Beautés de l’art paléolithique, par François Warin, philosophe

« La première main n’est pas la main malhabile, tâtonnante ou enfantine mais la main de maître. » Parce que tout est déjà là dès l’origine – point de vue de Picasso et Bataille -, parce que l’idée du progrès en art est une foutaise, parce que la sensation de beauté est anhistorique, l’art pariétal aurignacien (Chauvet,…

Atget sauve, par Baudouin de Bodinat, écrivain

Eugène Atget, par Berenice Abbott « Atget ne s’intéressait pas au pittoresque, au curieux, au charmant. Il n’était pas nostalgique. Il fut mélancolique et enragé. Il eut devant lui un jour la tâche immense de sauver ce qui fut, le monde pré-industriel ; cet Autrefois où l’homme était chez lui encore, parmi les choses, les années commensurables ;…

La grande santé des maladies, par Antonella Moscati, écrivain

« Quand on n’avait pas encore compris ce que nous avions, c’est-à-dire à peine avions-nous un peu de fièvre sans plaques dans la gorge, on nous mettait tout de suite un bon suppositoire, presque toujours du Pyramidon, qui cependant ne servait pas à grand-chose, pour ne pas dire à rien, si ce n’est à faire transpirer…

Wittgenstein vomit les tièdes, par Roland Jaccard, écrivain

« D’une certaine manière, il vivra avec la conviction que le suicide est la solution la plus convenable, lorsqu’un homme cesse d’être à  la hauteur de ses exigences morales. » Drôle de type que Ludwig Wittgenstein (1889-1951), génial, fascinant, et insupportable. Arrogant, misogyne à l’extrême, volontiers antisémite (judéité niée), l’auteur du fameux Tractatus logico-philosophicus a tout pour…

Yūzen, l’art de la peinture sur kimono selon Kunihiko Moriguchi

« Je voulais que ma sensibilité japonaise explose dans le monde entier comme une bombe. » Trésor national vivant depuis 2007, comme son père avant lui peintre de kimonos, Kunihiko Moriguchi est un homme que je fréquente depuis plusieurs jours grâce à Marc Petitjean, dont le livre L’ami japonais, publié par Anne Bourguignon chez Arléa, narre le destin….

Thomas Bernhard, le cataclysme, par Gemma Salem, écrivain

« Ah Fellini lui manque ! Marcello lui manque. Gainsbarre lui manque. Orson lui manque. Où sont passés les types comme ça ? » J’écris beaucoup, certes, mais je chronique bien moins de livres que je n’en reçois, tant nombre de textes publiés me semblent inutiles, mal écrits, naïfs, moimoiesques, pleins de bons sentiments, d’un humanisme facile, et franchement…

Tonner et étonner, de l’art de la citation, par Hervé Dumez, écrivain

« Je sors. Je vais m’ennuyer dehors, je m’ennuie trop chez moi. » (Hector Berlioz) La soirée était exquise, les amis formidables, l’alcool sans modération, mais le matin vous manquez de boussole, vous êtes égaré, hagard, hâve. Il faut vous rétablir, vous recentrer, retrouver le cap des phrases essentielles. La déesse Fortune a placé sur votre chemin…

Japon, prière de se déchausser, par Elena Janvier et Gérard Macé, écrivains

« Au repos, les ciseaux japonais sont ouverts. » Qui connaît les délices et les difficultés des rencontres franco-japonaises, qu’elles prennent la forme de l’amitié, de la relation amoureuse éphémère ou de l’union conjugale, trouvera dans le livre d’Elena Janvier, Au Japon, ceux qui s’aiment ne disent pas je t’aime (Arléa, 2012), nombre de clés et réflexions…

Ferrare, chanson d’amour triste, par Jean-Pierre Ferrini, écrivain

« Dehors, les volets de l’immeuble voisin étaient fermés. La ville apparaissait comme une forteresse, close, rigoureusement quadrillée, derrière d’hermétiques remparts. » Un couple en crise, un voyage en dix-sept stations et deux parties, une ville aristocratique. Il faut relancer les dés. Nous sommes à Ferrare, cité secrète, non loin de Venise happant dans son vertige de…

De l’inconscient machinique, par  Frédéric Dupré, dessinateur

J’ai découvert le travail artistique de Frédéric Dupré grâce à Serge Airoldi, auteur notamment d’une très belle réflexion sur les couleurs avec Rose Hanoï (Arléa, 2017). S’il fallait s’approcher par cercles concentriques critiques et comparaisons de cette œuvre graphique vertigineuse, borgésienne peut-être, j’envisagerais la rencontre dans une camera obscura de Piranese et du peintre russe…