Le Caravage, la peinture comme ordalie, par Yannick Haenel (3)

Il est rare qu’un livre s’impose comme un jalon bibliographique indispensable dans la compréhension d’un peintre. Avec La Solitude Caravage, Yannick Haenel s’approche au plus près, à partir de son expérience d’écrivain, de ce qui fonde la nécessité artistique d’un des plus grands noms de l’histoire de l’art. Dépassant la romance du mauvais garçon épris…

Le Caravage, la peinture comme ordalie, par Yannick Haenel (1)

Il est rare qu’un livre s’impose comme un jalon bibliographique indispensable dans la compréhension d’un peintre. Avec La Solitude Caravage, Yannick Haenel s’approche au plus près, à partir de son expérience d’écrivain, de ce qui fonde la nécessité artistique d’un des plus grands noms de l’histoire de l’art. Dépassant la romance du mauvais garçon épris…

La mort est dégoûtante, dix-neuf entretiens avec Francis Bacon, présentés par Yannick Haenel

Il y a des jours comme cela où vous vous enchantez de l’alignement des planètes, soit l’association d’un excellent peintre (Francis Bacon), avec un excellent écrivain (Yannick Haenel), mais aussi un excellent photographe (Marc Trivier invité dans l’antre du peintre en 1981), réunis par un excellent éditeur (François-Marie Deyrolle, L’Atelier contemporain). Reprenant des entretiens ayant…

Stratégies de la pénombre, Possession immédiate, volume IX

Avançant vers des horizons sans cesse mouvants, la revue Possession immédiate s’impose comme un espace de liberté devenu très rare aujourd’hui. Recherchant les pulsations de vie partout où celle-ci se présente, de préférence loin des humains suffrages devenus mortifères, la revue de John Jefferson Selve et de ses beaux amis lance pour son neuvième numéro…

Journal d’une fille perdue, un premier roman de Clémentine Haenel

Mauvaise passe, de Clémentine Haenel (aucun lien de parenté avec le renard pâle que chacun connaît – allusion page 122) est un livre qu’il faut endurer jusqu’au bout, dans l’insupportable de ses dérives, de ses violences, de ses dégoûts accumulés, pour qu’en naisse, quelques instants, sous la lumière de Suède, une beauté d’apaisement. Mauvaise passe…

Melville, un auteur pour demain, par Claude Minière, essayiste

« Que d’affront pour quelqu’un qui sent jusqu’à la moelle qu’il a bien été là, et qui voit un paquet d’obtus le mettre en doute ! » Un jour, Melville (1819-1891) sera vraiment quelqu’un, dans cent ans peut-être, et davantage encore que l’auteur important de deux ou trois livres d’aventure, Moby Dick, Billy Budd. Un prophète ? (point de…

Pauvres poètes travaillons, Blaise Cendrars en toutes lettres

L’intérêt exceptionnel de la correspondance de Blaise Cendrars (1887/1961) à Jacques-Henry Lévesque (1899/1971), son fidèle secrétaire d’édition et premier lecteur, est de permettre de suivre, pas à pas, l’auteur de L’Or dans l’élaboration de chacun de ses livres. Au fil du temps, Jacques-Henri Lévesque passe du statut de simple admirateur à celui de commentateur de…

Quelques Iris messagères, pour la revue Edwarda

    Surtout, chère âme, ne te retourne pas ! C’est Iris messagère, ailes d’or, pieds légers, nus sur le parquet. Vous la croisez, ne la quittez plus, mais, à l’évidence, c’est elle qui vous a choisi. La suivez, fidèle, amoureux tel Pythagore des mystères de la géométrie, qui est un porche. Ruée de tous les…

Tu te souviens de cette histoire ?, par Jean-Paul Curnier, philosophe, écrivain

Décédé en août 2017, le philosophe et écrivain Jean-Paul Curnier continue élégamment de nous donner de ses nouvelles depuis l’au-delà, par les pensées des meilleurs passeurs (Yannick Haenel, Michel Surya), et par la publication d’un ouvrage inattendu aux éditions Lignes, Par-dessus tête. Consacré à son œuvre littéraire méconnue, hormis le volume Peine perdue (Léo Scheer,…

L’apaisement, mais follement, par la revue Possession Immédiate

    « … je sortais de la guerre doucement gâteux, peut-être bien, à la manière de ces splendides idiots de village… » La phrase est de Jacques Vaché, mais elle pourrait désigner le projet moral du dernier numéro de la revue Possession Immédiate : sortir de la guerre, peut-être plus idiots, moins idiots, idiots, à la façon…

Les premières fois de l’étrange et merveilleuse Véronique Bergen

La première fois cette année que j’ai lu l’étrange et merveilleuse Véronique Bergen, c’était dans le volume Nu debout, 1961 publié par les éditions Edwarda (2017), pour sa méditation consacrée à Marilyn Monroe apparaissant sur une photographie de tournage de The Misfits (John Huston, 1961), ouvrage collectif proposant les textes de William Faulkner, Jean-Paul Enthoven,…