La Chine n’est pas une illusion, par Thomas Sauvin, collecteur d’images

Thomas Sauvin est à la fois artiste, éditeur et collectionneur. Constituée depuis 2009, sa collection « Beijing Silvermine » a été exposée au Musée de la Photographie contemporaine de Chicago, au Musée Nicéphore Niepce, à Paris Photo, au Musée d’art de Canton, ou encore à la Fondation Cartier.   Thomas Sauvin a collecté d’abord, dans une zone…

Just now, not later, Saul Leiter, photographe

©Fondation Saul Leiter « Mais au bout d’un moment, Saul s’est mis à refuser de jouer le jeu du business [et les commandes de la mode]. Il en a eu assez, tout simplement, et cela s’est arrêté. Il a connu une nouvelle période de vaches maigres, comme à ses débuts. Il a recommencé à faire ce…

Calmes voluptés de campagne anglaise, par Jean-Pierre Gilson, photographe

©Jean-Pierre Gilson  Maintenant, quand j’entends quelqu’un me dire que la peinture de Jean-Baptiste Corot est bourgeoise, je me mets à hurler directement. Idem avec les critiques contre les grands paysagistes anglais tels John Constable, Thomas Gainsborough ou John Ruskin. Comment ? Tant de sensibilité, de délicatesse et de calme vision panthéiste serait définitivement out, ringard, petitement…

Celui qui chante n’est pas toujours heureux, par Pierre Bonnard, peintre

Pierre Bonnard (1867-1947), Poisson sur une assiette, 1921, Musée des beaux-arts de Lyon (Don de Jacqueline Delubac en 1995) « Violet dans les gris. Vermillon dans les ombres orangées, par un jour froid de beau temps. » (Pierre Bonnard, 7 février 1927) Après un premier volume consacré aux Agendas (1927-1946) de Pierre Bonnard, les éditions L’Atelier Contemporain…

Comment enterre-t-on un chef indien ? par Jim Harrison, écrivain

Jim Harrison métamorphosé en coyote « Si vous désirez qu’une fille vous remarque, mieux vaut commencer par lui rendre la vie un peu difficile. » Georges Bataille, très bien, admirable, essentiel, évidemment. Mais Henry Miller, Jack Kerouac, Charles Bukowski, Jim Harrison, le goût de la géographie, de la liberté sans culpabilité, du débordement des pulsions sexuelles dans…

Stigmates, par Sophie Ristelhueber, photographe, et Carole Naggar, historienne de l’art

The Edge of Awareness, 1996-2020, photographie de Sophie Ristelbueber, tirage argentique, 128x 150cm, édition 1/3. Collection MNAM/Centre Pompidou (Paris) ©Adagp, 2023 « Le pansement fut arraché de notre croûte d’illusions, d’indifférence ou de cynisme, lorsqu’en 1992 une guerre s’est installée au cœur de l’Europe. Une guerre où des frères comme Caïn et Abel se sont assassinés. »…

Oiseau, l’œil écoute, par Joséphine Michel, photographe

©Joséphine Michel Victimes de l’anthropocène, les oiseaux disparaissent. Ils meurent, mais ils sont là, un peu partout dans l’édition photographique contemporaine (chez Francesca Todde, chez Julien Magre, chez Aurélie Scouarnec, aux éditions Atelier EXB dans une superbe collection dédiée) et les travaux d’artistes (Gilles Aillaud à Beaubourg et à la galerie de la Librairie Métamorphoses,…

Le Grand Incendie, par Hélène Cixous, écrivain

Grande Synagogue d’Oran « Il me vient à l’idée que je suis moi-même un cimetière, un vaste territoire mental où sont accueillis des hôtes venus de tous les temps, de toutes les langues et variétés sexuelles. Ces voyageurs sont unis par la même question qui ne cesse de les travailler : qu’est-ce que juiffer ? » (Hélène Cixous) Beaucoup…

Poésie en marche, par Sandrine Cnudde, écrivaine, photographe

©Sandrine Cnudde « Saluons-nous, po-émons-nous ! » La constellation de la sandale pourrait être un titre de bande dessinée, ou d’un de ces poèmes d’imaginaire chamanique dont le regretté Kenneth White avait le secret. Cet ouvrage de l’écrivaine et marcheuse Sandrine Cnudde, par ailleurs conceptrice de la revue moléculaire de photo/poésie Vinaigrette (lire mon article du 17 octobre…

Les quatre-cents coups, par Seppe Vancraywinkel, photographe

©Seppe Vancraywinkel Le papier est épais, les pages grises à la façon d’une impression rizographique soignée, les images vibrent de vie et de camaraderie.  Within the Bubbe of Surrondings, de Seppe Vancraywinkel, est une ode à l’amitié. Le noir et blanc préserve ses images analogiques de la corruption du temps, leur offrant l’illusion d’une gangue…