La Besogne des mots, Georges Bataille, Cahiers 4

« Bataille a fait de la devise du diable – Non serviam – celle de la littérature. » (Michel Surya) Elégant, intelligent, effervescent. Le numéro 4 des Cahiers Bataille, qui est un dictionnaire critique conçu en hommage à la revue Documents (1929-1930), est un outil de travail formidable pour comprendre et questionner un penseur et…

Rendre vivante la peinture, Pierre Bonnard au jour le jour

Pierre Bonnard se servait de ses agendas comme carnets de croquis, reprenant inlassablement les mêmes motifs, son épouse Marthe, les détails de son corps, son propre visage, leur chien. Il est possible aujourd’hui de les admirer dans une belle édition pensée conjointement par L’Atelier contemporain (Strasbourg), le Musée Bonnard (Le Cannet) et la Bibliothèque nationale…

Le frisson des choses qui s’enfuient, par Charlotte Mano, photographe

Avec la force de l’insoutenable légèreté de l’être, Charlotte Mano a photographié sa mère malade. Elle est nue, exposée, et pourtant d’une très grande pudeur. La complexité du rapport mère-fille devient dans Thank you Mum une bouleversante complicité de femmes se portant mutuellement attention. Il y a ici du soin et de l’audace, des protocoles…

La photographe, un premier roman de Diane Chateau Alaberdina

    La photographe est le premier roman étrange et beau de Diane Chateau Alaberdina. Comment se construit une identité lorsque l’on est une jeune exilée russe à Paris ? Comment accède-t-on à la source de son désir ? Qu’est-ce qu’un corps de chair ? Comment faire couple ? Quel pouvoir nous offre la maîtrise…

Des femmes, nuement, par Mylène Besson, peintre

Montrer le corps féminin dans sa diversité, sa multiplicité, est un bel enjeu. Dans une vaste fresque au fusain, Mylène Besson a représenté trente femmes nues qui rient, libres, fortes, pudiques, splendides. Si le projet est artistique, il est aussi éminemment politique, des femmes se dévêtant en réaffirmant, dans la fragilité de leur geste même,…

A Paradise in my room, par Saul Leiter, photographe

Chers amis morts trop tôt, cher enfant, cher grand-père, dépêchez-vous de ressusciter, un livre vient de paraître qui est un petit paradis, In my Room, de Saul Leiter. Pendant plus de vingt ans, l’artiste américain a photographié dans ses studios new-yorkais de l’East et du West Village ses compagnes, ses amantes, ses amies. Ces femmes…

Transe Erotique Régionale, par Anton Delsol, photographe

Pour célébrer la nouvelle année, j’ai proposé au photographe Anton Delsol de diffuser quelques images de sa série TER, aimant beaucoup les voyages en train, et les rêves secrets qu’ils inspirent. Avec cette Transe Erotique Régionale inattendue, le service public ferroviaire français – dont chacun comprendra la nécessité de le défendre ardemment – n’a jamais…

Fleurs du mal en talons aiguilles, par Gilles Berquet, photographe

C’est un livre autour duquel je tourne depuis plusieurs semaines, tant je sais qu’il va me plaire. Recouvert d’une pile d’autres ouvrages, je suis certain qu’il les aimante, les faisant frémir en secret. Il fera peut-être hurler ou exulter les féministes, les père et mères la vertu, je n’en sais rien. Moi, il m’enchante et…

Apprendre le désert, une errance photographique d’Aurore Dal Mas

Il y a des jours pour ainsi dire limbiques, se déroulant entre brumes atmosphériques et mélancolie. Vous êtes allongé sur le canapé, regardant le plafond de façon hagarde. Vous vous observez depuis les nuées, vous trouvez ridicule – il y a bien plus intéressant qu’un moi blessé, qu’un Soi désaccordé, et tant de causes à…

Le vertige d’être au monde, par J.H. Engström, photographe

Tout va bien est un film de Jean-Luc Godard et de Jean-Pierre Gorin, sorti en 1975, racontant la grève dans une usine et la séquestration d’un patron. Depuis, les idéaux politiques ont chuté, et la guerre se joue plus que jamais sur le plan intime : contre le recouvrement et la transformation de tout geste libre…

Le néant, et puis le monde, par Jean Hervoche, photographe

On pourrait voir les photographies de Jean Hervoche comme des logogrammes, des totalités de signification un peu étranges, doucement inquiétantes. Ce sont des traces dans le nu de la vie, des empreintes d’existants. Ce que nous appelons réalité procède de la paresse de notre regard. Parce que nous ne voyons rien, ou peut-être simplement notre…