Rilke heimatlos, par Olympia Alberti, écrivaine

Leonid Ossipovitch Pasternak, Portrait de Rainer Maria Rilke à Moscou, 1928 « Comme dans un conte pour enfants, les maisons de Rilke n’étaient que des paupières où cacher quelques heures, quelques jours, quelques mois sa propre humanité, souvent difficile, son regard « impréparé » aux éclats du monde. » René Maria Rilke, devenu Rainer Maria Rilke sur le conseil…

Denis Roche, à la table des vivants, par ses amis réunis

©Denis Roche / Les Douches La Galerie « Quand je prends une photo, je n’oublie jamais que c’est un écrivain qui la prend ; quand j’écris, je ne pense jamais que c’est un photographe qui écrit. » (entretien de Denis Roche avec Gilles Mora paru en 1989 dans Les Cahiers de la photographie) A l’occasion des dix ans…

Henri Michaux, halluciné volontaire, par Muriel Pic, écrivaine, chercheuse

Dessin mescalinien, Henri Michaux « Je suis la zébrure. » (Henri Michaux) Poète mais aussi médecin, médecin mais aussi poète, Henri Michaux (1899-1984) se livra à partir de 1955 à des expérimentations de drogues. On inventait alors les médicaments psychotropes, on ne savait au fond pas grand-chose des effets des drogues, entre libération de capacités internes inexplorées…

Poétique du lien défait, par Anne-Lise Broyer, photographe

©Anne-Lise Broyer « le lent / dépôt / par quoi / quelque chose / de l’unité / du ciel / se désenchevêtre «  (Emmanuel Laugier) Anne-Lise Broyer est une artiste qui depuis plus de trente ans imagine un chemin de beauté et d’effroi entre photographie et littérature. Il ne s’agit pas pour la lauréate du Prix…

L’amour du cante flamenco, par Francisco Moreno Galvan, poète

©Pepe Lamarca « Les éboulis dans la montagne, / les oliviers sur la colline / et les fers bien forgés / aux balcons de Ronda. » Quel bonheur de lire grâce au passeur/traducteur Serge Airoldi les letras du peintre et poète Francisco Moreno Galvan (1925-1999).   Présentées dans une édition bilingue très élégante (qualité Fario), ces letras,…

Des biographies de l’âme, par Hermann Hesse, écrivain

Hermann Hesse « Ecrire en poète, c’est ainsi qu’on appelait autrefois ce que je faisais là, ce que j’ai fait toute ma vie, et personne ne doutait que cette activité fût au moins tout aussi valable et sensée qu’un voyage en Afrique ou une partie de tennis. Mais on taxe aujourd’hui cette activité de « romantisme » sur…

Face au mascaret du néant, par Gérard Macé, écrivain

Le mécano de la General, 1927, de Buster Keaton et Clyde Bruckman « Je finis par noter des phrases que je sais par cœur, pour passer aux suivantes. » Apparaître dans un film muet burlesque, grotesque, atroce, merveilleux, appelé vie. Commencer à bouger les lèvres, n’être entendu des spectateurs que par l’intermédiaire de pauvres cartons. Ecrire de…

Eclats de Gaza, de l’écriture, des messagères, par Dominique Fourcade, poète

Iris messagère des dieux, 1891, Auguste Rodin « je t’en supplie, Palestine, j’arrive sans frein dans ce malheur, garde-moi une cuillerée de confiture d’orange amère, s’il te plaît laisse-moi m’enivrer de l’odeur de laurier-cerise grâce à laquelle j’identifie ton linge où que je me trouve, et, surtout, laisse-moi boire tes règles sous la lune. » Placé sous…

Les champs magnétiques, par Daphne Kotsiani, photographe

©Daphne Kotsiani « While walking, don’t confuse the beat of your exhale, your heart’s rhythm, breath and thump, with that of the world. » (Dimitris Leontzakos) C’est une évidence, si je dois me réfugier sur une île déserte, j’emporte avec moi la totalité des livres conçus à Livourne par Origini Edizioni. Chaque ouvrage, chaque exemplaire, est un…

Tours et détours de l’innamoramento, par l’Arioste, poète

Portrait de l’Arioste, vers 1510, Titien L’amour n’est pas toujours réciproque, et Cupidon est un bien cruel archer, qui touche l’un, sans atteindre l’autre. « Qu’un bref regard, hélas, est mal payé / D’une passion âpre et si persistante, / Un court plaisir d’une douleur constante, / Un prompt départ d’un retour retardé ! / Cela provient…

Entrer dans la couleur, par la revue Edwarda

La joie de vivre, 1905, Henri Matisse « Mon premier signe de grossesse n’a pas été les seins énormes, tendus à bloc, le teint resplendissant, pêche de vigne, les nausées H24, les 80 ans ressentis, l’addiction au sucre et au gras, l’envie de chialer pour un oui pour un non, le flair d’un chien de chasse,…