De la vie stupéfiante, Temps Zero, une expérience photosonore, par Stéphane Charpentier son concepteur, et ses beaux amis

De plus en plus, sans chercher à s’aliéner à tel ou tel programme de subventionnement, loin des circuits économiques dominants, s’inventent des formes artistiques pour lesquelles l’expérimentation est un partage, une recherche de rencontres sensibles, des collaborations pariant sur la sincérité et l’émotion. Tel est le projet itinérant Temps Zero, initié en 2012 par le…

Apprendre le désert, une errance photographique d’Aurore Dal Mas

Il y a des jours pour ainsi dire limbiques, se déroulant entre brumes atmosphériques et mélancolie. Vous êtes allongé sur le canapé, regardant le plafond de façon hagarde. Vous vous observez depuis les nuées, vous trouvez ridicule – il y a bien plus intéressant qu’un moi blessé, qu’un Soi désaccordé, et tant de causes à…

Les métamorphoses d’un père, par Charlotte Abramow, photographe

« Je vais vous raconter l’histoire de mon père, qui, à l’heure où j’écris ces lignes, a 86 ans. Il a traversé une guerre, un cancer et un coma, et a aujourd’hui déménagé sur une planète qui n’existe que dans sa tête. » Charlotte Abramow est une jeune artiste belge très douée, et très aimante, ayant commencé…

Pour un autre monde possible, le Chiapas, Notre-Dame-des-Landes et Raoul Vaneigem

« Prolétaires de tous les pays, je n’ai rien à vous conseiller. » (Louis Scutenaire) Le titre du dernier livre de Raoul Vaneigem publié aux éditions Rivages a le mérite, comme souvent, d’être explicite, Contribution à l’émergence des territoires libérés de l’emprise étatique et marchande. Sous-titré « Réflexions sur l’autogestion de la vie quotidienne », l’auteur et philosophe belge…

L’amour vu par un chat, par Joseph Charroy, photographe

Photographe, éditeur (éditions Primitive), amoureux (de Florence Cats), Joseph Charroy aime les petits livres rares et furtifs, conçus comme des gestes poétiques radicaux. Noirs & blancs poussés à l’extrême, grains des images, compositions d’atome de lumière montrant la délicatesse et le feu des corps ensemble, la vie brute, oisive, inentamée, les secrets partagés entre initiés…

KS, pleinement vivants, par les photographes Manu Jougla, Gil Barez, Andy Tierce, Mathieu Van Assche et Simon Vansteenwinckel

Dans Les Soliloques du Pauvre (1897), Gabriel Randon de St-Armand, alias Jehan-Rictus, imagine les paroles d’un clochard anarchiste. C’est sous la protection de cet auteur au verbe brut et poétique que le photographe Manu Jougla place son ouvrage, K, consacré au beau chamboultou du carnaval des Gueux de Montpellier, dans une édition très arty (Le Mulet…

La beauté sortie armée du cerveau de Jan Fabre

« Jan Fabre n’a jamais craint de dessiller les yeux du public. A des débuts, il lui donnait à voir des chorégraphies chocs de corps suppliciés. Aujourd’hui, il montre qu’il sait également l’émouvoir par des images d’une sereine beauté. Parmi ses sculptures récentes, L’artiste qui tente de faire avancer son propre cerveau (2007) est l’œuvre que…

Les saisons d’une aubette, par Etienne Buyse, photographe

Tout fuit, tout flue, tout échappe. Heureusement, pour arrêter Chronos, il y a l’art, qui relève de l’Aiôn, d’un instant considéré comme totalité et infini. Pour photographier la merveille dans l’attente, Etienne Buyse a imaginé de placer son appareil de vision derrière une aubette à la vitre opalescente (merci à Anne Norman pour la justesse…

L’Apesanteur et la disgrâce, une exposition pneumatique, par Gérard Berréby, fondateur des éditions Allia

A l’Hôpital Notre-Dame à la Rose, situé à Lessines, en Belgique, Gérard Berréby a imaginé une exposition, L’Apesanteur & la disgrâce, s’intéressant aux métamorphoses du corps souffrant, proposant une mise en abyme d’un lieu chargé de douleur et d’apaisement. La Belgique est pour le fondateur des éditions Allia, par ailleurs supporter fervent de l’équipe d’Anderlecht,…

Le plaisir de la subversion carabinée, par Jacques Cauda, écrivain, peintre

« Où j’habitais, dans la banlieue de Paris, Mai 68 se vécut comme un grand dimanche. Les grèves paralysaient tout, et malheureusement mes parents à domicile. Déconfits, hurlant à l’assassin, maudissant les grévistes, les feignants mettant la France dans le vide. Les étudiants dévoyés. Des affameurs. Ils remplirent leur placard. Sucre, pâtes, huile. Et stockèrent de…