 – courtesy galerie Françoise Paviot Juliette Agnel est une photographe de la nuit, non par dégoût du jour, mais parce que les affaires sociales dont on s’occupe sous les effets du soleil ne sont qu’une mince portion de réalité. Il lui faut des astres, des mystères, des vertiges. Il lui faut…

Memento mori (une mélancolie interminable), par René Tanguy, photographe

© René Tanguy Que faisons-nous de nos morts ? Que faisons-nous des vivants ? Que faisons-nous de notre traversée du temps ? Que faisons-nous de notre incarnation ? Arrive un moment où le photographe ayant déjà beaucoup travaillé se penche sur ses archives, et découvre une nécropole. Il était l’ami, le passant, le journaliste, l’artiste, le voici désormais responsable…

L’arche du paysage, par Jean-Baptiste Camille Corot, peintre

Souvenir de la Bresle à Incheville, Jean-Baptiste Camille Corot « Les paysages de M. Corot, écrit en 1855 Maxime Du Camp, ne sont peut-être pas ceux que l’on voit, mais ils sont certainement ceux que l’on rêve. » Ah Corot (1796-1875), l’admirable paysagiste, l’obstination à peindre en plein air, puis dans l’atelier, alors que l’âge le contraint….

L’innocence des démones, par Matthieu Burlin, photographe

© Matthieu Burlin Le temps est venu de dialoguer avec les esprits, de leur demander conseil, de les prier de nous accorder leurs faveurs, de nous diriger dans le labyrinthe des jours. Matthieu Burlin a trouvé le chemin des grâces. Peuplé de muses, souvent nues, Le Chant des muets est une oraison profane, un chant…

Christian Poncet, la Chambre claire galerie, servir la photographie

J’ai découvert l’œuvre onirique et silencieuse de Christian Poncet chez Martine Chapin et Alain Eudot à La chambre claire Galerie, à Douarnenez. Paraît aujourd’hui aux éditions A la Pionnière une monographie consacrée à cet artiste à l’œil métaphysique laissant une grande place à l’imaginaire du regardeur. Pour célébrer cet auteur et les presque deux ans…

Des jours et des adieux, par Yvon Le Men, poète

Yvon Le Men et Alexis Gloaguen en VSP dans les Monts d’Arrée © Catherine Lecompte « quand les Chinois me croisent / certains me regardent plus longtemps que d’autres // peut-être regardent-ils un homme / que je ne connaîtrai qu’à la fin du voyage de mon voyage » On connaissait la Fiat Topolino de Nicolas Bouvier lancée…

Michel Le Bris en liberté, par Yvon Le Men, poète

Créateur du festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo (35), l’écrivain Michel Le Bris, décédé le 30 janvier 2021, à l’aube de ses 77 ans, était pour Yvon Le Men plus qu’un ami, un frère. L’ouvrage d’entretiens Fragments du royaume (La Passe du vent, 2000) que tous deux ont réalisé est une formidable entrée en matière pour…

New York, Années 1950, vivre est encore possible, par Jean Bizien, photographe

© Jean Bizien « ‘Fais tes valises, on part aux Etats-Unis’ : ainsi commença l’aventure pour le jeune pensionnaire de 13 ans que j’étais alors au collège Jules-Simon de Vannes. A ma grande surprise, mon père était venu m’y chercher un jour de 1946… J’ai d’abord assisté en cette période d’après-guerre à la vente aux enchères…

Un tombeau de cire, par Erwann Rougé, poète

« à la porte ici / un vol de corneille / un vent brûlant » Je suis souvent agacé par la poésie : trop de mots, trop de sentimentalité, trop d’absolu facile. Mon soupçon se lève vite, j’ai comme une impression de faux-monnayeur. Oui, mais pas avec Proëlla, de Erwann Rougé, que j’ouvre un matin de dimanche alors…