L’Ecole du Mystère, par la revue L’Infini, numéro 148

« Le divin est pérenne, en ce qu’il est tissé dans tout ce qui n’apparaît pas. A l’intérieur de ce qui apparaît, il est ce qui permet l’accès à ce qui n’apparaît pas. (…) En Grèce, nombreux furent ceux qui raillèrent ou blâmèrent les dieux, mais le divin demeurait indemne, inatteignable. » Inaugurant le dernier numéro de…

La fidélité et l’exaltation, par la revue Novo

Alicudi, Italie, 1988 ©Françoise Nunez « Aligner des faits ne vous mènera pas pour autant à la vérité. » (Hunter S. Thompson) Pour qui habite dans le Finistère, l’excellente revue Novo est un secret très bien gardé par les habitants, peut-être encore assez sauvages, je ne sais pas, du Grand Est. J’y découvre avec beaucoup d’émotion deux…

Tout est détruit, rien ne l’est, par Philippe Sollers, écrivain

Délos, Cyclades, Grèce Il y a indéniablement une forte dimension gnostique dans l’œuvre de Philippe Sollers, le simple relevé de quelques titres en témoigne : Paradis (1981), Le Lys d’or (1989), Illuminations (2003), Une Vie divine (2006), Discours parfait (2010), Médium (2014), L’Ecole du mystère (2015), et le dernier-né, le plus explicite peut-être, Graal. Peu s’en…

Ecrire au bruit des tarabouks, par Gustave Flaubert, écrivain, épistolier

« Si tu veux savoir l’état de nos boules, nous sommes couleur de pipe culottée. Nous engraissons, la barbe nous pousse. » Philippe Sollers a souvent recommandé de commencer la journée, non seulement par la lecture du journal (leçon de Hegel), mais par celle de quelques lettres de la correspondance de Voltaire, ou de Louis-Ferdinand Céline. Voltaire…

Le sang d’un poète, par Jean-Jacques Schuhl, écrivain

Autopotrait aux gants, 1498, Albrecht Dürer « Ce soir j’étais sorti tard, je me promenais seul, couvert de bouts de papier, de coupures déchirées de journaux, je m’en étais distraitement enroulé autour des poignets, ça faisait des bandelettes en bracelets avec l’actualité dessus, et puis d’autres sortaient de mes poches, et j’avais oublié d’enlever de ma…

Les voies parallèles du temps, par Valentin Retz, écrivain

« Cependant, avant d’atteindre le meuble-bar, je me suis figé net.  Car, dans le miroir de style Renaissance situé à l’autre bout de la pièce, juste au-dessus de la cheminée, entre la bibliothèque murale et la série de trois fenêtres ouvrant sur les toits de la ville, j’ai vu un homme si étonnant qu’il m’a fallu…

Le cinéma, le totalitarisme sanitaire, les miracles, par la revue Tinbad

Dédié à la mémoire de son secrétaire de rédaction, Dominique Preschez, par ailleurs écrivain et musicien – une très belle série de portraits photographiques d’Elisabeth Prouvost le montre dans la dynamique de son esprit virevoltant -, Les Cahiers de Tinbad fait comme toujours l’effet d’un tonique jeté à la face du conformisme de l’époque. Les…

Aux Champs Elyséens, par Ayline Olukman, artiste visuelle

Assez de malheurs, de turpitudes morales, de bassesses, il est temps de rejoindre le Paradis, ou, avec l’artiste multidisciplinaire Ayline Olukman, les Champs Elyséens. Faut-il un brevet de bonne conduite ? Faut-il mériter l’accès au Suprême Bien ? Non, il faut simplement le décider, le déclarer, comme une prière dite avec conscience. Photographe – voir La Mue,…

Manet, dans l’étendue du Temps, par Marc Pautrel, écrivain

Marc Pautrel est un portraitiste de grand talent. Après ceux du cinéaste Ozu (2015), de Blaise Pascal (2016) et de Jean-Siméon Chardin (2017), voici le portrait de Manet par-delà la mort, par-delà les massacres du 4 décembre 1851 et le fleuve de sang de la Commune de Paris. La société est assassine, qui connaît les…

Chine, fantasme littéraire, par Jean-Michel Lou, écrivain

« Le lieu de mon écriture est ce vide que le chinois non su a creusé dans la langue française. Toutes mes phrases se dirigent vers le chinois muet, vers la Chine maternelle refusée. » Qu’est-ce que le fantasme Chine pour Jean-Michel Lou, né d’une mère chinoise ne lui ayant pas transmis sa langue, et…

Le futur immédiat, par Philippe Sollers, écrivain

Je pense souvent à cette phrase que m’a confiée un jour Catherine Millot : « Philippe Sollers est quelqu’un qui rend libre. » Lisant l’auteur des Folies françaises depuis mes quinze ans, ayant en outre découvert par la suite la plupart des numéros des revues Tel Quel et L’Infini, je ne peux que souscrire à un tel jugement,…