Le film du film de la vie, par Eric Rondepierre

A l’occasion de la parution, dans la nouvelle livraison des Cahiers de Tinbad, d’un excellent texte d’Eric Rondepierre sur l’artiste canadien Jeff Wall, j’ai souhaité prolongé avec lui une conversation commencée dans L’Intervalle il y a quelques mois. Evoquant en outre Confidential Report, son exposition en cours à la galerie Le Bleu du Ciel à…

Les autoportraits baroques d’Angelica Liddell

  Qui a déjà vu sur scène Angelica Liddell sait que l’Espagnole ne triche pas avec le don de soi, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à l’extase, jusqu’au malaise de qui la contemple, souvent fasciné ou indigné. Auteur, metteur en scène, comédienne jouant/performant ses propres textes, Angelica Liddel met à nu la violence régissant le corps social en…

La marquise ne sort plus à cinq heures, mais à minuit – écrire selon Noël Herpe, ou l’horizon du présent

Noël Herpe, écrivain, cinéaste, professeur d’université, spécialiste notamment d’Eric Rohmer, René Clair et Sacha Guitry, est un homme dont la grande culture n’a pas éteint l’innocence, ou le goût de la drôlerie. Développant une œuvre de diariste publiée par Thomas Simonnet dans la collection L’Arbalète chez Gallimard, égaré dans un temps qui n’est pas le…

Antoine Vitez, la photographie comme principe d’amitié

Le respect attaché au nom et à la personne d’Antoine Vitez, l’un des grands hommes du théâtre français de la seconde moitié du XXème siècle, est général. Aujourd’hui, à l’initiative des éditions Les Solitaires Intempestifs (Besançon), ses amis se souviennent, dans un bel ouvrage collectif, où, qui n’a pas eu la chance de voir les…

Claude Régy, le théâtre comme art sacré

Comme il doit être doux de vivre quelques semaines sur une île déserte, accompagné de beaux visages choisis, acteurs de bonne foi, et de passer les jours à lire, commenter, jouer ensemble le bel et inspirant ouvrage des Ecrits (1991-2011) de Claude Régy, que les éditions Les solitaires intempestifs ont l’heureuse idée de publier en…

Arbor est un pays, par le photographe Antoine Herscher

Il faut prendre au pied de la lettre la célèbre phrase du messager à l’acte V de Macbeth (Shakespeare) : « J’étais de garde en haut de la colline, / J’ai regardé Birnam et, là, j’ai cru / Que la forêt se mettait à bouger. » Terriblement puissants, drôles et secrets, les arbres ont effectivement la capacité de…

A la recherche du texte insoluble – Parages, naissance d’une revue théâtrale

Sur le front assez déserté de la critique théâtrale de qualité, la parution du premier numéro de Parages, revue concoctée par le Théâtre National de Strasbourg (TNS – direction Stanislas Nordey) est une excellente nouvelle. Le théâtre est cet espace propice à l’accueil des fantômes, verbe vibrant fait chair flottante incarnée, ayant besoin, pour s’épanouir,…

« Ils sont partout, ces faces de singes, putain », ou la colère par Christos Chryssopoulos (3)

Terre de colère est un récit bref terriblement efficace. Imaginons un monde où la colère engendre la colère, où les discriminations, les racismes divers, les harcèlements de tous ordres produisent l’aggravation d’un mal endémique. Imaginons notre monde, ou plutôt l’immonde, qui est aujourd’hui l’essence mauvaise de notre quotidien vendu comme seul possible. « Ainsi, à la…

En parlant comme à la case, La Toubabesse, roman de Louis-Ferdinand Despreez

La Toubabesse de Louis-Ferdinand Despreez, romancier sud-africain aux multiples visages (engagé dans l’ANC aux côtés de Nelson Mandela ; conseiller de plusieurs chefs d’Etat et gouvernements africains), est un livre formidablement tonique et impertinent. Quand un homme de pouvoir, grand commis, passe du costume trois pièces et des règles protocolaires au short vietnamien et aux vents…

Les jardins d’Armide à minuit – conversation avec Annie Le Brun à propos de Radovan Ivsic (2)

Annie Le Brun, poétesse, essayiste, commissaire d’exposition, lectrice de Sade et des grands irréguliers du langage, incarne un principe de subversion qu’elle n’a cessé d’approfondir dans une œuvre au long cours, écrivant notamment, fidèle à la morale surréaliste, Les pâles fiévreux après-midi des villes (1972), Lâchez tout (1977) ou A distance (1985). On peut lire,…

A propos de Sylvain George, par Valérie Dréville

Avec le cœur chaud et les lèvres froides Valérie Dréville est une comédienne d’exception – sa présence illumine le dernier long métrage de Pascale Breton, encore en salle actuellement, Suite armoricaine – dont l’intégrité et l’implication dans le travail sont une évidence pour qui a eu la chance un jour de la voir jouer sur…