Le fa presto de Mathurin Méheut, peintre breton

Fut un temps où l’existence d’un monde commun n’était pas une pensée saugrenue. Un monde donné par les métiers, les traditions, les paysages, la présence animale évidente, non par le démon du lucre dévorant chaque fragment de réalité, jusqu’à faire imploser les êtres. Loin de cette logique féroce devenue la substance de nos interactions, il…

Yvonne Kerdudo, photographe de campagne au début du XXe siècle

J’ai présenté l’été dernier dans L’Intervalle quelques-unes des photographies prises par Yvonne Kerdudo, publiées chez Filigranes Editions sous forme de cartes postales réunies dans un boitier cartonné. Appelée « Madame Yvonne », Yvonne Kerdudo (1878-1954) fut une photographe ambulante ayant parcouru le Trégor (Côtes d’Armor) à vélo pendant plus de quarante ans, photographiant inlassablement à…

Le passage des frontières, par Yvon Le Men, poète

« Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons le moyens » (Mahmoud Darwich) Après Une île en terre consacré au hameau et aux rêveries de son enfance (2015), puis en 2017 Le poids d’un nuage (les paysages bretons, les lectures, la peinture), Bruno Doucey a publié en 2018 le dernier volume de la trilogie…

Jean Paulhan et Henri Pourrat, une amitié en toutes lettres

« Si l’homme ne reste pas en liaison avec les choses naturelles, il se déshumanise. » Effet de la terreur sanitaire actuelle, j’ai reclassé plusieurs pans de ma bibliothèque – celle du bas, deuxième porte à gauche -, et rassemblé en bonne place quelques livres de Jean Paulhan, d’abord Les fleurs de Tarbes (mais attention,…

Une enfance en Bretagne, par J.M.G. Le Clézio, prix Nobel de littérature

« C’est le sentiment le plus durable que je garde de cette enfance en Bretagne, peut-être parce qu’il rejoint d’une certaine façon la magie de la nature en Afrique, la puissance des orages électriques et des pluies torrentielles qui cascadaient sur le toit de notre case à Ogoja, ou la voûte des arbres géants sur…

Une vie ordinaire, par Paol Keineg, poète

« Le temps est beau, on voit les clochers de Hanvec et de Rumengol, et moi j’écrase les doryphores à deux pieds avec le sentiment exaltant d’écraser l’infâme. » Paol Keineg n’a pas besoin de jouer au poète pour en être entièrement un. Lorsqu’on connaît la sensation poétique de l’existence, sa fragilité, son inouï, sa drôlerie, et…

Il n’y a pas de terre promise, par Paol Keineg

Nombreux sont les amis du poète et traducteur Paol Keineg à se demander quel peut bien encore être le lien à la Bretagne d’un homme qui écrivit dès son entrée en littérature deux livres majeurs, Le poème du pays qui a faim (Traces, 1967) et Hommes liges des talus en transe (P. J. Oswald, 1969)….