Tout est vibration, par Fabienne Verdier, peintre, et Stéphane Lambert, écrivain

©Fabienne Verdier, courtesy Galerie Lelong

« Dans l’univers, tout est énergie, tout est vibration, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Tout est énergie et c’est tout. Correspondez à la fréquence de la réalité que vous voulez et vous ne pourrez pas vous empêcher d’obtenir cette réalité. Il ne peut en être autrement. Ce n’est pas de la philosophie. C’est de la physique. » (Albert Einstein)

Pour Fabienne Verdier, formée à la dure école des grands maîtres de la peinture classique chinoise (lire Passagère du silence), comme pour Albert Einstein, mais aussi pour Stéphane Lambert qui lui consacre l’essai Les formes de l’invisible, tout est vibration.

Alliant connaissance intime de la calligraphie chinoise et de l’histoire de l’art occidental, notamment chrétien, Fabienne Verdier ne cesse d’explorer et de déplacer le legs qu’elle a reçu aux beaux-arts de Chongqing, dans la province du Sichuan, où l’artiste médita profondément le traité de Shitao, Les Propos sur la peinture du moine Citrouille-Amère.

Pratiquant avec intensité le pinceau vertical, parfois même au moyen de douilles et poulies quand la charge de peinture est trop importante, cette artiste de dimension internationale cherche à donner une forme aux énergies à la source des apparences, à partir de la sensation d’une unité primordiale.

« La peinture de Fabienne Verdier, écrit Stéphane Lambert qui l’a côtoyée longuement dans sa maison-atelier de l’Oise, calme étrangement les tensions en les portant à notre vue. Tout à coup, il n’y a plus de fracture : la sensation d’une unité, jusqu’alors perdue, refait surface. Une agréable chaleur dans le ventre illumine notre esprit. Nous ne sommes pas des entités séparées. »

Il faut pour comprendre cela être un enfant, ou avoir traversé beaucoup d’épreuves.

Le singulier mène à l’universel, la blessure peut ouvrir, par le sacrifice de l’ego, sur l’émerveillement.  

Ne plus distinguer l’intérieur de l’extérieur, entrer dans la dimension d’éternité en chaque chose, qui est le sacré.

Fabienne Verdier réinvente ainsi la tradition du retable à double volet, fenêtre sur l’au-delà, ou l’en-deçà.

Exposer sur une toile la force de gravité nous pliant à sa loi.

Laisser agir le flux gravitationnel constant.

Le beau mot de Nietzsche est cité : danser avec ses chaînes.

En un unique coup de pinceau, « insuffler l’énergie dans le geste de peintre ».

Ne pas craindre le vide, le laisser s’écouler – voir ses Walking Paintings, où s’exprime, selon l’auteur de Tout est paysage (L’Atelier contemporain, 2000), « la libido de l’univers » (couleur jaune ?).

Tracer des vortex, des ondes, des lignes vibrantes – du spirituel dans l’art, qui est manifestation de la vie en son génie ou processus.

« L’apparente stabilité du système solaire repose sur la révolution des planètes, poursuit Stéphane Lambert. Cet incessant mouvement qui donne le à l’ordre universel, Fabienne Verdier l’a enseveli dans ses fonds, véritable amnios en secrète ébullition dont émerge la déclinaison des formes. »

Rendre visible l’innommable.

Par sa peinture, Fabienne Verdier révèle une énergie qui est un courant de vie permanent – acausal et atemporel -, traversant chaque être, chaque chose, chaque paysage, en les liant indéfectiblement.

Stéphane Lambert, Fabienne Verdier, Les formes de l’invisible, collection La rencontre dirigée par Anne Bourguignon, Arléa, 2025, 96 pages

https://fabienneverdier.com/

https://www.arlea.fr/Fabienne-Verdier

https://www.stephanelambert.com/

https://www.galerie-lelong.com/fr/artiste/37/fabienne-verdier/

©Fabienne Verdier, courtesy Galerie Lelong

Expositions Fabienne Verdier :

  • Mute, Cité de l’Architecture, du 22 octobre 2025 au 16 février 2026
  • Domaine de Chaumont-sur-Loire, jusqu’au 2 novembre 2025
  • Copistes, Centre Pompidou Metz, jusqu’au 2 février 2026
  • Vertigo, Fondation Carmignac, jusqu’au 2 novembre 2025
  • Lire le ciel, Mucem, jusqu’au 5 janvier 2026

Laisser un commentaire