Last Call, vertiges aéroportuaires, par Harry Gruyaert, photographe

© Harry Gruyaert /Magnum Photo Last Call, du photographe belge Harry Gruyaert, est un livre d’attente, d’introspection, de fascination. Composé d’images prises dans des aéroports, dans ces moments intermédiaires où le voyage a commencé sans que sa saveur ne s’en ressente encore vraiment, cet ouvrage est un jeu d’ombres, de lumières, de transparences, de superposition…

Les frissons calmes de Bruges-la-Morte, par Georges Rodenbach, écrivain

Fernand Khnopff Bruges-la-Morte, de l’écrivain symboliste belge Georges Rodenbach (1855-1898) fut l’un des livres importants de mon éveil à la littérature. Parce que la langue est superbe et qu’y passe une femme, telle la Gradiva, marchant sur la lisière entre la vie et la mort. Parce que la ville est ésotérique – pensons au Zénon…

Euthanasie, vers la douceur, par Catherine Rombouts, photographe

© Catherine Rombouts « Elle souffrait de la maladie de Charcot, dans sa forme bulbaire. » Pas de dolorisme, de pathétisme facile, mais de la lumière, des clairs-obscurs pudiques, des crépuscules apaisés, de la vie, de l’espoir. Le grand jour, de la photographe Catherine Rombouts, est un livre éminemment touchant, troublant, important, traitant dans la plus grande…

La Reine de la patate, odyssée québécoise de la frite, par Françoise Chadaillac, photographe

© Françoise Chadaillac « Y’a pas un Québécois qu’y a pas une patate frite dans l’cœur… » Mes dernières excellentes frites en photographie datent du début de l’année 2019, avec la parution de l’ouvrage Platteland du Belge Simon Vansteenwinckel (j’en signe le texte) aux bien-nommées Home Frit’ Home Editions. © Françoise Chadaillac Autre géographie, autre époque –…

Du tantrisme pour hommes, par Aliam Karim Rizzi, praticien

Présence, écoute intérieure, liberté du désir, corps incarné. Aliam Karim Rizzi est praticien tantrique pour hommes depuis dix-sept ans. Il vit et travaille à Bruxelles. Son ouvrage Tantra, intimité au masculin, pose la question des nuances de l’identité masculine dans un monde aux valeurs virilistes dominantes. « J’ai constaté chez les hommes des carences affectives, émotionnelles…

Une vie ordinaire, par William Cliff, poète

« Cette année-là, j’avais été à la recherche / d’un appartement pour avoir ma vie à moi » Lorsque tout se décompose, Lorsque l’automne est un interminable déclin, Lorsque le dernier amant a franchi la porte du cinquième étage du galetas de Bruxelles, sans espoir de retour, Il y a le vers et les formes fixes, rondeau…

Les ombres errantes du peintre Léon Spilliaert, par Stéphane Lambert, écrivain

C’est le genre de livres qui m’enchante, dense sans être assommant, cultivé mais de partage, associant images et textes dans un dialogue ouvert avec une œuvre de mystère. Un essai mosaïque, une biographie araignée (à la façon d’Odilon Redon), une monographie légère concernant Léon Spilliaert, peintre ostendais (1881-1946) héritier de James Ensor et des ombres…

En Autistan, par Lionel Jusseret, photographe

Il y a les livres de production courante, très bien faits, honorables, exaltants même, et il y a ceux qui comptent, se distinguant immédiatement des autres, parce qu’ils modifient notre perception, nous agrandissent en pensée et sensibilité, nous déroutent sans pour autant chercher à prendre le pouvoir sur nous. Parce qu’ils sont plus seuls, plus…

Chienne de Terre ? Non, Terre de chiens, par Cédric Ballarati, photographe

Dans A Dog’s Purpose (Mes vies de chien, 2017), film à la structure palindromatique, le réalisateur américain Lasse Hallström imagine l’âme d’un chien ne cessant de se réincarner en chiens de races différentes (berger allemand, golden retriever, labrador, petit chien de compagnie…) jusqu’à retrouver son maître sous la forme d’un ultime représentant de la gent…

April in Bruxelles, by Joseph Charroy, fanzinator

Pendant ce temps-là, en Belgique, ça bosse encore. Ça compile, ça brasse, ça s’embrasse aussi, sûrement, au moins dans les coins, et ça fanzine à mort. Après le superbe Passer par le feu, de Sophie Fougy (Primitive Editions, mars 2020), présenté comme il se doit dans L’Intervalle, voici de Joseph Charroy himself, Avril. Après April…

De la modernité photographique, par le magazine belge Variétés

Faisant partie du patrimoine des Archives Amsab-IHS – Institut d’histoire sociale à Gand -, où elle fut découverte par hasard, parmi les ruines d’un journal tombé en faillite, la sublime collection des photographies du magazine d’art belge Variétés a fait l’objet pour la première fois d’une exposition à Arles (été 2019) et d’un livre imposant…

Strange things, spectacles du quotidien, par Jean-Luc Feixa, photographe

Nous avons parfois cette pratique à la fois ridicule et sublime, impudique et touchante, d’exhiber derrière la fenêtre de notre domicile, visible de la rue, un objet, une installation dérisoire, un souvenir mortuaire. Bien sûr, c’est généralement kitsch, d’un insupportable mauvais goût, et pourtant il y a ici de la parole de fond, un discours…