Les détraquages zen d’André Velter et Ernest Pignon-Ernest

Annoncer la couleur, d’Ernest Pignon-Ernest et André Velter, est un livre (Actes Sud), comme son titre malicieux ne l’indique pas, en noir & blanc et nuances de gris. Pour leur dix-neuvième production en commun, le peintre et le poète ont dialogué, sans que l’on sache qui précède qui, si l’image produit le texte ou si…

Jeter des pierres au vent, par Federico Garcia Lorca, proses inédites

« Rien de plus antipoétique que le lien logique entre deux objets de quelque espèce qu’ils soient. Il faut briser les amarres des liens visibles et invisibles. Il faut laisser les objets et les concepts aller librement où ils veulent, qu’ils luttent, qu’ils volent pour que le monde soit plus amusant et que puisse exister la…

My chief happiness manager est un salaud, par la revue Lignes, n°62

Le dernier numéro de la revue Lignes (62), consacré aux « mots du pouvoir et au pouvoir des mots », est excellent, qui offre à ses contributeurs la participation à un dictionnaire critique permettant, à la façon de Victor Klemperer, ou de Eric Hazan, de faire un état des lieux des maux langagiers pourrissant notre…

L’écorce encore vive de l’arbre dépouillé, par Frank Smith, poète

« nous écrivons des obscurités nouvelles » Le corps va plus vite que nous, il ne cesse de se modifier. La première phrase prononcée est déjà bien en retard sur les transformations de qui l’a lancée plus tôt. Vingt-quatre états du corps par seconde, écrivent chez Lanskine Jean-Philippe Cazier et Frank Smith, au moins. Le…

James Joyce, poète

Lorsqu’il poétise, à Dublin, Trieste ou Zurich, le grand James Joyce écrit bref, et élégiaque. Dieu est là, peut-être, dans le simple, parmi les bêtes, plus chaudes qu’âme d’homme irrémédiablement blessé, séparé. Il y a les élans d’amour, et la puissance du vent, « Ô mon enfant de bleu veinée ». « Sous les orties…

Une vie ordinaire, par William Cliff, poète

« Cette année-là, j’avais été à la recherche / d’un appartement pour avoir ma vie à moi » Lorsque tout se décompose, Lorsque l’automne est un interminable déclin, Lorsque le dernier amant a franchi la porte du cinquième étage du galetas de Bruxelles, sans espoir de retour, Il y a le vers et les formes fixes, rondeau…

Japon, prière de se déchausser, par Elena Janvier et Gérard Macé, écrivains

« Au repos, les ciseaux japonais sont ouverts. » Qui connaît les délices et les difficultés des rencontres franco-japonaises, qu’elles prennent la forme de l’amitié, de la relation amoureuse éphémère ou de l’union conjugale, trouvera dans le livre d’Elena Janvier, Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime (Arléa, 2012), nombre de clés et réflexions…

Le lyrisme comme brûlure, par Elena Schwarz, poétesse pétersbourgeoise, et sa traductrice, Hélène Henry

Après l’œuvre de Viktor Krivouline, les éditions brestoises Les Hauts-Fonds nous offrent la chance de découvrir la poésie d’Elena Schwarz (1948-2010), figure pétersbourgeoise majeure d’un groupe informel appelé les « poètes du souterrain ». Cherchant à mieux connaître cette poétesse ardente et étrange, ainsi que le contexte dans lequel son nom avait pris part, j’ai…