
©Mathieu Néouze
Imprimé en risographie à cinquante exemplaires, le livret de Mathieu Néouze, Ce qui subsiste, est un exercice d’équilibriste.
On y tournoie, on y est seul, on y trouve des signes où accrocher la pensée comme le cœur.
On y chute peut-être, mais sans le dire.

©Mathieu Néouze
A lieu ici une méditation sur ce qui nous lie comme sur ce qui nous isole, sur la façon dont nous prenons place dans l’espace, sur le vide créateur et aspirant, trou noir avalant toute psychologie.
C’est un jeu d’ombres et de lumières, de courbes et de rectangles, d’arches et de lignes droites.
La géométrie est transcendante, symboliquement agissante.

©Mathieu Néouze
La virgule humaine est un caillou, grain de sable, poussière de bitume.
On marche dans les villes, seul ou à deux, on invente des situations, on se distrait avec le plus grand sérieux, alors que la mer continue inlassablement à nous naufrager.
Mathieu Néouze pense à partir des confins, des franges, des rives et rivages, urbains ou non.

©Mathieu Néouze
Son œil – ou plutôt telle capacité intuitive – repère des incongruités, des beautés étranges, des agencements involontaires.
Le temps est là, cognant les volets fermés, glissant entre les voiles, à la fois fixe et façonnant le spectacle de ce qui est.
Il y a le retour du même des saisons, les efforts humains pour inventer des architectures puissantes, et la force sereine du cheval, qui, là-bas, au loin, dans le gel d’un petit matin, courbe l’échine pour se nourrir.

©Mathieu Néouze
Les manèges nous rappellent la roue du samsara, le flux des incarnations et des disparitions, les édifices de culture et les effondrements sans drame.
On navigue entre les pages, on respire avec les blancs, on écoute les silences.
Le photographe nous offre un essai de métaphysique supérieure, dialogue d’un balai et d’une pelle dans une enceinte industrielle transformée en temple zen.
Son opus léger est un geste de paix où se frôlent des images partageant leur doux vertige.

©Mathieu Néouze
Mathieu Néouze, Ce qui subsiste, imprimé en risographie par le studio Fidèle, 2023 – 50 exemplaires manuscrits, signés et numérotés
Contacter l’auteur : mathieu.neouze@gmail.com
https://www.samuelyal.com/artwork/sculpture/

©Mathieu Néouze
Exposition Ce qui subsiste, Mathieu Néouze (tirages) et Samuel Yal (sculptures), Galerie Ariane C-Y, Orangerie du Sénat (Paris), du 7 au 18 septembre 2023
Merci à Didier Ben Loulou pour avoir opéré, depuis son archipel, la transition