Denis Roche, l’art énergumène et la mort, par Jean-Marie Gleize, écrivain

« J’écris pour être seul, je photographie pour disparaître. » Denis Roche manque, mais il y a ses livres, des dizaines de volumes, des poésies, des récits étranges, troués, des ouvrages de photographie accompagnés d’essais théoriques importants, et maintenant une biographie composée allegro ma non troppo par l’écrivain Jean-Marie Gleize, Denis Roche, Eloge de la…

L’œil du revolver et les larmes de sperme, une lecture de Georges Bataille, par Anne-Lise Broyer, photographe

Dans les années 1960-1970 et dans la première moitié des années 1980, la revue d’avant-garde Tel Quel, dirigée par Philippe Sollers et Marcelin Pleynet, a décidé de reclasser l’ensemble de la bibliothèque, remplaçant le mot littérature par celui, bien moins suspect de récupération bourgeoise, d’écriture, et mettant en avant des noms jusqu’alors cachés par la…

De l’action selon la pensée chinoise, par Romain Graziani, philosophe

« Plus j’ahane à la trouver, plus je l’enfonce en oubliance. » (Michel de Montaigne) Spécialiste du taoïsme (lire son Fictions philosophiques du « Tchouang-tseu », chez Gallimard, collection L’Infini, en 2006), Romain Graziani déploie avec L’Usage du vide, Essai sur l’intelligence de l’action, de l’Europe à la Chine une réflexion passionnante, et pleine d’humour,…

Un geste pour rien, par Eric Rondepierre, photographe plasticien et Huron

« Du Possible, sinon j’étouffe ! » (Proust/Eric Rondepierre) Voici enfin, parmi la marée des insignifiances et livres fabriqués sans nécessité, un ouvrage créant un trou dans le trou, parce qu’il fait penser, que sa phrase est subtile sans se rengorger de préciosité, et qu’il a fourbi ses armes dans la méditation ininterrompue des textes…

Une rencontre princière, par Marc Pautrel, écrivain

« Je lui dis que l’écriture c’est comme le corps, chacun a son propre corps, il est à soi et est unique, il faut le protéger et surtout le découvrir seul. Je pense au fond de moi-même : l’écriture c’est comme la sexualité, mais je ne le dis pas. » L’éternel printemps est un récit…

Défense des irréguliers, Les Cahiers de Tinbad, par Guillaume Basquin

« C’est bien Vertov qui fut le plus convaincant des activistes du communisme réel ; mais c’est Céline qui fut notre Molière du XXe siècle : il démasqua toutes les tartuferies ; son délire fut aussi un immense éclat de rire ; et sa pitié pour l’homme fut universelle, quoiqu’on en dise aujourd’hui pour empêcher…

Poésie, vérité pratique, par Arnaud Le Vac, marcheur

« Le repos éveillé / du feuillage / bruissant de la cour / et de l’eau jaillissant / et retombant / dans les grandes vasques / des fontaines / de la place voisine. » Emprunter les chemins de l’immanence, de la belle et âpre réalité, y frotter sa peau, ses rêves, ses désirs et ses…

Des miracles de tous les jours, par Denis Brihat, photographe

Dans le prologue de Fleurs (Hermann, 2006), Philippe Sollers fait le portait de l’artiste d’origine hollandaise et d’esprit encyclopédiste Gérard Van Spaendonck (1746-1822), découvreur du langage des fleurs sur soie et vélin. Les mots que l’auteur du Lys d’or emploie pour désigner le directeur de l’Iconographie botanique du Museum d’Histoire naturelle s’appliquent parfaitement à son…