Chongqing, mélancolique et monstrueuse, par Cyrus Cornut, photographe

©Cyrus Cornut / Atelier EXB / Prix HSBC pour la Photographie, Paris, 2021 Colauréat avec Aassmaa Akhannouch du 26ème prix HSBC pour la photographie, Cyrus Cornut offre avec Chongqing une impressionnante réflexion en images sur la grande ville du sud-ouest de la Chine, sa présence, les formes du bâti et la façon dont elle rentre…

Du monde premier, par Jean-Baptiste Née, peintre

© Jean-Baptiste Née Il nous faut l’art, il nous faut la vie la spirituelle, il nous faut la chaleur du vivant. Tout le reste est foutaise, déperdition de force, involution, nécrose. Ce que l’on appelle le social, la société, est une tromperie, à la différence de l’amour, à la différence du monde nu. Jean-Baptiste Née…

Produire de l’imprévisible, par Edith Roux, photographe et vidéaste

Série Les Dépossédés ©Edith Roux Menant des projets au long cours, Edith Roux pense la photographie à l’intersection du champ social et de l’art comme puissance de mise en scène à la façon de la défamiliarisation brechtienne. Son travail questionne, généralement à partir des marges et des points de résistance, les conséquences souvent désastreuses de…

Au nom du père, par Yan Pei-Ming, peintre

L’homme le plus perspicace, père de l’artiste,1996, huile sur toile, 200 x 235 cm – Collectionparticulière, Belgique / Photographie : André Morin © Yan Pei-Ming, ADAGP, Paris, 2021 « Quarante ans de travail, ce n’est pas rien, mais je me considère comme un artiste en milieu de carrière. » Yan Pei-Ming, né en 1960, est de ces…

Chine, fantasme littéraire, par Jean-Michel Lou, écrivain

« Le lieu de mon écriture est ce vide que le chinois non su a creusé dans la langue française. Toutes mes phrases se dirigent vers le chinois muet, vers la Chine maternelle refusée. » Qu’est-ce que le fantasme Chine pour Jean-Michel Lou, né d’une mère chinoise ne lui ayant pas transmis sa langue, et…

Le futur immédiat, par Philippe Sollers, écrivain

Je pense souvent à cette phrase que m’a confiée un jour Catherine Millot : « Philippe Sollers est quelqu’un qui rend libre. » Lisant l’auteur des Folies françaises depuis mes quinze ans, ayant en outre découvert par la suite la plupart des numéros des revues Tel Quel et L’Infini, je ne peux que souscrire à un tel jugement,…

En Pandémie, par Barbara Stiegler, philosophe, et Philippe Forest, écrivain

« Le monde d’après, c’est un monde désinfecté mais pollué, c’est le monde d’avant mais en pire.  En plus hygiénique. En plus eugéniste. Exsangue. […] Une humanité saine, silencieuse, censurée d’émotions, centrée sur l’amnésie du leader. Son dogme. Ses insomnies (de guerrier). Elevée dans la haine de la dissonance. Et l’amour de la Javel. » (Alexandre Labruffe,…

Le passage des frontières, par Yvon Le Men, poète

« Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons le moyens » (Mahmoud Darwich) Après Une île en terre consacré au hameau et aux rêveries de son enfance (2015), puis en 2017 Le poids d’un nuage (les paysages bretons, les lectures, la peinture), Bruno Doucey a publié en 2018 le dernier volume de la trilogie…

Un amour au présent perpétuel, par Dominique Rolin et Philippe Sollers, écrivains

Voilà l’un des plus beaux amours du siècle, entre un homme et une femme, deux écrivains, deux sensibilités traversant le temps dans la complicité prouvée par le rire, dans la concentration, l’affection et le bruit neuf, dans l’approfondissement d’une expérience intérieure vécue à deux. Refus du non-être, tout pour l’être, confirmé par la marée bleue…

Strange things, spectacles du quotidien, par Jean-Luc Feixa, photographe

Nous avons parfois cette pratique à la fois ridicule et sublime, impudique et touchante, d’exhiber derrière la fenêtre de notre domicile, visible de la rue, un objet, une installation dérisoire, un souvenir mortuaire. Bien sûr, c’est généralement kitsch, d’un insupportable mauvais goût, et pourtant il y a ici de la parole de fond, un discours…

Les régions du monde de l’esprit, par Eric Dessert, photographe

Il y a en histoire de l’art des anomalies, des oublis, des dénis, des présences fantômes la rendant passionnante pour les chercheurs d’or et de confins. Il y a des noms qui s’imposent, et qui pourtant s’amenuisent de ne pas trouver de relais critiques ou institutionnels à leur hauteur. J’ai déjà évoqué ici l’œuvre de…